Docteur Jekyll et Mr Love

Publié le 17 Août 2015

Sors de ce corps, Hyde !

Sors de ce corps, Hyde !

Mystère love

Pardon de venir contaminer avec les temps difficiles du passé - celui de la séparation et de bien avant, ce truc actuel si nouveau si incroyable si beau si doux, qui me bouleverse, cet amour retrouvé, cette entente au lit qui me fait trouver tout beau de lui, son visage aux traits pas si fins, son grand buste qui me sert de reposoir, son ventre doux oreiller, et bien sûr ses mains magnifiques.

Le « retour de flamme » (retour vers sa femme) du mari, il y a peu encore mal aimé et mal aimant. Une métamorphose, un changement d’état, vers quelque chose de formidable, qui me retourne complètement, à tel point que je n’arrête pas d’écrire là-dessus, tous les mots de cette page ont été écrits et enregistrés, frénétiquement les uns après les autres, en « mémos » sur mon Samsung, les uns s’enchaînant aux autres, tapés lettre à lettre n’importe comment de 6 h du matin à 9 h toutes affaires cessantes, cette urgence d’écriture prenant le pas sur le sommeil et l’envie de finir le roman embarqué (Avant le carnage, le dernier TC Boyle, très palpitant aussi). J'ai noté aussi cette pharase de Patrick Besson dans « Le Point », si drôle et vraie :
"« Un corps caressé prend moins de place dans un lit ». Faire l'amour avec lui, et depuis deux mois avoir retrouvé sa drôlerie, sa légèreté, toutes ses qualités dissimulées depuis des années derrière sa barbe de bougonnerie (rasée depuis, ça lui va mieux) me le font voir autrement. On se redécouvre, et s'il ronfle ce n'est pas bien grave.

Dans le TGV attrapé ce matin très tôt et qui me ramène de Libourne à Paris, je ne peux pas dormir, et je pianote sur mon clavier Samsung. Je jette les phrases comme elles me viennent ; quand quelque chose d’important m’arrive il faut que j’écrive. J’ai écrit autrefois, déjà dans un train (corail) me ramenant à Paris où étudiante j’habitais chez lui : « A l’autre bout du train, il y a Paris, et ses bras ». Aujourd’hui, c’est pareil.

Avant, c'était avant.

Jekylleries (Hyderies ?)

Glisser un ver dans le fruit. Glisser comme sans y penser quelques-unes de ses hyderies tout au long de ces années. Pas pour me rappeler, je remache et repense à tout tout le temps, et ne peux voir une objet, fût il de désir, sans un faire le tour trois fois et l'étudier sous toutes les coutures. Là, se souvenir où les coutures craquaient, justement.

M’en vais consigner quelques jekylleries (on sait plus) de mon ressenti (ce mot fourre tout !) Juste quelques unes et sans doute des moindres, des pas grand choses mais qui énervent mon monde, pour rire un peu et voir que non c’était pas mieux avant.

Éviter toutefois toute litanie fastidieuse (car liste courant sur trois décennies) de ses exactions envers ma très précieuse personne, que pourtant personne ne chérit autant que lui depuis 3 semaines maintenant.

On n’est pas encore chez l’avocat. Pour ça, se reporter aussi aux les précédents articles de mon torchon de déblogueuse, et aussi à mon blog officiel How much time. Ou « Combien de temps » ai-je été heureuse avec lui, une année en tout peut être, entre 19 et 20 ans, sur trente-quatre fois 365 jours. Maintenant ça fait 1 an et 5 semaines… Quand on aime, on n’arrête pas de compter.

Juste me permettre de resituer ainsi le personnage qui aujourd’hui me met sur le piedestal d’une fine amor pas si platonique. [Je dénicherai plus tard qu’il s’intéresse drôlement à son taux de testostérone (un doc sur son bureau, datant de janvier dernier) : les moyens de la faire remonter, les régimes etc. « Envie d’être normal, marre d’être un eunuque » - ce mot que je lui envoyais à la tête, et dont il me punissait en m’accusant de frigidité, « de toute façon tu n’as jamais aimé ça ». Certes ses aisselles inodores depuis des années sentent à nouveau la sueur (il est content !), grâce à mes bons soins ses couilles se remplissent, mais maladroitement il me sortira qu’« on baisote » . C’est sympa tiens. Ben oui pas de coït et ça manque bien, mais aki la fôt ?]

Dire comment il a pu être avant. On ne sait pas, il ne sera peut-être plus jamais comme ça, gardant ses bonnes dispositions forever. It is good to dream. J’enfile quand même mon bonnet rouge pour informer les générations futures, fillots-fillotes de papa Didi-Janus bifront, Dr Jekyll et Mr Hyde & Love.

Les malheurs de Sophie

Pour toutes ces raisons et d’autres plus sombres remontant à mon enfance malheureuse(pire qu’à Calcutta-les bordels de Saigon-les bas fonds de Bogota), estime de moi à zéro. Remonte un peu depuis que titillée tant et plus par Dix-doigts le chemineau. Avant (mais aussi pendant, après), la tare tiercé perdant à tous les coups « personne ne m’aime-je ne m’aime pas-je suis si seule bou hou hou ».

