« The affair » ou Ses affaires sont mes affaires

Publié le 19 Août 2015

Série télévisée américaine créée en 2014 par Sarah Treem et Hagai Levi

Série télévisée américaine créée en 2014 par Sarah Treem et Hagai Levi

« The affair », cette bonne série que nous avons regardée tous les deux chacun de notre côté dans nos tanières solitaires, mon mari et moi. Créée par Sarah Treem et Hagai Levi, l'histoire sensible de la liaison palpitante de Noah (Noah Solloway) et Alison (Ruth Wilson), hors mariages respectifs. Choisir l'image de la série pour illustrer cette dernière chronique des amours de mon mari, ce Don Juan qui vient de se révéler.

Si toutes les filles du monde...

Une nouvelle ronde m'obsède, celle de toutes ces filles de mon âge, qui remplissent son carnet d’adresses et n’hésitent pas à lui tourner autour, parce qu’elles ont dépassé l’âge de 50 ans et qu’elles commencent à se trouver moins jolies dans le miroir. Elles ne l’auraient pas regardé d’un air gourmand avant, n’auraient pensé à lui que comme un grand garçon sympa et rigolo, gros nounours casimir en salopette qui de toute façon avait godiche et ses mouflets à la maison à l’époque. Désormais moins sûres d’elles, ayant plus besoin qu’avant d’être rassurées sur leur charme (et comme je les comprends les pauvres, leurs hormones foutent le camp), elles sont bien contentes d’avoir ce chevalier servant tout trouvé sous la main, une poire pour leur soif.

Mariées, maquées, sans chéri fixe ou entre deux histoires, elles sont toute une cohorte à le regarder avec un nouvel intérêt certain. Pour cela elles veulent bien liker sa page Facebook « D.S. photographies » (des photos prises dans ma région natale, pour la plupart !), ça le mettra d’en de meilleures dispositions encore à leur endroit, elles sont si sympas les copines. Certaines, les plus jeunes, doivent avoir des idées carriéristes derrière la tête. Chut, pourquoi lui gâcher son plaisir, sur sa photo de couverture il pose allongé aux pieds de sa bande de jeunes, en vieux loup de mer presque sexy en perfecto. On aura tout vu.

Toutes ses belles amies, plus jeunes que lui, rencontrées au temps des agences de pub. Il pesait le quintal et s’habillait en rugbyman, mais elles n’ont pas oublié qu’il les faisait rire alors. Aujourd’hui il a un peu maigri et a moins de rides qu’elles à cause de ses rondeurs conservées. C’est sa revanche, la beauté cachée des laids des laids qui ressort. Il est si beau aujourd'hui, avec ses yeux verts "tout nus".

Comment ne craqueraient-elles pas toutes un jour ou l’autre, l’histoire d’un plan cul. Risquent d’être déçues toutefois, hors goût prononcé pour le ligotage et la fessée au fouet, seul domaine où sa queue ne soit pas nécessaire (mais elle finira bien un jour à se dresser pour leur rendre hommage, grâce aux blue pills).

Ou bien d’un moment de tendresse coquine et de rigolade au lit, là il est très fort, et c'est beaucoup plus grave. Le sentimental et le sexe ensemble, c'est l'amour. C'est ce qu'il me fait, c'est notre amour. C'est ce quoi je ne veux pas qu'il leur fasse.

Messageries

Remercier ou non les messageries et leurs signaux de fumée, sans lesquelles je ne saurais rien et ne m'en porterais pas mieux...  "Il n'y a pas de fumée sans les Feux de l'amour", un nouveau proverbe inventé par ma parano, ja ja. Plus profond, cette citation de Georges Braque : "C'est le fortuit qui nous révèle l'existence", in "Les hors -la-loi : à partir de Peter Fischli et David Weiss" de Fabio Viscogliosi, "et on peut le croire puisque, après tout, ce qui vaut pour la composition d'un tableau s'accorde aisément à toute autre circonstance de la vie".

Hier soir tard je traîne un peu dans mon salon, caresse le chat. Tiens son téléphone est resté sur la table, ça n'arrive jamais. Je le reprends, je rouvre tout, par acquis de conscience, pour voir si je n'ai rien oublié de son autre vie, la sociale, la pétillante. Un téléphone c'est fait pour passer des appels aussi, pas que des messages. C'est la première fois que je regarde son journal d'appels (on dirait qu'il n'y a que moi, ces derniers jours, savoure-je). J'appuie sur la touche messagerie, pour voir. Elle s'enclenche automatiquement. Je suis tout ouïe.

