J'ai réchauffé un serpent dans mon sein, rapports mère-fils

Publié le 21 Mai 2013

J'ai réchauffé un serpent dans mon sein, rapports mère-fils

J'ai réchauffé un serpent dans mon sein

mon manège à moi c'est eux, qui me font tourner la tête...

J'ai réchauffé de beaux serpents dans mon sein, me dis-je en 2015 en rouvrant cet article de mère indigne et dépoitraillée. Lequel de mes trois enfants ? Tous un peu, chacun son tour reçoit mon lot d'opprobres internautes. Ma pauvre chérie, tu devrais savoir que les enfants s'appartiennent, et qu'on doit leur donner les clés pour grandir et être indépendants. Je n'ai donné aucune clé, mais indépendants, ils le sont (pas financièrement toutefois, sauf fils aîné), et n'ont pas trop besoin de moi et mes conseils et remarques avisés de sage Sophie. C'est bien là que le bât blesse. Voulez vous rentrer à la maison tout de suite, bande d'abandonneurs ?
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Petits salauds. Louis, à l'honneur et au piquet. Quel petit con, ne s'arrange pas. Caractère, colérique, impulsif, irréfléchi, brutal, grossier, rustre. Voilà pour la réaction à chaud, cracher moi aussi du venin, même si ces mots cachés sur ce blog ne sont pas destinés à l'atteindre, quoi que.
Il connaît mon blog "How much time",pas celui là le caché le secret. Mais il n'a aucune envie de se plonger dans mon linge sale, je ne suis pas un sujet digne d'intérêt. Il nous a déjà prévenu qu'en cas de malheur, ou d'héritage à venir, il ne prendrait que ses poteries. Le reste à Emmaus, et ouste.

Question de mon déblogage, il l'a fait lire (involontairement ? son ordi resté ouvert sur mon article sur Ibiza, 2012) à sa copine, qui "aime bien, tu as une nouvelle lectrice". Il parait que c'est "très noir et très drôle" dit-elle, mais aussi que ça ne me ressemble pas, que je n'apparais pas comme ça dans la vie, toujours si béni oui-oui, insignifiante, moi qui ne dis jamais grand chose d'intéressant.

Je m'aperçois que pourtant j'en dis toujours trop pour lui, me reproche de trop gueuler apparemment. Il faudrait savoir. Jeunes gens, qui vous fiez aux apparences, sachez que j'écris toujours avec sincérité, en ligne ou sur papier. Comme ces mots qui furent jetés hier soir très tard en larmes sur une feuille de couleur bleue brouillon d'examen, ramassée dans un amphi par mon petit frère débile et suicidé. Un blog pour me servir de défouloir, c'est un moyen d'expression, au cas où vous ne le sauriez pas, et les émotions qu'on y présente sont tout autant réelles et font partie de moi que ma gaucherie gaffeuse et gênée, l'apparence et le comportement que je présente au monde. Comme je peux, plus mal que bien, c'est comme ça.


Ne veux plus le voir, pas la peine, fils aîné ne fait que m'engueuler, suis la pire des mères, rien ne trouve grâce à ses yeux de ce que je dis ou fais ou pense, ou ai pu être ou dire ou faire ou penser il y a des années, hier, n'importe quand. Ca m'est insupportable de le voir si méchant à mon endroit, tout le temps extrêmement agressif. Il me parle si mal, mon ignoble vieux bébé, my first born.
Hier nous étions à Libourne, samedi-dimanche pleins de tension. Le seul bon moment du week-end n'a même pas été notre escapade à vélo à Condat, dans la boucle de la Dordogne, toujours notre pèlerinage dans la verdure. L'atmosphère champêtre aurait dû être propice à la détente, mais même au milieu des animaux, Loulou (plus du tout "hypotonique axial" comme dans ses premiers mois de vie) était encore et toujours au comble de son énervement.

