La belle saison, clap de fin

Publié le 26 Août 2015

La belle saison, clap de fin

Dernière séance : "La belle saison" (de la douche froide)

Inouï... hier soir le 25/08, nous étions à la séance du soir du Pathé Wepler, pour le film "La belle saison", une histoire de jolies belles des champs, ou comment l'homosexualité n'était pas si facile à vivre dans la cambrouse des années 70. Un film qui a le mérite de rappeller qu'être une femme libérée, c'est pas si facile ; ne pas oublier que si la société s'est (un peu) transformée, c'est grâce aux combats de nos grandes soeurs pour les droits des femmes. [Loin d'être gagné dans d'autres pays, ne pas se voiler.]

Bon que pasa ? En attendant la séance, suis en train de textoter à ma mère dans le hall du cinéma, quand j'entends une voix bien connue désormais, qui me dit "bonjour Sophie". Ses intonations séductrices je les connais par coeur, je passe mon temps à écouter son message enregistré dans mon portable. L'ai écouté en boucle encore la veille, à l'hôtel de Dieppe où nous avons passé un si beau week-end, cachée derrière les rideaux quand il dormait. J'en oubliais la Manche époustouflante par la fenêtre, un océan de tristesse. Deux jours d'amour en Normandie, malgré cette nouvelle épée de Damoclès et épine dans mon bouquet de roses passion.

Sacré répondeur

Ce menteur s'obstine à me dire le matin au buffet du petit-déjeûner, pourtant sacré (du coup, plus faim du tout) que non au grand jamais il n'avait pas son téléphone, juste passé deux ou trois messages facebook et pris un ou deux cafés, rien de plus. Cause toujours, c'est bien un message téléphonique de son 06 que j'ai entendu, et des plus clairs. Pas difficile de comprendre que ce message cache autre chose, au secours c'était pas suffisant l'Artiste peintre, qu'est ce qu'il me cache encore.

[J'écoute son message encore et encore, même au travail, dans les couloirs, à mon bureau, en public. Une collègue me regarde intriguée, je mets le son à fond pour tout entendre, pour bien me faire mal. Après il me faut essuyer mon rimmel. M'y suis reprises à trois ou quatre fois pour enregistrer tant bien que mal cette minute cinquante-et-une secondes qui me brise, levée la nuit d'avant en cachette à 3 h du matin, pas fermé l'oeil avant, attendant qu'il dorme profondément, pour mener à bien ma captation radiophonique top secrète). Le mari qui a le sommeil léger comme une plume d'ange (qu'il n'est pas) s'est levé patatras à ma recherche la nuit, il me cherche partout le pauvre qui aime la chaleur de mes fesses merci merci. Ca tombe mal quand moi en train de trifouiller son téléphone, pour enregistrer sa messagerie félonne une dernière fois, et essayer encore et encore d'entendre le passage brouillé (en vain), et surtout l'effacer. Je ne supporte pas l'idée que peut être il ne l'ait pas entendu, et qu'il puisse le découvrir, et courir donner les nouvelles qu'elle lui demande. En essayant de rentrer dans l'appartement où je m'étais enfermée, il pète la clé dans la serrure, j'avais laissé la mienne pour lui barrer le chemin éventuel, oubliant la fragilité du blindage. Malin, en serons de 40 euros de serrurier. Le prix d'une passe de pute, elle m'aura tout fait. Faut que je me blinde.]

Rencontre fortuite au Wepler

Sans la voir je sais je que c'est elle, à côté de moi dans le hall du cinéma. Je lève les yeux c'est incroyable, c'est magique, c'est de parler d'elle encore et encore et d'y penser tout le temps qui l'a fait surgir devant moi devant nous, la maléfique Florence, celle qui loucharde sur mon mari.

J'avais bien dit qu'elle habitait par ici. Si désormais il faut éviter La Fourche et les abords de la place Clichy... Pas étonnant qu'il boive souvent des cafés avec elle. Suis gênée, elle se dresse devant moi comme un vivant reproche aux électroniques miens. Je devrais être capable de lui dire : "Allons boire un café après, tu nous raconteras la pièce de Françoise à Avignon, de vive voix". Ca risque de tomber à plat.