Pour écouter vos messages, appuyer sur 1. Tombe des nues, heureusement suis assise. Me dévisse le cou pour mieux entendre ce message audio, enregistré sur son i-phone le 16 juillet dernier, pas encore effacé (pas encore écouté ?)

« Salut Didier c’est Florence ! » Non mais qui c'est ça encore ? Une voix affirmée, grave et haut perchée à la fois, une voix en talons aiguilles. Ne sais pas du tout à qui elle appartient. "Ca fait une paye que je ne t'ai pas entendu". Puis un truc inaudible, elle téléphone de sa voiture. On entendrait presque "... ça me soucie ? m'inquiète ? m'attriste ? me manque ? je mastique... UN PEU..." (en capitales, ce que mon oreille non bionique a pu capter sans se tromper). Oui, c'est moi qui ai écrit les dialogues du film.

"Je ne sais pas du tout où tu es (voix lascive), où tu en es dans tes pérégrinations ?" Il est en vacances avec sa femme à Royan, connasse. Lui parle de ses vacances à elle, Eygalières, Bourg-en-Bresse, va chez sa soeur, chambres d'hôtes, "je me baigne tous les jours dans la piscine, je ne suis pas à plaindre", qu'est-ce-qu'on s'en fout.

"Je rentre à Paris dans quelques jours. On se voit bientôt. Prends soin de toi, amuse-toi bien. Je t'êêmbrasse (!!!). Ciaaô." La voix de plus en plus "suivez-moi jeune homme".

Je voudrais bien savoir qui est cette amie-naudante qui lui veut tant de bien sur le répondeur. Mais céki ? Modus operandi d'Oeil de lynx : faire le 5 pour obtenir le numéro de l'appelant inconnu, le rentrer dans le moteur de recherche des contacts, puis taper le nom trouvé sur Google, ou mieux dans le moteur de recherche Facebook. Bon sang mais c'est bien sûr, c'est Choupinette l'exaltée, passionaria bobo, d'extrême gauche ça va sans dire.

Une ex-copine de Marie la trois-soeurs, désormais brouillées toutes les deux pour une histoire de mecs. Elles sont fâchées, je comprends mieux pourquoi je ne leur trouvais à lui et à elle aucun ami commun sur Facebook. D'où sort-elle donc celle-là encore ? m'anxiogénésai-je le soir de ma discovery, ne la reconnaissant pas au début sur sa photo de profil.

Je n'aurais jamais pensé à elle comme possible amoureuse de mon mari. Il mange à tous les râteliers, ça brasse large. Me vient à l'esprit la rassurante pensée qu'elle lui court après pour faire "chier" Marie, qui est l'amie de Didier, pour se venger du fait que notre redoutable amie ait voulu lui piquer son mec, il y a quelque temps. Un vaudeville quoi. Oui, bof...

Oh la belle rouge !

Une (quinqua) sémillante, mère d’éclaireurs, qui venait en divorcée aux réunions de scoutisme, un réseau de plus pour lui… Quelle tuile, elle habite à côté, dans le 17e. Il la croise au marché et ils se boivent des cafés en terrasse. Celle-là pas de doute c’est une chaudasse, rayonnante et bavarde, décolleté pigeonnant, toujours à la dernière mode.

« Oh la belle rouge », son commentaire à lui sous sa photo de profil. Assise dans un fauteuil au soleil lors d'une fête, elle croise très haut ses jambes gaînées de rouge, porte des cuissardes en daim clair, une tunique rouge éclatante bien décolletée. Porte un verre à sa bouche, tient une clope entre ses doigts. Les cheveux blonds (et teints) ramassés en chignon mèches folles. Super bandante quoi. La saaalope ! (prendre l'accent de Guy Bedos dans le sketche "La drague" - référence datée mais pas trouvé mieux).

Beaucoup plus vieille que moi, de 2 jours... (« HB miss ! » lui écrit-il le D-day). Une coach d’entreprise, médiatrice spécialisée en communication, tendance confiance et estime de soi. Un métier à la mode, comme elle. Une femme d’affaires également, qui loue sur le web très cher son mas en Provence. Il ne serait certainement pas contre le fait de la faire louer (au sens de "louanger", faut tout vous dire) son mât à lui à Paris.

Grande bringue diplômée de psychologie, dotée d'un mur facebook bariolé de blagounettes engagées, ça va de "Sauvez l'ours des Pyrénées" à "Justice pour Cecil, célèbre lion menacé", façon bric à brac féministe, altermondialiste et gaucho bien pensant. Un gloubi-boulga (enfin la bonne orthographe !!!) proliférant - plusieurs salves par jour -, arrosé généreusement de pensées positives et paulo-coelhiennes, niveau collège. Il va s'en lasser de chignon mèches folles (un jour, dans 15-20 ans), moi je vous le dis.

