Une affaire d'importance

Publié le 28 Septembre 2015

Dégage sorcière, tu es faite comme un rat !

Dégage sorcière, tu es faite comme un rat !

Affres de la jalousie

Suite de l'article presque éponyme "The Affair" (mais beaucoup plus naif, publié 30 jours plus tot, j'étais bien moins informée alors des affaires intimes de mon mari le latin lover...)

Ouille ça fait mal, j'ai été bien eue... Il n'a fait que me mentir, par intromission (larvée). Leur affaire était plus sérieuse que toute ma naïveté. Une centaine de SMS et messages échangés entre fin avril et mi-juillet, les feuilles des factures de téléphones toutes stabilotées de jaune, des salves à chaque fois, à toute heure du jour, tard le soir, tôt le matin, bien plus qu'avec la grande artiste. Flo-flo occupait toutes ses pensées de vieil ado dévoré de brand new pensées lubriques, qu'elle alimentait savamment, la reine du regard complice et du décolleté pigeonnant, allumeuse qui l'avait bien trouvé, son coeur d'amadou. L'avait "ensorcelé", il ne se sentait plus, sur un petit nuage, tellement content je suis sûre de ces rencontres prometteuses, il va arriver à la niquer c'est sûr, elle lui sourit de toutes ses grandes lêvres.

Imaginer l'attachement que mon mari a pu ressentir pour cette simili bombasse de 53 ans qui se laissait inviter, approcher. A cru qu'elle lui faisait les yeux doux, c'est ce qu'elle faisait, pour jouer. Attirance, attraction. Je sais presque tout, à force de déductions. J'y perds tout mon temps, néglige à profiter du présent, reste dans le passé qui s'est produit derrière mon dos, il y a soixante jours. J'ai besoin de savoir. A toutes mes questions, il a opposé son déni, a passé son temps à nier, "pour me protéger". C'est celà, oui, j'en suis tombée malade (de jalousie).

Je ressens tous mes moments de bonheur, depuis avril dernier (sans parler l'automne pluvieux du simili amour lycéen du mari avec peintresse), comme nuls, faussés, trompeurs. Du leurre, du fake. Les événements m'ont nié, ça m'a nié (du nom de mon presque village natal...) Se sont vus plein de fois, des rencontres en soirée même, bien au délà des cafés crème rassurants qu'il me servait sur son plateau mensonger, au début de ma découverte... Une chance, il s'est absenté un peu de Paris en juin, elle ne l'a pas eu tout le temps pour elle.

A maline, maline et demi. J'ai gagné (ai-je gagné ?), c'est moi qui suis dans son lit, à ce menteur aux yeux doux. Ca me gache mon amour n'empêche. D'autres que moi iraient divorcer vite fait, au lieu de se laisser passer une nouvelle alliance (en argent cette fois) au doigt. Je l'aime je n'y peux rien. Je n'ai pas pu refuser cette déferlante d'amour qui m'est tombée dessus quand on s'est retombés dans les bras, mari et femme, boy and girl, young and new again. Reborn.

Si j'avais découvert leur histoire, leur "affaire" toute frémissante encore, en même temps que celle de sa peintre, je serais peut être partie. Savoir que cette fille était encore si présente à son esprit il y a si peu de temps, c'est cuisant, humiliant. Mais c'était trop tard, trop dur de rompre après tant de si belles nuits de notre amour retrouvé avec lui. Quand j'ai découvert son infidélité avec sa loucharderie rossinante (je me comprends), trop d'amour entre lui et moi avait coulé sous les ponts d'Avignon. Choisi de rester avec lui. Mais je n'oublie rien, et aussi je veux tout savoir.

S'il faut encore recopier les trucs qui me sont tombés sous les yeux grâce aux nouvelles technologies, il lui écrivait des trucs comme : "Je croise les doigts pour l'Oréal (son boulot) mais ça me prive d'une soirée avec toi" (deux jours avant de partir en week-end avec moi en thalasso). Et cruel destin, n'est-ce pas la veille de partir à Saint-Jean-de-Monts qu'il sort avec elle dans un resto de la rue Cavalotti, il m'avouera cette soirée, celle où elle l'allume à mort "les cuisses à l'air, un short ras la touffe, on voyait sa culotte". Le pauvre, qu'est-ce qu'il a dû souffrir.

Le week end thalasso fini, texto à 22h, il est à Lyon avec ses deux fils, il l'informe de sa soirée en leur compagnie en ces termes : "Un rare moment de bonheur. Ca console". Ca console d'avoir été floué, abandonné à ses illusions. Ca console de n'avoir pas réussi à la mettre dans son lit.