Elle va voir le même film que nous, elle ne s'arrête pas et s'engouffre dans la salle en bas des marches. Sais pas quoi faire, me sens très mal. Didi s'il te plaît, reste avec moi, ne la suis pas, ne va pas t'asseoir à côté d'elle. Quoique tu aies deux mains, une pour chacune. C'est pas drôle. Il n'en a aucune intention, on rentre fermement enlacés dans la salle et on se place en bas, je n'ose la chercher du regard. Pendant tout le film il a son bras sur mon épaule et m'embrasse souvent, ô merci merci. Qu'elle le voie bien son gadin, du haut de son gradin.

J'ai du mal à me concentrer sur le film. Cécile de France et Izia Higelin jouent très bien les pétrisseuses d'argile, très douées en petits vases, et Noémie Lvovsky la mère paysanne bornée et contrariante. Je repense sans cesse au comportement bizarre de mon épée de Damoclès, quelques mètres plus haut. Pourquoi nous avoir snobés comme ça, alors que je sais tellement qu'elle connait bien Didier... Je rappelle pour les nouveaux arrivés qu'ils ont eu déjà pas mal d'occasions de se voir.

Déjà vue

Il l'a souvent ramenée en voiture dans le quartier avec ses enfants, après les sorties éclés (heureusement, Clara arrête cette année). Ont pris pas mal de pots dans les gares de retour de camp, avec ou sans Marie (par qui on la connaît, scout toujours) .Il discute avec elle dans la rue où elle tracte Front de gauche avant les érections élections (le seul truc qu'il m'ait raconté avant). Mais aussi dans des cafés du quartier, où il lui donne rendez-vous il me l'a dit. Combien de fois ? Que se racontaient-t-ils ?

S'était bien dit dans sa solitude qu'il pourrait coucher avec elle, et au téléphone sur le répondeur ça n'avait pas l'air de lui déplaire à elle non plus cette idée. Ne l'ont pas fait il me l'assure. Lâchera quand même : "Celle là, j'avais très envie de la niquer" - variante : "de lui en mettre un coup".

Boudi, s'ils s'étaient croisés tous les deux seuls sans moi au cinéma (il y va tout le temps, je lui achète des billets à mon CE) ! Et elle qui y va toute seule, il est où son mec, elle n'en a pas ? Frissons rétrospectifs. Just in time, c'est pas passé loin...

Donc tout à fait incongru qu'elle se détourne comme ça, qu'elle file dans la salle sans nous parler ou presque, juste un "Alors, les vacances ?" Ah non je ne vais pas en reprendre de l'Eygalières. Mais c'est le bavardage qu'en toute logique on aurait dû avoir, avant le début du film. Si elle est partie comme ça c'est qu'elle ne veut pas me voir moi, qu'elle ne s'attendait pas à me voir, à nous voir ensemble.

"Elle est jalouse, elle est vexée", m'expliquera mon mari, le film fini. Elle remontait l'allée derrière nous vers la sortie. Sans s'arrêter, à notre hauteur devant la porte, armant son parapluie, elle a juste glissé : 'C'était très beau hein !" S'adressant à moi, car je ne disais rien : "Ca t'a plu ?" Oui très bien, je murmure tétanisée, sans la regarder.

Je n'ai rien d'autre à lui dire que ce que montre le bras de Didier tout contre moi. Le reste je le dis ici sur ce blog, sous ma cape d'invisibilité. Je note quand même par en dessous qu'elle est moins jolie que sur sa photo, enveloppée dans son imper beige, il pleut comme vache qui pisse. Pas plus grande que moi en Bensimon, un côté Rossinante même, avec sa grosse lippe qui s'ovalise vers le bas. OK ses cheveux sont épais, mais on dirait une perruque de mannequin en vitrine, du crin de cheval, d'une couleur trop uniforme de caramel clair. Ou queue de vache. Je suis mauvaise.