Florence la chaudasse lui parle aussi du festival d’Avignon. Il l’a envoyée voir la pièce de son Arletty, qui se jouait en juillet. Elle s'excuse de ne pas avoir répondu à son texto, va « lui en reparler de vive voix» (mais ils se voient souvent ou quoi ???) "Je ne regrette pas du tout d'y être allée". Ont eu le temps depuis de reparler du Festival, et plus si affinités...

Mon Dieu, il les amène où il veut, vers son lit aussi ? A dû elle aussi avoir l'honneur de lire sa pièce, tu m'étonnes elle est belle et elle est vivante en même temps... Elle a trouvé la comédienne "impressionnante, ton amie". Tu parles, Françoise, grande actrice (plus d'1,75 m) est le fantasme absolu du mari en matière de belle brune, et allez encore une.

Je suis jalouse again and again

Florence-depuis-la-Provence parle à son copain Didier comme si elle le voyait tous les jours, ont l'air intimes. Je n'en reviens pas, mon mari cet inconnu. A nouveau mise en face d'une évidente complicité entre lui et quelqu'une, complètement inattendue, qui m'échappe totalement. Tous ses secrets, en plus des miens.

Dans son coup de fil, elle ne demande pas spécialement de mes nouvelles. Suis la femme aveugle et invisible, pas même gênante. Une quiche. Elle me connaît bien un peu pourtant, je suis la mère de Samoyède, on avait bien ri ensemble autrefois autour des éclaireurs. J'ai même passé avec elle et sa famille, sinistre mémoire, la dernière soirée de vie de mon frère, qui allait se suicider le jour d'après la fête éclaireurs, à 550 km de là, le 6/2/2011, cherchez l'erreur. Je n'avais fait que pleurer cette nuit, après la fête des parents, la détresse de la soeur. Rien à côté de celle du frère.

Pas de jalousie amoureuse (d'amour, il n'y en avait pas) ce samedi soir 5/2/2011, dans la salle associative à Pantin. Juste l'accablement bien connu de me voir si moche si conne en ce miroir, à côté des heureux du monde ou qui font-comme-si. C'était plus douloureux que d'habitude, passé la soirée sans qu'on me parle, à les regarder rire, à jouer toute seule aux stands des scouts. Ma pauvre fille regarde toi c'est lamentable, tu es définitivement incapable de tenir ta place, de jouer le jeu. Dégage de la table joyeuse, de la vie version bonne franquette. Hip hip hip attention grand jeu, les parents chez les scouts. Mon curé chez les nudistes, j'aimerais autant. C'est toujours sans moi partout. Cette insoutenable non légèreté de mon être, la faute aussi à ce bégaiement réducteur, quelle merdouille. Vomir, puis en finir, j'y avais pensé alors. Le jour d'après, c'est Christophe qui descendait sur les rails, une osmose de jumeaux cette nuit là, sans qu'il en sache jamais rien, pour rien. Voilà les jolis souvenirs que j'ai avec Florence qui rigole bien.

Ce matin sous ma douche je hurle des sanglots venus de très loin. La peur d'être abandonnée, qu'il me rejette à nouveau, perdre tout ce qui m'importe. J'ai perdu tout ce que j'aimais, bientôt. Quel optimisme. Back to solitude. Parce qu'elle est jolie, qu'elle sait bien qu'elle lui plaît et qu'il a une petite idée derrière la tête. Qu'elle n'est pas du genre non plus à avoir laisser passer plus d'une semaine sans sexe, pas comme sainte sosotte.

Même s'il va me jurer bientôt que rien ne s'est passé et que rien ne se passera, je vois l'avenir dans ma boule à zéro. Il a les couleurs de son chignon mêché.

N'avoue jamais

En regagnant tard le soir (deux heures de retard, tout le répondeur et l'historique y sont passés) la chambre où m'attendait (impatiemment, je me l'aime) mon félon adoré, j'ai pleuré en silence pendant l'amour. Le matin j'ai parlé sans y toucher, en faisant attention de ne pas trop faire claquer mes gros sabots d'Anna Stasi, comme il m'appelle, aux oreilles du grand gentil d'amour qui s'occupe si bien de mon body body. Je ne lui ai pas directement demandé façon Kommandantur s'il s'était occupé aussi du cul de Foliquéquette.

Sommé par ma voix vacillante de me parler une fois de plus "de ses copines", et des "copines de Marie" (en particulier), il n'a pas cillé. N'a fait aucune allusion à cette Florence tombée du ciel, qui doit le revoir bientôt, pour parler d'Avignon et de leur prochain festival personnel à venir peut-être.