N’empêche, l’ont bien constaté les psy de la rue Joseph-de-Maistre, ramassée comme une miette par la dame à qui je confiais la petite Clara deux heures le mercredi matin, je pensais qu’elle allait faire des dessins et s’amuser avec d’autres enfants, que nenni dûment observée par des psychanalystes patentés. Qu’allait-elle faire dans cette galère, ça ne coûtait que 4 euros qu’elle leur remettait de sa menotte, et je ne voyais jamais revenir aucun dessin. La psy de service à l'ouverture m’a gardée, un matin plus encore enchefriné que d’habitude [Didier me dit : « mais c’est ton bégaiement, les gens comprennent pas], où je leur amenais la petite avec des yeux encore plus rouges que d’habitude, mal habillée de trop tôt pour moi (10 h) – à l’époque je ne travaillais pas, pas flatteur non plus pour l’estime de soi, le pyjama dépassant sous le manteau . « Clara ça va très bien, mais sa maman ça n’a pas l’air d’aller, entrez donc".

Rendez-vous pris, 15 euros la séance d’une heure, allons déballer le linge sale de ma famille. La psy sera effarée quand je lui raconterais mon lot quotidien, les insultes le mépris de mon aîné qui habitait encore avec nous. Tout un comportement induit par son père toujours directif, autoritaire, n’écoutant pas, ne faisant pas attention à moi. Que de la méchanceté de contrôleur des travaux finis, jamais un mot gentil, mais à la moindre occasion des poings menaçants en ma direction - mais je sais qu’il n’irait pas plus loin. Ou des serrages de cou très fort, il m’étranglerait bien s’il n’avait pas peur de la prison le bougre.

Elle me dit : « Mais ne vous laissez pas faire, personne ne doit mal vous parler et vous manquer de respect comme ça !» Oui madame la psy vous avez raison, mais sans doute que je le mérite, étant devenue moi-même insupportable à force de souffrance d’être traitée comme ça, invisible à force de ne pas être regardée, devenue mégère malgré moi. Qui a commencé l’œuf ou la poule, le coq vindicatif, le poussin gigantesque ou la vieille carne de poule.

Elle me dit : « Vous ne vous autorisez pas le bonheur, vous vous accusez toujours et vous dévalorisez ». C’est vrai, moi toujours si négative, ils ont raison de me traiter comme ça je ne mérite pas mieux, je ne travaille pas (à l’époque), je ne suis pas belle et je ne suis même pas vivante…

Y fait rien qu'à toujours m'embêter

Ci dessous, quelques vieux motifs d’agacement, le ferment de notre mésentente. Il y en a beaucoup d'autres, quelques uns dans la liste de mes articles de déblogueuse, ici et sur How much time (mon autre blog donc). Je m'y plains beaucoup de lui et et moi, entre deux critiques d'art. Les regrets, les regrets, les regrets...

Pour se venger de ma vilaine vilénie, il n’aurait qu’à lister les miennes de son côté, ça pourrait faire l’objet d’une prochaine pièce de théâtre, les dialogues sont déjà écrits. « Qui a peur de Virginia Woolf » c’est moi. Y'a largement de quoi donner des idées à mon "auteur réellement dramatique" de mari, mais ce n'est pas son genre, pas de questionnement ni de retour sur lui même, never explain never complain, il n'est pas diplômé de Paris VIII en psychologie, lui (voir article suivant).

Famille (s)

La sienne : Pour décrire ses mère et sœur, moulins à paroles et dragons en jupon contre les remarques desquelles jamais il ne me défendit, prendre une phrase du roman « Après le carnage » de TC Boyle. Voyager loin avec les auteurs, TC Boyle l’Américain, narrateur hors pair qui vous emmène si far away de votre quotidien, pour échapper à l’enfermement en soi et la peur du regard des autres.

"Dictaphone ambulant de conseils non requis, clichés retentissants, critiques bavardes" : les qualificatifs de Boyle, décrivant un beau frère énervant et destiné à la noyade (spoiler) résument à merveille le caractère de mes deux in law. Péronnelles pénibles et acerbes, monstres d'égoïsme et de contentement de soi, contre lesquelles je n'avais pas de mots, autres que d'escalier. Toutes remarques et reproches prononcées et ruminées après coup, destinés faute de mieux à lui seul mon mari, leur fils et frère mon mari qui n'en pouvait mais, le lâche. Lui-même marquant sa distance par l'oubli immédiat d'icelles dès leur dos tourné.

La mienne : Honneur aux morts, mon frère schizo, abandonné à sa folie par moi, Didier me le renvoyait dans la gueule quand pas content, souvent. "Et ton frère débile, et ta mère la clocharde, tu es aussi folle qu'eux". C'est pas faux. Bien aimable d'avoir passé tant de jours de vacances avec ma vieille mère pas marrante, il n'était pas obligé. Ni moi de passer en banlieue ouest tous mes dimanches de jeune femme, enfermée avec mes lardons dans l'appartement trop bien rangé de sa mère distante et froide, bourgeoise autoritaire corsetée de conservatisme.

Lui non plus n'était pas obligé non plus de venir voir plusieurs fois par an ma grand mère trop bavarde (il est vrai dans sa maison formidable du Lot et Garonne), mais il adorait ça, et en redemandait, se laissant gaver des foie gras et confits qu'elle savait si bien préparer.