Ca semblait pourtant un peu retomber chez Rossi, au Mascaret, guinguette au bord de la Dordogne à Condat, halte buvette au milieu de notre promenade à vélo. Nous voilà donc en train de prendre tous les quatre, la mère et ses trois enfants (ça n'arrive jamais je crois rêver), un apéro en plein air, à la campagne, dans un endroit sympa, fauteuils colorés, musique… Quand la serveuse arrive avec son plateau chargé de monaco, bière, coca et Perrier, je profère pauvre de moi ces mots malheureux : "C'est sympa, merci", plus dit à moi-même qu'à la serveuse, car oui c'est sympa d'être avec mes enfants comme ça loin de Paris, depuis leur adolescence ça n'arrive plus, ce jour est à marquer d'une bière blanche, je bois du petit lait. Mais devant les airs d'importance de mon fils toujours prêt à me rembarrer, à chercher la faille, à se moquer, évidemment ces mots un peu lourdingues (j'assume) à l'égard de la serveuse (mais non je n'ai rien dit de mal, fait chier) sonnent creux. J'ai dit ça pour dire quelque chose, oour jouer à la mère invitante, qui maîtrise la situation. Du banal qui ne l'est pas. Mon malheureux "C'est sympa merci" est proféré du haut de ma médiocre prestance, pâtit de mon malaise en public, ma prise de parole est malhabile voire inaudible, eh oui je ne suis pas à l'aise devant l'arbitre des élégances Louis mon fils-qui-a-toujours-raison-et-l'ironie-mordante.

Evidemment il ne tarde pas à dégaîner, ne me fait grâce de rien. Sa moquerie fuse, "qu'est ce que c'est que ce "c'est sympa" débile ?" m'assène-t-il. My god il faut que je fasse attention à ce que je dis. Me rappeler de tourner 7 fois ma langue, toute parole proférée même la plus anodine risque d'être retenue à charge. Ce n'était pas bien méchant pourtant, mais visiblement mon fils ne me supporte plus.


Personne (à part son père) ne me parle comme ça. Je ne supporte plus de me faire mal parler, insulter, moquer, vilipendier, tout reprocher et son contraire. Ne pense pas avoir mérité tant d'opprobre. Je suis la dernière des dernières, je suis la première à le penser et à le dire, souvent. Mais vivre dans la crainte, chaque fois que je le vois (et c'est rare) que la chair de sa chair (90 kg au garrot) vous décoche des flèches assassines, merde à la fin.

Retour vers le futur. Mon petit Louis d'avant, déjà méchant et insolent, l'a toujours été. Ma mère se souvient qu'il se jetait sur elle par derrière pour lui arracher ses vêtements. Toutes affaires cessantes, pour faire cesser ses braillements, il fallait le sortir en poussette par tous les temps, un tour du pâté de maison pour le calmer. Dans le train Corail Paris-Libourne, ou inversement (5 H 30 de voyage minimum), il tirait les cheveux des voyageurs, arrachait leurs lunettes, hurlait. Un jour je l'avais emmené dans le couloir du train, dans le coude des WC et vérifiant n'être vue de personne je l'avais tabassé, n'en pouvant plus. Il se ruait de sa poussette hors de lui et se roulait par terre dans les allées des magasins. Un jour, assis dans un caddie métallique, a trouvé le moyen d'en tomber de fureur, et de le recevoir sur lui, heureusement sans gravité. Chez un pédiatre, assène une gifle au praticien qui l'agaçait en lui demandant de dire les mots correspondant aux dessins, pour vérifier sa vue. Une claque de retour tomba de la part du toubib, qui n'avait pas souvent vu ça. Dans le métro de retour à la maison qui suivait, regards furibards ou compatissants des voyageurs sur moi, dépassée par ce grand gamin de 4 ans qui montait à l'assaut de toute la banquette.

Déjà immense, à 6 ans alors qu'il avait encore l'âge d'y monter, des mères de famille lui intimaient l'ordre de sortir de la queue des petits chevaux au Parc floral, au vu de sa grande taille. Des séquelles de ce traumatisme, peut-être ?). N'a pas tardé à nous asséner des baffes, assommer à coups de pelle ses camarades de bac à sable mordre ses cousins, brutaliser et rabaisser son petit frère ("vous avez là un phénomène, faites attention à lui pour le bébé", me dit un médecin du boulevard Ney, que je consultais accompagnée du petit monstre, alors enceinte de Nicolas). En visite lors d'un dîner en Provence près d'Alès au milieu des cyprès des parents J.M. M., l'ami publicitaire de son père, nos plus proches copains à l'époque, J. M. peu patient et excédé décide brusquement, lâchant ses couverts, que "non il ne va pas nous gâcher tout le repas comme ça". Un autre copain rigolo, Pascal, assis un soir sur notre canapé et lassé des piétinements sur ses genoux du garnement parlant plus fort que tout le monde (AU LIT !) et commençant à les lui briser menu, l'envoya vertement promener, moi rouge jusqu'à la racine des cheveux. "Ils sont épuisants !", dit ma tante niortaise excédée, après un repas de famille pénible.