J'ai bien remarqué (rien ne m'échappe) qu'ils sont amis sur Facebook depuis mai 2013, comment se fesse ? [Il l'a invitée le 13, elle a accepté le 14. Merci l'historique.] Début 2013, l’époque où tout s’est dégradé, moi sombré dans la déprime au plus profond devant tant d’avanies, et lui dans la quête amoureuse...

Le message date de la mi-juillet, coup de fil du jeudi 16 juillet à 20:57, durée 1 mn 41. On attendait à ce moment là le début d'une "Nuit romane", un festival de spectacles (où on aime bien aller picoler, c'est gratuit), en Poitou-Charentes près de Royan. C'était 5 jours avant nos retrouvailles : soit il n'a pas du tout entendu son téléphone sonner pendant le concert de musique africaine ; soit il a bien du mérite d'avoir préféré ma p'tite tête à son air et sa voix canaille. Elle avait déjà appelé sans laisser de message à 11 : 32. Quelle frénésie.

Il ne m’a pas dit un mot de ce contact téléphonique, comme de bien entendu. J'avais bien vu, le soir de ma découverte ciel-mon-mari-me-trompe, dans la liste de ses SMS un texto envoyé à une nana inconnue, parlant d'Avignon, mais n'avais pas prêté plus d'attention particulière à ce message porteur d'une histoire de théâtre. Sans intérêt, toujours son Arletty. Seules ses histoires de peinture m'intéressaient alors, bécassotte.

Curieux, il a effacé ce texto tout de suite après l'explication du Koud à Koud, alors que les sabots dondaine de la peintre ont traîné sur son portable beaucoup plus longtemps. Celle là la pauvre, voilà qu'il l'a appelée vilaine... Par contre toute la correspondance électronique de Florence a été soigneusement effacée, plus rien à me mettre sous la dent. Il me dira plus tard que ce n'étaient que des invitations à aller boire un jus au café du coin, "t'as cinq minutes pour boire un café ?" Tout au long du printemps dernier, depuis qu'il l'avait revue par hasard au marché en train de distribuer des tracts. Comme il adore parler politique et fréquenter les jolies filles, le dialogue a dû être serré comme leurs cafés. Comment savoir de quoi parlaient ces messages ? Ah curiosité insatisfaite à jamais, si j'avais compris avant... S'il a effacé les siens avant ceux de l'autre (la peintre aux indéniables talents de poète, faut suivre), c'est qu'il y a, qu'il y avait grosse anguille frémissante sous roche. Il se révolte : "Alors on n'a plus le droit d'aller boire des cafés avec ses copines ?" Ben non, pas du genre chieuse nympho narcissique qui te mènerait par le bout du nez, c'est vite vu.

Je préfère encore la grande artiste du lycée, ses travaux et ses jours, ses métamorphoses. Contempler son oeuvre, de loin. Que mon coeur s'apaise, vers le calme et le silence. Je retombe amoureuse. Ca ira, tu verras.

Complément d'enquête : il a posté le 19 mai sur le mur Facebook de Flonflon de la fête l’annonce du vernissage d’un sculpteur, un copain de C., appelons la "Olga", une amie peintre. Sans rajouter de commentaire, juste l'information sur le mur, juste un tag. Un coup de fil avait dû transmettre l'invitation. Ne sais pas s’ils y sont allés tous les deux, Chaudasse et lui, à ce vernissage. C’est plus marrant aussi de rentrer à deux, après.

Pas reçu de carton d’invitation moi (entendre : d'invitation à l'événement Facebook), pourtant j'aurais bien aimé revoir la belle amie peintre dont-l'ami-expose-ce-soir-là, pas été invitée à ce vernissage par Olga l'aînée des trois soeurs (voir ladsou)... L'amateur d'art avait dû choper l'info sur son fil d'actualité facebook, il n'a que ça à faire de ses dix doigts, il y est tout le temps fourré, il a l'écran très tactile.

Les trois soeurs

Entres les trois héroïnes ci-dessous, son coeur balance. Appelons-les comme les "Trois soeurs" de Tchekhov : Olga, Macha et Irina. Il aurait voulu se marier avec les trois, avoir des enfants avec elles, c'est la famille qu’il aurait aimé avoir. Les enfants que j'ai eu avec lui, et moi aussi, on les adore aussi.