Bien plus drôle que du côté maternel, dans les Deux-Sêvres, où mon grand-père cuisinait lui le ragoût de ses chats, à base de "mou" écoeurant (abats donnés par le charcutier), à la table même de notre petit-déjeûner. Le café avait des odeurs de poisson.

Comme de bonne composition nous étions. Ont composé le lit de bien de nos disputes, ces relations difficiles avec les uns et les autres. Eternels motifs de discorde.

Nos enfants : « Pas de baiser pour maman », ce joli livre de Maurice Sendak, lu avec mon Loulou, et couverture dessinée par lui quand c’était encore la fête des mères. Après, manques de respect à répétitions. [« Maintenant ça va gueuler », tonne Didier revenu à de meilleurs sentiments, « ils vont voir ces petits salauds s’ils osent dire quelque chose contre toi]. « Comment tu parles à ta mère », il va leur dire. Merci mon défenseur à mes côtés, mon redresseur de leurs torts. Encore hypothétique, on est entre nous, juste avec la poulette qui rentre du Portugal, tout va bien. Mais ils n’habitent plus avec nous, les marlous qui ont fini par trop souvent me parler mal, parce que je suis chiante je veux bien le croire, mais surtout parce qu’ils ont toujours entendu leur père me parler comme ça. Ne l’ont jamais vu m’embrasser, me prendre par le cou, par la main. Vont être même énervés, agacés de voir tout ce coco-poulette déballé, Tenez-vous mieux les vieux c’est indécent vont-ils nous intimer. Je leur rappelle à l’ordre moi aussi qu’il n’a jamais été de bon goût d’engueuler sa mère à tout propos, lui parler sur un ton autoritaire, condescendant, furieux, tout à la fois. A me faire me sentir honteuse devant eux, tourner 7 fois ma langue dans ma bouche avant de leur parler, me sentir jugée tout le temps, pas d’amour, pas de considération. Puis leur lâcher des injures obscènes, pour compenser. Tenter de se rattraper platement. Dis, tu les aimes mes gâteaux ? Le mépris.

Didier a toujours (et sur tous les sujets) défendu ses enfants contre moi. For instance, j’avais découvert, par ma fouinasserie habituelle mais cette fois pour la bonne cause, quelle autre mère que moi n’aurait pas ouvert le journal intime (papier : pas de mot de passe !) de sa titounette revenant d’une semaine de colo au ski, à seize ans d’âge ?…

N’avais pas été déçue, intéressantes découvertes : pétards et tease (comprendre : alcool) tous les soirs, de quoi s’exploser en tombant du remonte-pente. Mis au courant, le paterniel bienveillant m’engueula moi, qui d’autre, « comment peux tu avoir fait ça ? » (avoir lu son journal). Le vrai problème, l’addiction de notre bébé aux substances, rien à dire. N’a-t-il pas passé son temps à raconter devant nos amis et eux progénios qui buvaient ses paroles, à épater la galerie des moins de 25/30 ans, en brandissant ses souvenirs d’ancien combattant de grand drogué devant l’éternel, haschisch marie-jeanne coke héroïne. Trop content de raconter à qui veut bien l’entendre qu’il avait fait une piqûre d’héro dans la cuisse de Nico, la chanteuse du Velvet Underground, amante à l’époque de Philippe Garrel (Delon et Ari c’était avant). « Une femme qui est sortie de ce métro pour monter chez moi ! » se vante-t-il chaque fois qu’on passe devant Marx Dormoy. Un héros, vous dis-je.

Certes je ne suis guère convaincante en mère à principes. Je ne leur ai pas fait grâce de grand-chose, à mes agneaux. Mais l’apologie de la drogue, non. Aussi quand je découvre que Clara boit et aime bien fumer, et achète des grammes d’herbe avec son argent de poche, je gueule. Et je le dis à Papa, (et aussi à mon blog How much time, qui avale tout), qui ne trouve rien de mieux que de m’engueuler moi la fouineuse, who else ? Clara fait n’importe quoi et se met en danger, certes moins que certains de ses cousins et des enfants de certaines de nos amies élevant seules les leurs, mais c’est moi qui suis accusée de haute trahison. Monsieur Papa lui dira bien des vérités "Fumer tue" entre quatre yeux à sa fifille, pour marquer le coup, mais moi pas voix au chapitre. C’est dit je suis une mère indigne ; pas à revenir là-dessus.

Comme pour Nicolas quand je découvre (par mes moyens électroniques habituels, un ordi laissé allumé sur la page facebook de sa copine) que celle-ci le trompe depuis longtemps déjà avec deux autres mecs en même temps, la vache, "et n'en aime aucun des trois" - pas plus qu’elle ne nous apprécie en beaux-parents pas très présentables. Ca tombe bien, nous non plus on ne l’aime tant que ça sa vénéneuse rouquine, elle commence à nous agacer en précieuse pérorante éternelle rabatteuse du sifflet de notre fils, et suceuse de pouce compulsive (ça c'est bas). Devant l'évidence, Nicolas répond par l'attaque, me reproche l'espionnage. D’avoir levé le lièvre sur le pot aux roses de ma grande découverte, ça ne passe pas. C’est moi qui suis mise sur la sellette, bien plus que la femme adultère. On me jette la première pierre. Quand je dis « on », c’est Papa et ses enfants, tous unis.