Car elle lui a dit la vilaine (appel ? texto ?) : "Restons-amis veux-tu" (dé-çu !!), elle l'a prévenu qu'elle ne voulait qu'une amitié, "ne tombe pas amoureux de moi" (malgré que je prenne plaisir à ce que tu prennes plaisir à regarder mes cuisses. Tout ça pour ça... Après lui avoir écrit, l'avoir rencontré des tas de fois. "Elle m'a dragouillée, allumé". Pour rien alors. Pauvre de lui. Heureusement que j'étais là un mois après, j'aurais au moins servi à lui soigner sa blessure narcissique. Sophie, toujours la reine de la seconde main. Toujours en deuxième choix. Troisième, même. L'objet initial de sa convoitise n'étant pas disponible.

"Elle m'avait envoûté", "J'avais une double vie", s'explique-t-il. Séductrice, "perverse narcissique", elle "a joué avec lui", le rencontrant très souvent, profitant de sa compagnie. Lui faisait le petit coq, trop flatté de la présence d'une jolie femme décolletée et super apprêtée à ses côtés. "Que dirais-tu d'un déjeûner au soleil", lui écrit-il début juin, un samedi jour de travail pour moi.

Des soirées en tête à tête (à claques)

Dire qu'il m'a juré sur la tête de Clara qu'ils n'avaient jamais rien partagé d'autre que des cafés... Plus tard, il avouera que "oui, souvent [il] est menteur". Mis devant le fait accompli de mon mouchard électronique, il confesse des soirées cinéma, pire, la Fête de la musique avec elle. Je finirai par comprendre (le 9 novembre seulement, ndlc - l'enquête n'a pas de fin, même s'il me dit ce menteur "maintenant tu sais tout") que le 21 juin il a passé toute la journée avec elle, s'est tapé du hip hop au square Carpeaux et des chorales à Montmartre (20 rue du Mont-Cenis : tout mon quartier est pollué désormais). Avant, c'est incroyable, de descendre à pied avec elle de la butte au canal Saint-Martin, pour aller prendre des cocktails et la regarder danser au concert de musique africaine proposé par le Comptoir général, un beau bar restaurant branché. Lui assure ne pas avoir dansé (mais qu'il est bête). C'est peut être là qu'elle s'est dit que papy Didier était un peu plan plan, de ne même pas faire collé serré à coté d'elle "en sueur, elle était pas très belle". Oui oui oui, elle l'a quand même fait marcher des kilomètres durant, de Montmartre au canal, s'est-elle rendue compte que c'était un exploit, Clara notre fille n'en revient pas non plus. Il l'aurait laissée c'est curieux (mais où est la vérité) pour aller au Point Ephémère, quai de Valmy de l'autre côté du canal (25 ans de moyenne d'âge) pour retrouver ses étudiants de Perpignan (et est rentré seul en taxi, hum).

Plus douloureux encore (je boirais le calice), ses 4 SMS vers elle le soir du 20 juin (c'est la veille, il n'arrêtaient pas), pour lui proposer ma place de théâtre, j'étais coincée dans un train de banlieue de retour d'une randonnée avec mon CE dans les Yvelines, avions visité la maison d'autres amoureux de légende, Louis Aragon et Elsa Triolet, elle est communiste comme eux. Je ne verrai pas "Liliom" de Ferencz Molnar à l'Odéon-Berthier, dommage j'avais payé ma place et surtout j'aurais adoré passer cette soirée avec mon mari. L'ai appelé pour lui dire de peut être vendre ma place, que je risquais d'être très en retard. Aussitôt, il lui a envoyé des textos pour lui dire de venir, "elle habite à côté" - oui c'est ça. J'ai bien senti son ton sans réplique, métallique, fermé, quand j'ai rappelé au sortir du train, j'avais le temps d'y aller en fait, il aurait pu laisser ma place à la caisse. J'ai été un peu interloquée alors par son attitude, non il n'en était pas question, c'était trop tard, je n'avais qu'à rentrer directement à la maison. Il espérait qu'elle vienne, il le lui avait proposé, il n'étiat plus question que je me pointe. Mais trop dommage, finalemnt elle n'a pas pu venir non plus, il a vu la pièce (un vieux mélo très bien mis en scène) tout seul, "elle était avec sa soeur". Pas grave, le lendemain vont se rattraper. Le salaud, lui avoir proposé ma place et m'empêcher de venir, rien que ça. Je ne m'en sors toujours pas.

