Sur le bout de mes doigts bien mangés

Publié le 17 Novembre 2014

mantra : mes mains me servent à dessiner-je ne dois pas mes ongles ronger

mantra : mes mains me servent à dessiner-je ne dois pas mes ongles ronger

17/11/2014

Ce rapport difficile à mon corps, plaisir de l’automutilation même toute petite, même celle des ongles, l’attirance vers ce qui fait mal. Ma complaisance à l’auto-dénigrement, appuyer là où ça fait mal. Ce blog me sert de déversoir médical, y consigner les rapports détaillés et inutiles de mes humeurs, jusqu’à mes sécrétions intimes de bile et de matières. Pour l’instant y déplorer mes pieds déformés un peu, pas si grave, et mes ongles rongés.

C’est pas « Mots-maux » - comme lu sur le net - qu’il faudrait appeler mon gloubi-boulga (la-voilà la bonne orthographe), non « Momo » ce serait plus mignon pour mon salmigondis narcissique, ça désamorcerait la plainte malvenue, quand ailleurs dans le monde, musulman pour ne pas le citer, les femmes souffrent vraiment, et pas que des doigts de pied.

Mais en fait j’ai mal partout et pas qu’aux extrémités, pour ne pas en arriver à la dernière il me faut analyser les situations, décortiquer ce qui m’arrive, avec une attirance morbide vers ce qui ne va pas, toujours écrire le malheureux plutôt que l’aimable, quelle sinistre tournure d’esprit. « Vous ne vous donnez pas le droit au bonheur », me dira une des psychanalystes de l’IRAEC. Écrire, avant noircir des feuilles, ici aligner les signes, moyen pour moi de dominer, de décrypter les situations anxiogènes physiques ou morales. Surtout personne d’autre vers qui m’épancher que ce bloc zanonymous, les enfants auraient des hauts le cœur de me voir si folle en ce miroir, et pas d’amis intimes dans mon carnet d’adresses. Mon mari pourtant directement concerné ne veut entendre parler de rien, il va même jusqu’à se boucher les oreilles tant je le fatigue, quand je parle d’autre chose que du menu du jour.

Mon exhibitionnisme se tient ici, il est pour vous qui venez vous engluer 5 minutes dans ma place, une page et demie lue par visiteur, merci c’est déjà beaucoup. Voici ma bave de crapaud, elle est pour vous. J'en ai plein les doigts, ça ronge.

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En décembre 2014, tout est rentré dans l'ordre : à la table du réveillon je peux montrer mes doigts sans honte, à part le pouce droit un peu rapeux, rêche, prêt à se laisser écorcher d'un coup de distraction. Un grand bravo à la cannibale. Bien joli de laisser les peaux repousser et les ongles s'allonger, mais j'aurais mieux fait aussi de surveiller mes lunettes, perdues du côté de la place de la République. Des montures Paul Smith, je ne risque pas de les retrouver. La prochaine fois, je me passe une chaine de mémé autour du cou pour mes lunettes. Et j'ose le vernis à ongles, pour marquer le coup. Pas de photos de mes brand new griffes, mais il faut me croire sur parole. Tout est redevenu clean, jusqu'à la prochaine attaque...

beurk mes doigts rongés, pas fière de moi (mais jamais l'annulaire et l'auriculaire, il faut savoir raison garder)
beurk mes doigts rongés, pas fière de moi (mais jamais l'annulaire et l'auriculaire, il faut savoir raison garder)
beurk mes doigts rongés, pas fière de moi (mais jamais l'annulaire et l'auriculaire, il faut savoir raison garder)
beurk mes doigts rongés, pas fière de moi (mais jamais l'annulaire et l'auriculaire, il faut savoir raison garder)
beurk mes doigts rongés, pas fière de moi (mais jamais l'annulaire et l'auriculaire, il faut savoir raison garder)
beurk mes doigts rongés, pas fière de moi (mais jamais l'annulaire et l'auriculaire, il faut savoir raison garder)
beurk mes doigts rongés, pas fière de moi (mais jamais l'annulaire et l'auriculaire, il faut savoir raison garder)
beurk mes doigts rongés, pas fière de moi (mais jamais l'annulaire et l'auriculaire, il faut savoir raison garder)
beurk mes doigts rongés, pas fière de moi (mais jamais l'annulaire et l'auriculaire, il faut savoir raison garder)
beurk mes doigts rongés, pas fière de moi (mais jamais l'annulaire et l'auriculaire, il faut savoir raison garder)
beurk mes doigts rongés, pas fière de moi (mais jamais l'annulaire et l'auriculaire, il faut savoir raison garder)