Pas plus le droit d’exprimer devant témoin, même pas devant toi le père de mes enfants, premier concerné avec moi par de légitimes craintes pour l’avenir de notre fils Nicolas, comédien. Celui-ci, notre nini, est forcément formidable, sublime, le prochain Depardieu c’est lui. Moi je suis pessimiste en diable et bien trop, « Tu me feras penser à ne pas te remercier aux Césars » dit Nicolas. Mais enfin suis-je pour tout cela une « mère indigne », une serial mother toute dévolue contre eux, empêcheuse de les laisser tourner dans leur ronde confiante ? Il me dit « Tu ne l’aimes pas, tu ne lui fais pas confiance, tu es dégueulasse, vraiment une mère indigne » – je vais finir par le croire. En tout cas, on ne me demande pas mon avis, et quand je le donne, il n’est pas du goût de tout le monde je vous prie de croire. Famille nombreuse, famille heureuse. Plutôt trois garçons et deux filles (j’ai 18 ans moi aussi), et ça fait 4 contre 1, souvent. Géométrie variable de nos rapprochements, parfois heureusement Nicolas et Clara me défendent contre l’ire de leur père, «Tu parles pas comme ça à maman ».

Didier me dira « Je m’étais éloigné de toi à cause des enfants » (comprendre : de nos désaccords au sujet des enfants). Tu parles d’un ciment, les fruits de nos amours. Tout mettre au pluriel, les fruits les amours, tout me dépasse. Les enfants, il m’a bien laissé m’en occuper quand je ne travaillais pas, et que lui par la force des choses payait de sa personne et mettait son talent au service d'agences de publicité souvent ingrates. Je ne le suis pas, il m'a fait vivre à l'époque où je ne travaillais pas, c'était une chance de rester près de mes enfants. N'étais pourtant pas la mère au foyer idéal, me suis pris bien des reproches entre les lignes du revers de sa main, "Tu n’as que ça à faire, qu'est ce que tu fous, tout est dégueulasse". Parois c'était vrai.

Pour autant nos enfants je les ai quand même habillés lavés nourris distraits instruits, me suis tapé les réunions d’école les inscriptions les conservatoires les ateliers. J’ai aimé ça. Ils ont été mon univers. M’a laissé m’en occuper toute seule quand ils étaient petits, jusqu’à 12 ans. Il travaillait « trop », rentrait tard, sans amante sous roche. Le week-end on faisait des balades en famille, surtout la purge des repas obligatoires chez Mamie (dotée d'un adorable Papy, qu'on n'entendait pas). Contraintes et obligations familiales que sont loin de s'imposer nos belles filles, vont pas s'emmerder, contre lequelles moi je ne savais pas me rebeller, ayant vu ma mère plier à l'époque devant ses propres parents et sa belle mère flamboyante, nous faisant passer toutes nos vacances chez les ancêtres.

Puis devenus grands ados complices ça a été le papa flambeur, généreux, dispensateur d’argent de poche et de cadeaux juste comme ça, offerts plus pour récompenser et légitimer notre différent, notre séparation totale de vue qu’une éventuelle bonne note. « Je fais ce que je veux avec mon argent ». C'est lui et seulement lui leur complice, leur mentor, je ne suis bonne qu’à la lessive, seul domaine où il ne me critique pas, j'ai toujours bien su séparer les torchons et les serviettes.

Plastronnades et incompréhensions

Longtemps j'ai ressenti ce motif d'agacement suprême, l'ayant souvent écouté (devant ses copains, nous ne parlions jamais de rien en face à face) évoquer les déprimes de ses copines les choupettes, en les plaignant beaucoup. Les jolies filles (pléonasme) de ses agences de pub, souffrant plus ou moins de spasmophilie ou de crises de tétanie, promptes à pleurnicher au bureau, voire à se pâmer. Vite il faut appeler les pompiers, et avant ce bon Didier va se pencher sur leur cas, à ces pauvrettes.

Très complaisant envers leurs "dépressions", leur présente son oreille attentive, à défaut d'épaule consolante. "B. est très mal en ce moment"... J'ai souvent entendu ça. Moi je n'avais pas intérêt à ramener ma fraise pourrie, j'aurais été bien reçue. J’ai oublié les prénoms de ces bonnes copines à lui (mais Facebook me rend la mémoire !), qui aiment bien s'épancher devant lui. Des amies (les trois soeurs et les autres) ; des mignonnes collègues de travail. Il n’osait pas sortir avec elles sans doute, ou n'y pensait même pas (arrête de faire l'autruche). Prenait à la place le rôle plus facile même si frustrant mais c'est déjà pas mal du bon copain protecteur, rassurant et supposé inoffensif. Didier, l'homme que les femmes aimaient tant. Celui auquel les filles se confient. ["Confit d'oie ! Confit d'oie !", air connu, Fernandel dans "François 1er", chanté ensemble. Nous avons nos tubes. Comme : "Prendre le thé à deux ! C'est vraiment merveilleux ! - répons : "Oui c'est vraiment merveilleeeeux !]