"Olga", c’est une peintre connue et appréciée, elle aussi. C'est celle qui a le pote qui vernisse ce soir là, c’est l'une des trois sœurs, l'aînée de la fratrie. Une très belle femme, aux cheveux roux merveilleux, qui ne fait pas son âge, née un an seulement après mon didi qui n'aime que les plus jeunes que lui. C'est une grande femme, presque aussi haute que lui ("ce grand paquebot !") Elle rit haut et fort, s'habille vintage et mode, porte bijoux ethniques ou bouts de ficelle sans ostentation, tout lui va, c'est une artiste et son goût est sûr. D'ailleurs, elle n'a pas cédé aux avancées de mon Didi jeune homme. Il l’adore depuis très longtemps, c'est celle qui l'attire et lui plaît le plus. Il  l'a draguée - il faut oser, l'ex-mari alors jeune papa offusqué s'en souvient encore, alors qu'elle allaîtait son bébé, un grand gaillard de 35 ans aujourd'hui. Didi raconte qu'"elle est encore en ce moment en rupture de mec, une fois de plus" ; il a l’art de savoir ces choses-là, elles se confient toutes à lui... brave didi, quel bon copain.

"Irina", trois ans de moins que lui, c'est celle qu'il a rencontré en tout premier. A la Chapelle des Lombards, ils dansaient la salsa. C'est parce que je me suis collée serrée à ses jambes plus vite qu'elle, le soir de notre rencontre chez elle, total hasard, que je suis là encore là aujourd'hui. Il devait bien la faire rire, aussi, au début des années 80. Il était amoureux, mais pas elle. Du haut de ses 27 ans, elle 24, il lui a présenté son coeur et une bague de fiançailles. "Elle m'a répondu deux trois conneries, à côté de la plaque" (et a gardé la bague). Bon camarade, il a continué à la voir, en espérant qu'elle changerait d'avis un jour.

Mes 19 ans tout droit sortis du train Corail Paris-Libourne se sont immiscés entre eux par hasard, rencontre fortuite sous les toits rue Sainte-Marthe chez Irina. Jamais vu un garçon aussi rieur, aussi drôle, charismatique que lui. Le vieux copain d'enfance qui avait invitée la petite provinciale (bibi) à Paris pour la sauter en a été pour ses frais, fallait pas nous présenter. Je suis restée scotchée à Didier, sous son charme. Ils vécurent heureux quelque temps et eurent beaucoup d'enfants. Elle (par dépit ? c'est ce qu'il aime croire...) est partie en Suisse travailler aux Nations Unies, la Belle du Seigneur.

Comme c'est un gros sentimental mon mari, il a toujours gardé un crush envers elle, superbe comme ses soeurs. Il l'invite à venir le voir quand il joue avec son groupe dans les Alpes, où elle vit (au moins une qui ne risque pas de prendre souvent des cafés au marché avec lui). Une infirmière en plus, il lui déboutonnerait bien la blouse blanche. Elle serait plus qu'à même de lui administrer ces piqûres bien placées, dont il me parle, pour lui rendre la verge "grosse et dure pendant deux heures". S'il le dit.

"Macha"-Marie, c'est la plus jeune de la fratrie (mais la cadette chez Tchékhov). C'est la meilleure copine, celle qu'il voit très régulièrement, l'invitant chez lui, au resto, au spectacle. C'est une très bonne amie à moi aussi. Très intelligente cette Macha là, hyperactive, hypersensible, hyperbelle, et of course bien plus drôle que sa vraie sister à lui. Toujours des tas de trucs à se dire, elle et moi, elle et lui. "J'aurais eu des tas d'occasion avec elle", fanfaronne-t-il.

Certes, il ne serait pas contre un rapprochement et plus si affinité avec les trois soeurs, il me le répète depuis trente ans. C'est une illusion marrante, un fantasme avoué. Mais il les connait trop toutes les trois, elles aussi "il les passerait par la fenêtre", comme la peintre, la grande artiste qui lui compte les calories de son verre de martini blanc lors d'un déjeûner terrasse au soleil à Saint-Germain. Il ne fantasme que sur les femmes fortes et de caractère, et il a épousé leur contraire, c'est plus facile pour gueuler. Mais c'est qu'il ne ferait pas deux mois chez elle, à leur donner des ordres depuis leur canapé. Ou bien il s'achèterait une conduite, changerait, se ferait tout petit devant les poupées qui font maman quand ils les touche.

Et puis depuis le temps qu'il les connait, il ne voit en elle que des vraies amies, des soeurs pour lui, dit-il. "Enfin, si elles voulaient bien !" plaisante-t-il. C'est fatigant à la longue, change de disque Casanova.