beurk mes doigts rongés, pas fière de moi (mais jamais l'annulaire et l'auriculaire, il faut savoir raison garder)

Un an plus tôt je photographiais déjà mes doigts, rien ne vous sera épargné (étaient encore plus moches !) : faîtes défiler les photos et régalez vous, le petit doigt en l'air - un rescapé chez moi, celui-ci !

écrit le 10/10/2015

Mon Dieu en me relisant un an après je réalise quà l'époque où je prenais ces pathétiques photos de mes doigts mangés rongés, j'étais en pleine mésentente avec mon mari, qui m'était infidèle en flirt et en pensée à fonds les ballons à ce moment précis de l'automne (nov. 2013, puis nov. 2014), l'esprit tourné vers Saint-Germain-en-Laye et sa peintre animalière. Je ramasse leurs feuilles mortes à la pelle, mails à la corbeille, pourtant toujours blessants... Comme le sang sous la peau de mes doigts, toujours prêt à perler.

Je regarde ces photos de mes mains il y a un an, il y a deux ans ; images qui amènent beaucoup d'internautes sur mon blog (bien plus que mes états d'âme Fanny Hill). Jamais mes doigts n'avaient été aussi attaqués. Je n'allais pas bien, je sentais des choses, je me faisais du mal au sens propre. Pourtant je ne savais rien de ce qui suit.

J'ai publié ce post misérabiliste le 17 nov. 2014, le lendemain du dîner d'anniversaire de nos 30 ans de mariage.

A 22 h pendant le dîner, il reçut un texto de son amie, auquel il ne put répondre que bien après minuit, une fois rentré chez lui (nous faisions appartement à part, à une rue de distance - les invités n'étaient pas au courant).

Pas montré de photos de notre mariage au dîner, je n'avais pas eu le coeur de les chercher, bien cachées, enfouies dans un placard. Devant nos amis anglo-saxons si prompts à fêter la Saint-Valentin, ça détonnait un peu. A l'initiative de ce dîner, je n'avais invité que des voisins, devenus des amis depuis 20 ans que nous habitons l'immeuble. Deux couples, l'un anglo-américain, l'autre franco-allemand, et un vieux veuf sympathique.

Pas eu le courage de convier à nos "noces de perle", pourtant 30 ans de mariage ça n'est pas rien, quelques un de nos plus vieux et proches amis. Ceux-là savent trop bien que nous ne nous entendions guère et que nous étions "séparés" à cette époque là.

Mais comme nous nous voyions très souvent, le père de mes enfants et moi, que je n'avais pas d'autre homme dans ma vie (mais comment faire ???), et que j'étais sûre de son célibat à lui aussi (hum), j'avais quand même décidé de marquer le coup, deux mois après la vraie date anniversaire de notre mariage (le 15 septembre 1984, à Masquières, Lot-et-Garonne - là où mon père et mes souvenirs d'enfance reposent) .

Didier avait bien voulu se prêter à ce que je vois maintenant comme une mascarade. Malgré la gêne du manque de photos et de preuves d'amour, de l'absence des vieux amis et de nos enfants aussi, la soirée ne fut pas si mauvaise. On a dû rire et deviser gaiement, donner le change. Il nous en reste une jolie théière en fonte japonaise et ses bols, et des quantités de thés, offerts par nos invités. C'est Clara qui en profite. Didier n'avait rien voulu emmener chez lui.