Un exemple moins drôle, plus grave à soigner, la dépression de D., embauché par Didier, puis vite dans les difficultés, fric, alcool. Aidé financièrement par mon brave mari qui jettera vite l'éponge, dépassé et impuissant devant les démons de l'ami dépressif. Celui-ci vient d’en mourir, après des années de malheur. Didier aura fait ce qu'il a pu, au début. Ensuite il l'avoue il s'est lassé de l'aider "en vain", l'autre refaisant toujours des conneries, combat perdu d'avance. Combat peut être pas très bien mené. Un peu fuyant un peu lâche le sauveur de ces dames. La mouise ça pue, ça ne se parfume pas chez Sephora.

Il a toujours eu horreur d’affronter les vrais problèmes à bras le corps. Les tristesses des jolies filles c’est plus facile, ça le fait se sentir important, elles aiment lui raconter leurs malheurs, et il les plaint sincèrement de n’avoir pas eu de mec pendant quinze jours, ou de risquer de perdre leur job dans un mois. C’est très grave, s’il pouvait faire quelque chose.

Pour les questions de vie ou de mort, c'est une autre affaire. Ne m’a pas dit grand chose après le suicide de mon frère, n'a pas beaucoup essayé de trouver les mots qui m'auraient fait du bien. Il a pourtant toujours eu le sens de la formule, lui le légendaire "Créaman", "Mister Poidémo", "Mr Poids des mots". Oh, a bien dû me serrer dans ses bras, big hug bienvenu, mais je me souviens qu'il y eut plus de reproches que de compréhension. La mort et la folie font peur à tout le monde, je lui pardonne.

Comme mon oncle, le frère de ma mère, qui m’appela un jour d’avril 2011 où je chinais dans une friperie des Halles (cette mémoire inutile que j'ai), deux mois après la mort de mon frère, pour me signifier qu’il « n’en pouvait plus des plaintes de sa sœur », de sa culpabilité ressassée, « faut qu’elle se fasse aider, je suis pas psy ». Dont acte. Mon oncle impatient, mon parrain qui n'êtes plus là, je ne manquai pas comme vos n’osiez pas vraiment me le demander de faire interner ma mère endeuillée à Sainte-Anne, et à la Verrière, où elle retrouva figure humaine, et elle au monde, merci le corps médical.

Oser regarder au fond du tonneau de boue, décider d’en sortir, avec l’aide de qui pourra vous entendre. Didier n’est pas de cette trempe là, à pouvoir aider, consoler, brasser la boue et l'enlever des yeux des gens, de sa femme par exemple. Demerdieren Sie sich ! (une blague de mon oncle). Il s’en fout bien en général de ma psychologie défaillante, ça l’emmerde et mes manques au monde le font me mépriser un peu plus, ou au mieux "s'iquiéter pour moi". C’est plus compliqué que gérer les crises de spasmo des copines. Il ne veut pas que je l’emmerde avec mes états d’âme, tais-toi tu parles trop, fais-toi aider va voir un psy.

Que je ne fasse pas trop de bruit en pleurant la nuit, de toute façon il ne m’entend pas. Finir à la fin par me sentir cesser d'exister, disparaître à force de ne pas être regardée, écoutée. Invisible, je ne suis pas là, il n'y a personne.

Violence conjugale

et autres carnages...

Faut-il parler aussi de sa, de notre violence, lui si macho moi si pénible puisqu'il faut bien le croire ? Sa violence verbale, assénée de sa voix de stentor, s'accompagne très souvent d'une certaine violence physique, quand môssieur est très énervé (je rappelle qu'il a un peu le physique d'Obélix, gaffe aux coups de menhir). Violence physique qu'il fait toujours rester en deça des limites - j'allais dire "acceptables" (qu'est-ce qui est acceptable là dedans ?), ne suis jamais restée assommée sur le carreau, sa raison doit lui dire de ne pas se servir de toute la force de ses poings menaçants, souvent tournés vers moi. Il me bouscule contre les murs, me plaque contre les portes, m'étrangle, m'écrase ses grosses mains sur la face, m'appuie sur les yeux, me tire le nez (que j'ai déjà long), me tire les cheveux très fort (ma chevelure s'en ressent). Il est beaucou plus fort que moi, mon solide sexagénaire, même si je cours plus vite que lu. Un dessin animé pas drôle, moi Titi lui Grosminet, lui Vil Coyote, moi toute aplatie (façon de parler). Des fois, j'ai la main courante qui me démange.

Je sais qu’il n’oserait pas aller plus loin, mais quand même je reste près de la porte, pour m'échapper si grabuge. J'allais écrire "en cas de malheur". Je me vois me traîner au commissariat faire une main courante, le nez qui saigne et l'oeil au beurre noir. Jusqu'à présent, jamais arrivé... Auquel cas, ce serait lui qui devrait appeler les secours, comme je l’ai fait pour lui deux fois lors de maladies qu'il ne soignait pas et qui auraient pu le tuer si je n’étais pas intervenue. Une infection généralisée au staphylocoque doré, puis deux ans après un coma diabétique. A moi le mérite d'avoir appelé les pompiers en extrême urgence, et sans doute ce lui de lui avoir sauvé la vie. Pour ma plus grande joie aujourd'hui.