Semi-aveux

Elle s'enfuit sous la pluie dans l'avenue, nous laissant pantois. Car j'ai fait parler mon mari à son sujet, depuis ces jours, Anna Stasi c'est moi. Il m'a dit qu'eux deux avaient bel et bien flirté, de manière assez explicite. Qu'il lui avait dit "qu'il était libre désormais, qu'il avait déménagé", "Mais elle n'est pas venue chez moi". Mon Dieu il n'a avec aucune d'entre elles il me le jure dépassé le stade du compter fleurette (origine du mot "flirt"). Promettait d'être bien crémeuse la fleurette, quand même. Il me l'assure, il attendait l'amour romantique-sex inclusive, c'est un sentimental. A mon avis au quatrième café crème, c'était bon, elle n'aurait pas attendu que le percolateur monte en pression.

"Elle est un peu instable (comprendre : "infantile"), un peu compliquée", avance mon mari qui a l'air d'être bien informé [Tu parles d'une coach]. "C'est Marie qui me l'a dit". Ah, il s'était renseigné sur le caractère de Couche-toi-là ! Il en sait bien des choses, qu'elle a été hôtesse de l'air (éculé, le fantasme). Aussi qu'elle a une relation difficile avec sa soeur, sa mère, des enfants pas faciles... Le pauvre chouchou se voyait déjà soigner tout ça, il adore ça consoler les choupettes. En retour, elle lui aurait coaché l'estime de soi par l'ouverture du slip kangourou.

Manque de pot, patatras la belle idylle prometteuse, je sais (presque) tout ciel mon mari. Il n'a pas nié qu'il y avait bien eu anguille sous le chignon mêché qu'elle n'a plus. Tout ça du passé dit-il (le croire ?), c'est ma motte à moi qu'il farfouille depuis un mois, et tout baigne dans l'huile de coco. Beau me répéter ça cent fois par jour, toujours inquiète.

On me cache des choses

Ce comportement me conforte dans l'idée qu'il y avait (qu'il y a encore ?) quelque chose de sérieux entre eux. Y'a qu'à le regarder, il est dans ses petits souliers, mal à l'aise. Et elle particulièrement fuyante. Mais si je n'avais pas écouté en douce son répondeur il y a 4 ou 5 jours, je n'aurais rien compris et rien vu. J'aurais juste trouvé le comportement de la miss un peu bizarre. M'aurait peut être mis la puce à l'oreille qu'elle s'en aille prestissimo comme une voleuse de mari après le cinoche, sans proposer, cette grande communicante, de prendre ensemble un verre de débriefing Catherine Corsini (cinéaste et joueuse de poker qui a souvent rincé mon mari). Ou simplement s'excuser, dire "Houla avec cette pluie je vous quitte, pardon mais je sois rentrer préparer mon coaching de demain chez IBM, à bientôt Didier et Sophie on s'appelle, j'habite tout près". J'aurais pu me vexer de son impolitesse moi et de sa hâte à nous quitter, cadrant si mal avec ce que je sais d'elle. Je me serais tournée vers Didier et j'aurais dit "Quand même c'est pas sympa, elle aurait pu nous parler". Surtout qu'elle ne lui a pas encore parlé "de vive voix" de la pièce d'Avignon, c'était l'occasion ;=)

Non non, Choupinette-Cendrillon s'est carapatée sans demander son reste et sans perdre sa Bensimon, elle était vexée comme une gamine capricieuse (moi aussi j'ai mon diplôme de psychologie). Bien déçue, elle s'est vue souffler sous le nez le sex toy jouet qu'elle gardait par devers elle au fond de sa liste de contacts à venir. "Qu'il y reste donc avec sa grosse", doit-elle grincer. Souris et serre les dents. A chacune son tour d'être jalouse.

Mon Didou tu es prié de me dire si cette diablesse te rappelle dans les jours qui viennent, pour te dire un truc du genre "Désolée je ne voulais pas te voir te parler devant ta femme lundi soir au cinéma, quand es-tu libre ?"

"Vous êtes une créature du démon, sortez de ma maison", dit Noémie Lvovsky la mère d'Izia-Delphine à la jolie Cécile de France-Carole, la "dépravée" qui saute sa fille. Voilà ce que je dis moi aussi à la dévergondée (je le suis plus qu'elle, d'abord).

Qu'elle aille glisser dans sa piscine des Alpilles. Qu'elle aille se faire voir ailleurs, we are a Koople my dear.

Rédigé par Gloubigoulba

Publié dans #infidélité émotionnelle, #the pintade

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