La semaine dernière, week-end du 15 août, il m'a laissé à Libourne chez ma mère et a roulé près de 300 km pour aller voir avec elle un festival de rock. Il a passé une nuit chez elle dans sa campagne, "Elle dormait deux mètres au-dessus de moi et on était tous les deux seuls dans la maison. Et j'étais en pleine excitation à ce moment là, j'étais hyper sexué ! " (notre festival sexy 24/24, qui le met en joie, ô mon chéri). Ses hormones en folie lui donnent des idées incongrues, il se croit le roi du monde. Le matin, pressée par l'autoritaire de quitter la table du petit déjeûner pour aller je ne sais où, Marie, toujours nature, lui répond "qu'il faut d'abord qu'elle aille faire sa toilette", et puis qu'elle n'a "même pas de culotte". Le voilà tout échauffé, à échafauder des théories, "mais qu'est-ce qu'elle a voulu dire", c'est qu'il s'imaginerait des choses, ta gueule Cupidon.

Deux jours plus tôt à Libourne, s'était senti "tout retourné" de la "caresse dans le cou" que lui avait fait (?) ma vieille amie Catherine, qui nous invitait tous à dîner. "Elle voulait me donner le reste de toute sa tarte aux prunes, et toi tu n'as pas voulu ! Et elle m'a mis la main dans le cou, en disant "je suis sûre qu'il en veut bien de ma tarte, Didier". Les bras m'en tombent de tant de naïveté grotesque. Et d'esprit mal tourné. Nos vieilles copines sont capables envers lui de gestes ou de remarques légères et spontanées, et de marques d'amitié, fussent-elles tactiles, avec ou sans le port de la culotte, sans que mon bourreau des coeurs se croit devenu soudain le centre du monde. Voilà qu'il me serinera à maintes reprises "On invitera Catherine et son mari, et moi j'irai la consoler dans sa chambre (la pauvre a plein de malheurs), et toi tu t'occuperas de Bernard". Non mais, il veut des baffes ?

Grosse déception aussi, "Irina" n'était pas là. Il a fait tout ce voyage en Limousin en fantasmant un peu sur les deux soeurs, espérant être l'instrument (pas turgescent, quoique) de leur réconciliation. "Marie m'a dit qu'elle a beaucoup maigri, elle est superbe". A piaffé pour rien, Irina qui vit en Suisse n'est arrivée qu'après son départ à lui, et les soeurs sont toujours fâchées.

Ce petit séjour amical en Limousin lui a permis néanmoins de remarquer que les boobs de Marie sont beaucoup plus petits qu'avant, il a les yeux qui traînent partout. Serait-ce dû aux mêmes bistouri et opération "je- lâche-du- lest" qu'Isabelle Huppert en son temps, bye bye gros nibards. "C'était ses attributs principaux !", regrette-il, l'amateur de mamelles.

Avait-il remarqué que Flouchardette était gaulée (bien, je sais) plutôt planche à repasser, sole limande et ventre plat ? Dommage, c'est que monsieur aime en tâter du mamelouk... Pas des valeurs partagées par lui, la minceur et la morne plaine. Les "valeurs partagées", ce terme issu du jargon du "management par la confiance" (en train de me taper pour le boulot un opus de coach, "Manager l'humain", illisible de connerie prétentieuse). "Le management par l'humain, le credo de sa Flo-Birkin, la formatrice dont il n'a pas goûté les oeufs sur le plat.

Sinon, au fond de lui, ne se précipitait-il pas aussi en Limousin pour fanfaronner un peu sur ses aventures de Don Juan devant quelqu'un qui saurait apprécier l'exploit ? "J'aurais pu sortir avec cette fille que tu connais mais je n'ai pas voulu...", s'est-il vanté. A qui d'autre que Marie se confier ? Moi, je ne savais rien, ignorais l'existence de la fille du répondeur. Mais fier et coincé comme il est, il n'a pas dit grand chose sur son histoire avec l'ex-copine.  Elle en aurait eu pourtant des choses à lui expliquer, Marie, qui comprend tout et ne juge pas, pour qui l'"humain" (valeur prônée-brâmée par the starlette), ça veut vraiment dire quelque chose.

 

Dans la grande famille des trois soeurs, il ya aussi des frères, une mère.  M. est une grande dame, il l'aime beaucoup aussi. Un personnage homérique, haute taille, voix de stentor, menton volontaire. Très drôle, de la personnalité (écrasante ?) Pas effacée comme ma mère, ou d'autres femmes de sa génération, une vraie femme de caractère. Ses filles façonnées à son image, ou contre elle. Influence marquante c'est certain. Il aurait bien pris pour belle-mère cette professeur de musique tonitruante et généreuse, qui lui avait dit en riant autrefois : "Elles sont belles mes trois filles, hein, tu peux choisir celle que tu veux, je te la donne !" (la dame grande et généreuse est morte hier - fév. 2016 -  de son grand nombre d'années, tristesse).