Je peux rendre les coups, moi aussi j'ai de la force, un peu. J’ai l’habitude de courir devant le danger, je me rêve souvent pourchassée et en danger, je connnais plein de cachettes. Pendant mes jeunes années c'est moi qui arrivais toujours la première en haut de l’escalier à Libourne, devant Christophe mon frère schizophrène, quand il me poursuivait pour me faire du mal. Se garder des couteaux lancés dans mes jambes, vite claquer la porte de la cuisine et monter à toute allure l'escalier, mon frère écumant sur mes talons. Une fois dans ma chambre, sauvée jusqu'à la prochaine crise, je m'enfermais à clé le dos haletant contre la porte, et tirais la targette installée à cet effet par ma mère dépassée par la violence de nos disputes, moi en révolte contre mon frère le tyran.

Pas de targette entre nous mais Didier tyrannique aussi, qui n’hésite pas à donner de la voix, vociférer même alors que partout des voisins, que tout le monde sache donc à quel point je suis folle et insupportable. N’a pas compris qu’il se desservait aussi lui-même à ainsi sonner du cor, faire résonner son grand coffre pour faire savoir à tous les étages combien je suis nulle infecte et méprisable ma pauvre fille. « Tu es folle comme ta mère et ton frère », je le saurais. "Et ta mère et ta sœur connard". Attention ça risque de tomber, son truc c’est de me « balarguer » - expression girondine – contre les murs, ou bien de me serrer très fort le cou, façon la main au collet, et s’arrêter juste avant. Je n’ai pas peur de la mort, juste celle de rester amochée. Je ne suis pas belle… Je suis vivante… c’est tout !

Éloignement(s) à moi même

Mais pourquoi ne pas avoir divorcé, quand c’est pire à ce point ? C’est que dans sa famille madame, « on ne divorce pas ». Il a l’air de croire à cette ânerie. C’est surtout que ça lui demanderait trop d’énergie, à lui et à moi aussi. Louis, à nous engueuler depuis ses quinze ans : « Quand est-ce que vous avez les couilles de divorcer ? » Bien trop mous l’un et l’autre.

Et moi, pourquoi être restée, pourquoi l'avoir laissé revenir ? Aujourd'hui, c'est une autre histoire. De contact, de proximité. On rigole, on se regarde, on se parle. Je ne peux plus m'en passer. Je me relève de mes chutes, renaissances, résurrection. "A votre âge, vous avez besoin de vous soutenir l'un l'autre", dit notre médecin le bon docteur Luc B. (de notre âge !), contentent de notre reformation-après-séparation.

Mais avant ? Pendant des années, je n'ai pas travaillé, il gagnait bien sa vie, je m'occupais des enfants. Sans me sentir "mère au foyer" pour autant, mon emploi du temps croulant sous les cours d'art, de danse, de photo, les expos, le bénévolat, les voyages... Ne me suis jamais ennuyée. Mais souvent sentie dévalorisée, loin du salariat en entreprise point de salut, jamais à l'aise avec ses amis de boulot, me sentant exclue, à part, usurpant ma place. Je sais maintenant que c'était là de bonnes années, les enfants jeunes, leurs rires faisant vivre la maison. Le travail ne résout pas tout, c'est un voleur de temps. Alors, remercier Didier de m'avoir "fait vivre" pendant mes années de liberté, quand j'étais une jeune femme.

Je l'ai payé pourtant. Peu ou pas d'estime de moi, dépression chronique. Contente de ne pas travailler et le regrettant en même temps, mais ça ce n'est pas de sa faute. Ne me respecte pas plus qu'il ne me respecte. Supporte de vivre dans le désordre, je ne range que quand quelqu'un vient. Pourtant c'est si agréable un appartement clair et ordonné, ça aide à se sentir bien. Mais je ne cherche pas à me faire plaisir, plutôt le contraire. Je m'adapte et je supporte tout, car je ne suis pas à moi même. Alors, divorcer...

Surtout, l'impression tenace de ne pas être encore arrivée à l'âge adulte, toujours dépendante, ne pourrais pas m'en sortir toute seule. C'est faux, c'est juste de la paresse, de la facilité. Qui m'a laissée vivre en berne, dans ma coquille, préférant mon univers intérieur et mes romans au fait de vraiment vivre ma vie, par exemple en cherchant un compagnon amoureux, qui ne me parle pas mal, qui ne me rabaisse pas tout le temps. Mon mari me parle souvent mal devant les gens, cassant, autoritaire. Me prend pour une gamine, neuf ans de moins que lui. Je lui laisse croire que je suis une gamine, ma vie est ailleurs. Il m'emmerde, je m'échappe par tous les moyens. Je prends un, des amants, quand j'ai trente ans. Bien fait pour lui. Il le découvre, il s'en fout. De toute façon ces cinq à sept n'étaient pas faits pour moi, et ni les garçons ni moi très amoureux.