Il m'a laissé les cadeaux et la vaisselle à ranger, pressé de rentrer pour répondre à son amie de jeunesse. Celle qu'il avait retrouvée, dont il croyait être amoureux (l'était-il ? assurément, à cette époque).

Il lui écrit ça une heure après m'avoir quittée, à la fin de notre dîner d'anniversaire avec les voisins, c'est dégueulasse.

 

"Je découvre seulement tes bisous du soir qui sont d'un grand réconfort...

Je n'aime pas t'imaginer en flapissure.

Ou peut-être que si... (IL N A PAS NIE QU'IL SIGNIFIAIT PAR LA : "ALANGUIE APRES L'AMOUR"...)

Je ne suis pas certain de louer qui que se soit pour nos retrouvailles tardives.

Je crois que j'aurais bien aimé te retrouver beaucoup plus tôt mais j'aurais veillé

à te tenir éloigné de toute fenêtre...

J'espère que ton vernissage s'est bien passé.

Je suis passé à la galerie jeudi soir mais quand je t'ai vu là si bien entourée

je n'ai pas eu le courage d'entrer.

Tu vois le grand singe a des timidités de jeune fille.
Ci-joint le texte de la pièce.

Je suis heureux que tu la lises. (MOI SA FEMME N'AI PAS EU CET HONNEUR)

Et j'ai hâte de te lire à mon tour.
A très vite"

 

Une semaine après, il lui exprimera ses sentiments de manière plus intense :

 

"Et puis je me replonge à chaque fois dans le texte avec beaucoup de plaisir. (DE SA PIECE DE THEATRE)

Presque autant que quand je lis un de tes mails.

J'étais déjà impressionnée par ton intelligence autrefois mais ça ne s'arrange pas ; j'adore te lire et t'écouter même si à chacune de nos rencontres certaines de tes formules me laissent dans des abîmes de perplexité (...)

Si le courage pouvait voyager par mail je t'enverrais un gros paquet en pièce jointe et j'aimerais pouvoir te serrer fort pour te faire oublier cette injuste déconvenue versaillaise.

Même si ce n'est pas simple, t'avoir retrouvée est une des meilleures choses qui me soit arrivée depuis longtemps. (PLUS QUE NOTRE PAUVRE PETIT DINER C'EST SUR)

J'aimerais bien te voir bientôt.

Dis moi quand je pourrais venir te déranger"

 

"J'avoue, c'était raide !" conviendra-t-il bien après (oct. 2015), confronté à ma concordance des temps.

Depuis nous sommes entrés depuis dans une nouvelle ère, apaisée et bien plus passionnée aussi. Je croise les doigts (que je ne me ronge plus) pour que ça dure toujours, au moins trente ans de plus. Nos doigts et mains enlacés, comme deux personnes qui ne se quittent plus, se sont retrouvées, re-aimées.

Et auront débriefé tant et plus ces événements... (surtout moi, l'inspectrice Gadget). Pour me ronger les sangs comme ça, toute seule au théâtre, je devais ressentir confusément bien des choses, souffrir de son éloignement, de la solitude, aussi de son indifférence, voire son hostilité à mon égard. Fragilisée par mon isolement, mon enfermement dans ma tour de rien y voir. Mal accompagnée ou toute seule, la première solution était finalement préférable.

Lui aussi se sentait seul. Il cherchait de l'amour. Moi je me rongeais les ongles jusqu'au sang, jusqu'à l'écrire sur le net. Message in a bottle.

Sa conduite continue à me ronger aujourd'hui, je l'avoue. Toujours j'écris, toujours je rajoute, je modifie ce blog. Et je me grignote au passage un petit bout de peau qui dépasse...

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Je me ronge aussi dans l'article "Bien du plaisir" .

Le "plaisir" intense (toujours d'actualité, je ne m'en lasse pas), causé par les 10 doigts pas rongés du mari, vs la souffrance majuscule (toujours d'actualité, je ne m'en sors pas), causée par la remarquable aptitude de ses mêmes doigts au claviotage de textos sms infidèles. Digital attitude.

Rédigé par Gloubigoulba

Publié dans #douleurs multiples et avariées, #l'amie peintre

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