Mari volant, la liste de ses envies

Mari-volant-se-voulant-volage (le coeur volant de Louveciennes !) a dû envoyer des signes explicites de son nouveau célibat à toutes les femmes de son carnet d'adresses, via les réseaux sociaux, et évoqué les trois petits étages seulement à gravir pour accéder à sa garçonnière. Il n'aime pas ce mot, "ça fait vieux beau". J'égrène à l'envi la liste de ses envies.

- Les premières à avoir franchi le seuil de la grotte de l'ours furent Marie et ses soeurs, et quelques étoiles de leur comète. "J'ai passé de bons moments dans ta jolie tanière, merci !", lui écrit-elle. De très vieilles amies à lui donc (à nous, c'était avant), quasi des sœurs pour lui aussi, croyais-je dans ma gourdasserie extrême. Avant tout de très jolies femmes, libérées et libertines, quinquas ravageuses, toujours entre deux mecs, toujours en chasse. Vivant leur vie en solo souvent, toujours courageuses, toujours au front. Avec ou sans les hommes, ou tout contre.

Deux des soeurs ont monté les marches de chez lui. Elles ont eu peut être eu droit à des bonnes soirées copain-copines (aucun garçon invité), la pendaison de sa crémaillère et autres festivités, dans l’antre du grand loup pas si méchant, qui aimerait croquer dans leurs jolies petites fesses à toutes. Moi pas conviée, sans doute à me faire chier à une triste soirée self-help ou devant une série à ce moment là. Il n’y a plus d’amies.

- Et Françoise sur les planches, son Arletty, quintessence de la Parisenne. Too bad, la femme d'un bon copain à lui, qui pourrait taper fort ; ça ne se fait pas. Non ?

- Et B. ou P. ou S. c'est selon, petite et ronde, blonde, le visage en forme de coeur, de grands yeux bleus. Artiste et écrivaine ; il est le principal collectionneur de ses oeuvres. Elle a lui écrit hier par mail que « le matin elle dort, le midi elle mange, et l’après midi, « toute disposée ». A quoi ?

- Et Zaza, belle comme un coeur, une amitié sans faille, "mon Didi forever" ?

- Et allez donc, toutes ses élèves de Perpignan, Catalanes de 22 ans toutes plus jolies les unes que les autres, buvant des Mojitos avec lui aux terrasses des cafés. C'est un peu loin, je n'arrive pas à entendre tout ce qu'ils se disent. Il a 40 ans de plus qu'elles mais n'hésite pas quand elles viennent en stage à Paris à les inviter chez Chartier, c'est tellement parisien, ou bien au théâtre avec mes places gratuites, le salaud.

- Et Samira, une copine de Marie, comme toujours, il n'hésite pas à la relancer suite à une bonne rigolade au vernissage ou Choupinette-floflotte invitée par ses soins n'est pas venue tant pis pour elle ; il a osé glisser par mail à l'art-thérapeute franco-marocaine le très léger : "Je vois sur Facebook que tu habites dans le 18e, moi aussi, c'est dingue non ?!" Pas de réponse, retour presto à la case de vide de Folle-rance.

- Et les masseuses chinoises toujours prêtes à lui tripoter la nouille, toutes folles de son rouleau de printemps, il leur rend visite depuis des années, il l'a avoué. [Bonjour, je m'appelle Ping-Pong, montrez-moi vos balles !]

- Et pire que tout (parce qu'il y a preuves, Madame le juge), il y a les sabots d'Icelle, son premier amour du lycée, recuit dans la cocotte d'un flirt chaud bouillant ? C'était hier, c'est encore là.

- Et aujourd'hui les sabots suédois (c'est revenu à la mode) de Florence la fermement engagée (lui itou), qui lui fait comprendre qu'il lui tarde d'avoir de ses nouvelles, de le revoir à Paris ?

- Et toutes les autres que je ne soupçonne même pas, toutes les filles du monde de Paris et de France, qui pourraient bien un jour attraper sa main tendue ?

Mon DSK, je serais ton Anne Sinclair désargentée. C’est avéré, mon Don Juan érotomane ne pensait plus qu’à ça, se cherchait des copines de jeu tous azimuts. Il les a trouvées, d'ailleurs... Et pas que ces branleuses de masseuses annamites... «J’en ai eu plein aussi des copines gratuites, elles faisaient la queue dans l’escalier », plaisante-t-il. J'ai dû installer une machine à tickets, comme à la Sécu. La 21, s'il vous plaît !" Espèce de beau parleur rigolo, je ne ris qu'à moitié.

Tout ce réseau d’entrelacs, tout tourne, j'en oublierais presque l’artiste officielle, la veille encore l’objet de mes foudres , j'éprouverais presque de l’affection pour elle aujourd’hui, une silhouette parmi tant d'autres possibles, se détachant juste un peu plus. Non, beaucoup plus, je n'oublie rien.