Toujours donneur d'ordre, renversant son schéma parental à la Dubout : sa mère puissante et imposante ayant réduit petit à petit son vaillant mari à néant. Chez nous c'est bien lui qui porte la culotte (mais s'il savait comme je m'en fous, je ne suis pas celle que vous croyez). Je crois que je n'aurais pas la force matérielle de survivre hors de son milieu. Je ne me plains pas de traverser un désert sexuel. Je me dis que c'est comme ça, que je ne mérite pas mieux. Depuis que mon père m'a chassée de sa chambre d'hôpital, à l'article de sa mort, avec l'anathème "tu as le coeur sec comme une allumette" (une sombre histoire de genou amoché, j'avais causé du dérangement à ma grand-mère devant faire mes pansements, obligée de lâcher ses canards...) Je me le suis tenu pour dit pendant quarante ans, c'est normal qu'on ne m'aime pas, je ne le mérite pas. Je ne risque pas de me laisser aimer : à quoi bon aller chercher quelqu'un d'autre qui ne m'aimerait pas plus, puisque je ne suis pas "aimable" et je ne suis bonne à rien. Voilà que je conjugue le verbe "aimer" à toutes les sauces, moi qui n'y connais rien.

La parenthèse des amants-copains est terminée, je n'y pense même plus, nothing has changed. Je ne sais pas que lui, de son côté, pratique le sexe tarifé, compensant ainsi son manque de désir pour moi. Quant à moi, je passe vite les scènes d'amour dans les romans, et ferme les yeux quand les héros s'embrassent au cinéma. Tout ça n'est pas pour moi. C'est normal que Babar trompe Céleste, à la fin de l'histoire.

"C'est pourtant quand on touche le fond qu'on peut atteindre des sommets", se dit-elle, en écoutant le dernier disque d'Iggy Pop (mars 2016). Mon petit pull marine au fond de la piscine finira bien par remonter.

En attendant, j'ai eu, j'ai encore des envie de mort. Si mon frère a pu encaisser un TGV dans la tronche, lui si douillet petit, pourquoi pas moi... Je le ressens encore, tout ce rien, ce manque d'amour, pour moi même et pour les autres, cette incapacité à être au monde, à profiter de l'instant, de ce que j'ai. Lui qui est avec moi à nouveau, je ne devais voir que ça. A la place je regarde la vie se rétrécir autour de moi. Me nier. Il ne restera rien de toute façon, rien n'a d'importance, ni les histoires de corps ni les histoires de coeur. En plus, la démocratie va mal. Un Trump peut arriver au pouvoir. Si je fais semblant de m'intéresser au monde, j'irais mieux. Et les USA survivront à Trump. Quand tout sera balayé, je ne laisserais pas de traces. Mes affaires éparpillées, déjà éparpillées. Quel bordel.

Didier ne quittera le foyer conjugal qu’en mars 2014, toute première séparation (hors mes vacances prises souvent seule), après des années de chien et chat, et de draps non salis. Ca lui en coûte de quitter sa fille chérie. A un peu trop tendance à oublier que c’est aussi la mienne, portée dans mon ventre comme ses frères au risque de ma vie, HTA, protéinurie, pré-éclampsie, HELLP-syncrome, RCIU, trois césariennes, tout le toutim.

Mais le 4 avril 2014 quand même, alors qu’il courait Versailles en carrosse, il a tout de suite sauté dans sa voiture quand je l'ai appelé le matin même, pour lui demander s'il voulait bien venir me voir sur scène. Il a été heureux de me voir triompher du bégaiement au colloque dédié, il m’a filmé et félicitée, il m’a applaudie. Surtout, il avait l’air fier de moi, "je suis le mari de la star !"

Il y a quand même eu ça en 2014 au milieu des dragouilleries et des flirts de jeune homme, un mari et une femme sans haine et sans reproches.

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Pourquoi non plus n'est-ce pas moi qui vais m’installer chez mon frère dans le petit trois pièces alors qu’il a plus contribué que moi financièrement à l’achat de l’appartement familial, hein ? Je ne peux pas, j’y ai tous mes livres tous mes tableaux tous mes dessins (toutes mes fringues, et toutes mes collections aussi) et surtout les feuille de mon figuier au jardin. Il n’y a que cet inventaire qui m’accroche à la vie, avec Clara la princesse de ces lieux. Il sait bien au fond de lui qu’il ne peut pas m’en priver, et aussi qu’il a sa part lui aussi d’égoïsme et d’indifférence dans notre mésentente si profonde, jusqu'à ces derniers mois.

Alors à la place d’un vrai divorce devant avocats et notaire, on se contentera juste d’une séparation de pas de porte, ce sera pour lui partir dans la rue d’à côté, ne plus dormir dans la même chambre, cette horreur du lit conjugal juste réceptacle à ronflements.

Solitude

Plus de frigo commun non plus, avec Clara on peut enfin se faire des salades. Ecouter la musique qu’on aime bien fort ; nous balader en slip et soutien-gorge ; sortir à poil de la salle de bains, sans risquer les foudres d'un Didier parfois bien pensant. Ne pas allumer la télé de la semaine si on veut ; rentrer tard d’une exposition ; ne dîner que d’un thé au lait ; étaler partout nos produits de maquillage…

Toutes ces petites libertés gagnées ne me sont en fait des victoires dérisoires et minuscules, qui ne me consolent de rien. Se retrouver seule comme un chien, en compagnie du chat et de la princesse quand elle ne sort pas, or c’est tous les soirs ou presque. Submergée par une immense solitude, radicale, encore pire que celle qui m'accompagne depuis toujours.