Sa tante V. ne pouvait pas le supporter lors des vacances en Vévévef, comme disait Nicolas, petit frère plus rigolo, plus calme et facile alors… Ma grand-mère Julienne décrétait qu'"elle aimerait mieux garder un cent de moutons dans le pré plutôt que cet animal", qui passait par ailleurs son temps à Masquières à courir après ses poules, et à lui en laisser à la fin du séjour une ou deux estropiées, bonnes pour la casserole.

Avait réussi aussi à faire crier son grand-père Pierre, le meilleur homme du monde (mais aux ordres de son dragon de femme, tant pis pour lui), rendu hors de ses gonds à Antibes, une histoire de ballon dans l'eau, un homme pourtant d'une patience et douceur angélique). L'école, et la notion certaine de camaraderie qui s'y instaure, le calmeront un tant soit peu.

Mais en terminale au lycée Jules Ferry, assistant à une réunion parents-professeurs, je tombe des nues d'apprendre que "mon fils, brillant et intelligent, et même plus que la moyenne, a de mauvaises notes, voire un avertissement (?)" et qu'il est très mal vu de par son comportement envers ses professeurs, "insolent, irrespectueux, moqueur, prétentieux : il a toujours raison, et se croit infiniment supérieur aux autres". Oh, seulement par la taille, 15 centimètres, rien de plus. Je l'ai pourtant aimé à la folie ce petit bonhomme turbulent, mais drôle, vif, malicieux, intelligent, adoré par ses maîtresses, quoi qu'on en pense. NDLC : il a aujourd'hui 29 ans, aussi surpris que moi par cet âge presque grand, et je l'aime toujours, sous ses boucles folles.

Ces mauvaises dispositions ont perduré, et empiré, du moins en ce qui me concerne, d'une façon insupportable, inadmissible. On ne parle pas à sa mère comme ça. Qu'ai-je donc fait de si terrible ? Je trompe son père, je fais la pute ? (je pars à Ibiza certes, mais n'y rencontrerai à coup sûr que des poissons à travers mon masque de plongée). Je dépense tout l'argent du ménage et dilapide l'héritage en mode, gadgets et accessoires ? Je bois, je me drogue ? que nenni hélas.

Je suis schizophrène avérée, bipolaire, névrosée, psychosée, criminelle, exhibitionniste, pédophile ? (rayez les mentions inutiles, ou pas). Ben non même, pas, je devrais essayer (sauf les mentions inutiles). Plus subtilement (?), je croirais presque que c'est le mode victime, le sentiment d'infériorité ressenti chez l'autre qui pousse au crime, à l'injure, en totale impunité ; les grandes gueules et les sûrs de soi eux ne sont pas tant attaqués que ça, on y regarde à deux fois avant de déboulonner les tyrans. Je mènerais une vie de bâton de chaise et ferais vraiment n'importe quoi, je pense avoir là félicitations et lauriers. A méditer.