A moi les petites Anglaises (y penser)

Ca commence à me fatiguer, je ne vais quand même pas passer mon temps sur le web à publier un article pour chacune des filles qu’il a envie de se faire. On n’en finirait pas. Et la liste de mes envies, à moi, qui l’écrit ?

A sa décharge (pas de mauvaises pensées), il me dira gentiment, tout de suite après sa fanfaronnade affectueuse des "copines gratuites" massées dans l’escalier : « Quelque temps avant qu’on se retrouve, j’avais fait un auto-sondage, finalement qu’est-ce j’irais ailleurs chercher quelqu’un d’autre que ma boubou, qu’est-ce qu’elles ont de mieux, c’est toi la meilleure, la mère de mes enfants, c’est toi que j’aime ». Je devrais me contenter de mon bonheur actuel, bien réel. Mais c'est une maladie, elle court elle court ma jalousie peine à jouir, j'anticipe et je me fais du mal à l'avance. Peut être pour rien, c'est un sentimental mon Didou, il aime en moi retrouvée l'idée que je sois la mère de ses enfants. Pas seulement une jolie fille avec laquelle il peut s'afficher en terrasse à La Chope (mais que font les voisins ?).

Il est sincère sur le moment quand il me glisse ça à l’oreille en me serrant fort, et je lui suis tellement reconnaissante de ces mots doux qui me font un bien fou. Je choisis de ne rien dire de mes dernières conclusions, pour rester dans cet état de grâce. Avec toujours un oeil sur les messageries. [Vais bien réussir à tenir deux jours, avec ma langue bien pendue à lui].

Mais le temps est bien court à vivre et à profiter. Et lui il en a plein désormais, du temps libre, encore jeune retraité qui continue à faire des missions de-ci de-là, qui lui laissent de grands pans d’agenda à remplir. Tandis que moi à longueur de temps arrimée à ma tâche, Anne ma soeur Anne Sinclair dans ma tour. Il a aussi un carrosse, on le sait, pour Versailles ou ailleurs. Même un vélo électrique (qu’il n’aille pas tomber), pour aller courir les routes, les rues, la gueuse.

Moi, nada, pas tant de copains d’avant à retrouver. Je pourrais me secouer et en chercher des nouveaux sur Meetic ou ailleurs, mais j'ai la flemme et la concurrence est rude. Je baisse les bras d’avance et en laisse tomber ma poitrine encore plus bas. La drague en réseau, ça me fait peur.

Aux sites de rencontres pleins d'inconnus, préférer l'option rassurante et navrante d'aller trouver les sex friends des familles que je me suis dégotés illico presto, pour assouvir mon plat qui se mange froid (gâteaux secs et clairette de Die, soyons fous) : papa-maman dans leur atelier XVIIe du Marais, avec poutre apparente. Drôle de vengeance, j'y vais tout droit en ne pensant qu'à elle, sa Flo, à travers mes larmes. Je ne pense qu'à elle, à lui, à eux ensemble.

Pas à mes nouveaux tôliers accueillants, bien gentils les pauvres pourtant. Les heures passées à l'atelier ne me sont de rien (peindre et faire l'amour, on dirait un film des frères Larrieu). Juste un peu de baume sur mes blessures d'amour propre et d'amour tout court. Qui ne fait rien cicatriser et me laisse la gueule de bois. La clairette qu'ils me servent est bien tiède, pourtant j'en boirais presque au goulot, après ce qu'on ne peut appeler l'amour, pour me laver la bouche. N'est même pas drôle, notre porn vaudeville qui se joue en monument historique, en haut des escaliers vénérables, sous les combles aristocratiques de notre marécage en plein marais. Me remonte juste un peu ma cerise toute vidée d'estime de moi. Après sa tromperie, la minable mienne. Mon infidélité en plus de la sienne, les nuages s'accumulent.

Autre option, comme lui, penser à des filles moi aussi, qui voudraient bien autrement qu'en rêve me lécher le bonbon. L'amour entre filles, si longtemps que j’en ai envie (en fait je préfère le sexe fort, au jour d'aujourd'hui, ndlc). A mon travail il y a de beaux spécimens, mais ni queer ni trans ni LGBT ne m’ont fait de l’œil à la cantine jusqu’à présent. Moi aussi je vais me trouver des copines délurées, tiens.

Et s’il croit que je vais les lui présenter…

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sur le pont, on y danse ?

sur le pont, on y danse ?

Rédigé par Gloubigoulba

Publié dans #je veux de l'amour, #infidélité émotionnelle, #the pintade

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