Plus de balades, plus personne à qui dire « ça tu as vu comme c’est bien ». La vie, c’est toujours mieux à deux, déjà que les deux malotrus, les aînés, sont partis… Les filles, ne faites vos enfants qu’à 35-40 ans passés ! Avant, vous vous amusez sans eux, après, vous vous amusez encore mieux, avec eux. Revenez mes poussins. Surtout que votre papa est parti faire le coq avec des amoureuses, avec qui "rien ne s'est passé", mais qu'il avait encore dans la peau il y a trente jours à peine. Et si vous saviez comme il est beau, elles vont toutes lui faire les yeux doux les Parisiennes, à mon love Jekyll au caractère radouci.

Mystère love (bis)

Tout est tellement mieux, depuis un mois. Il m'aime et moi aussi. On aime nos corps, on aime être nus l'un contre l'autre, qui l'eût cru ? On aime se serrer fort après l'amour, des vrais amis, des amants. Nos retrouvailles, qu'elles perdurent ou pas, passeront toujours par le chemin du sexe. Nous ne devons pas l’oublier (on aurait du mal), pour rester dans l'embellie. Nous plier à ce rituel formidable tous les soirs, avons tant à rattraper. Même si notre amour n'est pas fait dans les règles de copulation obligatoire, celles édictées par les magazines et les journaux féminins, les vidéos pornos ou les films nature, même les comédies romantiques avec draps sur canapé. Aller quand même voir "Love" de Gaspard Noé, en 3D, à deux, au risque certain de ne pas s'y reconnaître. Notre amour est toujours mieux fait aujourd'hui qu'il y a des années. Doux noeud, "Nous deux".

C’est lui seul qui nous protègera de retomber dans tout ce que nous nous sommes infligés à nous-mêmes avant. Sinon, il redeviendra Dr Jekyll et Mr Hyde (vs Love), et moi la folle du logis (sans « Roméo inversé », mais toujours « jetée par la fenêtre » - aparté à la peintre).

Et nous n’aurons même plus la force alors de rester amis...

Lust for life, avec ou sans Iggy. Graffiti sur un mur salpêtreux à Libourne (Gironde). Notre "Lust for life" pourrait bien s'effacer, planté comme il est sur un mur fragile. Le salpêtre de Libourne est doux au toucher, mais il s'effrite et tombe en poussière. Que notre Lust dure plus, je le veux

Lust for life, avec ou sans Iggy. Graffiti sur un mur salpêtreux à Libourne (Gironde). Notre "Lust for life" pourrait bien s'effacer, planté comme il est sur un mur fragile. Le salpêtre de Libourne est doux au toucher, mais il s'effrite et tombe en poussière. Que notre Lust dure plus, je le veux

Tiens, notre histoire, c'est un peu celle du roman "The man who forgot his wife" de John O'Farrell, traduit en français sous le titre "L'homme qui a oublié sa femme", paru en 2014 aux Presses de la Cité.

Le pitch : "Qu'est-ce qui m'arrive aujourd'hui je suis amoureux de ma femme ! Après un étrange malaise, Vaughan, un quadragénaire, reprend connaissance dans le métro londonien. Il ne se souvient plus de rien : ni de son nom, ni de ses deux enfants, ni de sa femme, la sublime Maddy. Quand, après moult péripéties, il revoit celle-ci pour la première fois, c'est le coup de foudre. Pas de chance, ils sont en pleine procédure de divorce. Vaughan n'aura désormais qu'une obsession : la reconquérir ! Une mission quasi impossible, puisque Maddy ne veut plus entendre parler de lui. Et pour cause, Vaughan découvre que son ancien " moi " était un homme plutôt odieux porté sur la bouteille. S'il souhaite la séduire à nouveau, Vaughan devra lui prouver qu'il a changé !"

Hervé Télémaque, Petit célibataire un peu nègre et assez joyeux, 1965

Hervé Télémaque, Petit célibataire un peu nègre et assez joyeux, 1965

Article en cours d'élaboration... Je n'arrête plus de prendre des notes sur ce truc le plus important qui me soit arrivé depuis bien longtemps. J'y reprends les mémos tapés sur mon téléphone dans le train me ramenant de Libourne vers Paris le 17 août à 7 heures du matin, bien mieux à faire que dormir.

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Aïe aïe aÏe ma fille... à l'heure où tu écris ces lignes, tu ne sais pas tout : révélations à venir, il va encore me faire très très mal, au moral et au physique. Voir son autre "Affair" que je vais découvrir le lendemain de mon retour à Paris... c'est pas loin, article brûlot écrit deux jours plus tard, et ses sequels spin off (à suivre)...... Dans quelques heures, à la fin de la même journée, je vais trouver un message sur son répondeur, qui déclenchera bien d'autres révélations, à commencer par celle de l'autre ross(n)erie de mon mari, son autre presqu'aventure, soigneusement cachée par lui pendant toute la durée de celle ci, et plus grave, depuis nos trois semaines et demie de roucoulade. Ca va saigner.

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