Vient d'écrire un texto à sa soeur : " moi je n'arrive plus à être cool avec elle (moi), n'en suis pas fier… bon courage avec elle…". Effectivement, tout au long de ces presque trois jours à Libourne, réunis par la force des choses (contre leur volonté ça va sans dire) par une grand-mère aimante et soucieuse de ne pas payer plus d impots pour l'appartement de Royan, leur fait donation de sa part sur celui-ci, à Nicolas et Clara tandis que Louis ce grand flandrin recevra quelque 31000 euros en compensation, et un prêt de 110000 euros, alors qu'elle a quand même déjà 81 ans… Rencontre devant notaire à Libourne, summum de drôlerie, de gentillesse, la crème et l'élite de Libourne, se met en frais pour eux, détaille comme leur grand-mère était gentille, sa prof d'anglais au lycée, force anecdotes, réaction néant, les deux parisiens prétentieux parlent entre eux sans prêter attention à ses aimables propos, le notable finira par se tourner vers Clara, silencieuse et respectueuse elle au moins, comme d'habitude, "charmante", et lui vante, car elle est lycéenne, plus collégienne, "tiens je vais mettre étudiante, allez", le métier de notaire, "vous voyez on ne fait que parler et on gagne beaucoup d'argent". "Un métier qui permet d'entrer dans la vie des gens…". Serait tombé de haut, d'ailleurs aucun remerciement ne suivit la généreuse (et inconsciente) donation, sur 15 ans de vie future, excusez du peu, le notaire "ressemblait à François Hollande" et "on verra ce qu'il vaut". L'ami de Guy Marchand, un Libournais, le sel de la comédie française, et crooner, certes vieillissant, de première, ne saurait être mauvais. Petits cons, va.

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écrit le 10-02-2016, ça continue :

voilà le mail que j'ai reçu de mon petit garçon hier

"... ça devient facile. En gros maintenant quand tu fais un truc qui m'emmerde et que j'ai envie que tu arrêtes tu vas invoquer un chantage au "ça me rend malade" ?

C'était pas le but et ça me désole mais ça ne change pas grand chose dans le fond. Je n'ai pas à faire semblant de hocher la tête à tous tes trucs. Si un truc m'emmerde je te le dis, tu fais pareil et c'est bien normal, ça marche dans les deux sens."

Le 8 février 2016 à 11:55, j'avais écrit ça à mon mari, et mis Louis en copie, na :


"Ce matin j'étais si fatiguée que j'ai pris le métro en sens inverse. Je me suis trompée et donc ai pris sans m'en rendre compte direction "Aubervilliers". Comme je fermais les yeux, je comptais les stations et ai rouvert les yeux à Jules Joffrin... Malin... le temps de demi tour, je suis arrivée à 10 h 15 en bas. Merci tellement de prendre le temps de m'emmener en voiture, mais je ne veux plus revenir à Pigalle car je n'ai pas l'habitude de la station, ne connais pas les raccourcis, le couloir est très long, bcp de marche pr arriver sur la 12. La correspondance avec la 14 est horrible aussi.
Super stressée je n'ai pas osé monter à ma réunion qui était commencés, je ne me sentais pas bien et je suis passée par le service médical où l'infirmière m'a trouvé 16/10
Dur d'arriver à l'heure le lundi quand o
n ne dort pas.

Because entre autres stressée par Louis.
Il n'a pas à me parler comme ça, je ne comprends pas cette hargne : "Parce que t'as pas vécu pendant 20 ans, tu te comportes comme une a
do maintenant" (m'a t-il dit lors du dîner d'hier, son frère et sa belle-soeur présents.) Ca m'est insupportable et violent d'entendre ça, surtout devant Zoé qui doit boire du petit lait. Enfin je m'en fous, mais marre de jouer les boucs émissaires de son intolérance

Me rends malade physiquement tt ça. Il traite mieux son chien que moi "

(un chiot bull terrier - aussi grande gueule que son maître, donc, à qui j'ai osé enfreindre la loi décrétée par son mâle maître en lui donnant à manger un bout de gras de confit de 2 cm, quel acte horrible et sacrilège j'ai commis là. Louis et sa copine m'ont déjà prévenue qu'ils m'enverraient les factures de vétérinaire à 80 EUR. Réplique osée de ma part : "Et quand il mange sa merde - ses maîtres étant absents toute la journée -, qu'est-ce-que qu'il dit le véto ?")

suite de nos dialogues enflammés :

mer 14:32

alors toujours fâché

Non, tu te fâches seule très bien, tu n'as pas besoin de moi. Ca devient lassant par contre.

mer 19:19

toi aussi tu es lassant mon pauvre garçon

va te plaindre à ton toutou

J'ai réchauffé un serpent dans mon sein, rapports mère-fils

Rédigé par Gloubigoulba

Publié dans #famille je vous hais - ou pas

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