Débuts : comment il la "Chope"

Je me demanderais toujours quand il a bien pu rencontrer "pour de bon", de façon décisive sa passionaria bobo d'extrême-gauche (pléonasme), très présente dans sa vie depuis qu'il l'a revue par hasard (début ? milieu ? fin ?) avril, en train de boire un café (leur premier ensemble) à La Chope à Guy Moquet, ce café brasserie du 17e devant lequel je ne peux plus passer. Etait-ce un jour de semaine, un après-midi où je m'usais les yeux sur mon écran ? Mon intuition me dit que leur rencontre décisive date de la mi-avril, juste avant les vacances de printemps.

Ils n'ont rien à faire d'autre qu'aller glander au soleil ces deux là, et il va faire chaud tout au long des mois de mai et juin, une vraie canicule, on peut s'inquiéter, tout le monde en terrasse. Cette nana est pleine aux as, dixit Marie, travaille peu, toujours prête à partir en vacances dans sa maison au milieu des champs à Eygalières. Voilà que je déteste la Provence. Bon débarras, et lui aussi allait quitter Paris pour quinze jours, Lyon et Royan au bout de l'autoroute.

Il s'est assis à côté d'elle au soleil et là a commencé sa petite stratégie de séduction, blagounettes à gogo et oeillades au rimmel de sa pie jacasse, en avant la séduction à grand coups de cafés rigolades.

Je sais de source sûre que le 16 avril il est sorti tout l'après-midi. Tiens, mon calendrier me dit que le jour de leur rencontre, si c'était bien à cette date, je suis restée recluse malade chez moi, terrassée par une crise d'hypertension. Suis allée voir le toubib, puis dû rester chez moi regarder des séries sur mon canapé. Vague souvenir de la voix de mon mari, un brin tendue ce soir là au téléphone, "ah tu n'es pas allée travailler, tu étais là ?". A eu chaud, encore une chance que je ne sois pas tombée sur eux par exemple en allant voir notre banquier (un bellâtre imbécile de très mauvais conseil, ferais mieux de m'occuper de mes comptes que de compter ses infidélités), le Crédit Lyonnais situé tout à côté de leur lupanar.

Que ne suis-je sortie dans la rue pour les surprendre, dans un aveuglement stupide et stupéfié je me serais assise à côté d'eux pour boire une bière et me réjouir de ces retrouvailles avec cette vieille connaissance, une voisine et une nouvelle amie à venir, je suis si courgette. Non, je n'ai rien vu depuis mon bureau ou mon canapé (comme pendant toute leur histoire), il a pu s'installer tranquillement sur la chaise (en rotin rouge, j'ai bien regardé) à côté d'elle, et en avant pour un festival de saillies dont il aime régaler les copines, grand rigolo va.

On a dit : pas le physique !

N'empêche, ça devait bien être ce jour là, car comment expliquer qu'aussitôt rentré il se soit lancé une heure durant sur son ordinateur dans des recherches sur la chirurgie esthétique et les techniques d'amaigrissement - plus rapides que le régime Dukan qui avait failli lui faire passer l'arme à gauche il y a cinq ans (tiens à propos, qui voulait-il donc séduire à l'époque ?)

C'est que nos deux héros de basse-cour ne sont pas des perdreaux de l'année, ils ont 115 ans à eux deux, A y regarder de près, il y a plein de ridules autour de leurs yeux rieurs. Il pèse quand même 130 kg, porte devant lui une bedaine conséquente et ses cheveux tout blancs accusent sa soixantaine, ça doit le chiffonner son physique pas tout à fait Georges Clooney.

Le voilà lancé dans une recherche frénétique sur les cliniques tunisiennes, moins chères, pour se faire enlever toute cette graisse disgracieuse accumulée, qui ne plait pas aux femmes plus jeunes que lui. Désormais abdominoplastie, liposuccion et aussi chirurgie du contour du visage n'ont plus de secrets pour lui... Tout cela restant totalement virtuel cela va sans dire.

C'est qu'il voudrait paraître un peu plus beau ou un peu plus jeune le pauvret : l'objet de tous ses feux vient de (re)faire son apparition, pas de temps à perdre. Chantecler, de retour chez lui après cette rencontre inespérée, rêve de minceur pour séduire sa poularde de Bresse. Mais pendant les deux mois et demi à venir, passés en grande partie en sa compagnie, notre coq ne perdra pas un gramme (les cafés étaient-ils trop sucrés ?) et ne grimpera pas sur sa pintade. Too bad, la Tunisie ça n'était pas une mauvaise idée (entre deux attentats). Mais tout ça, je ne le savais pas encore.

Début des débuts : période pré-nuptiale

Ne suis pas sûre que ce soit elle qui ait demandé à le revoir, qui ait fait le premier pas de leur danse à deux. En fait je sais maintenant que c'est lui le premier qui a cherché à la revoir, s'est branché sur un post d'elle sur Facebook, où elle mentionnait une soirée Edgar Morin au Cinéma des cinéastes, place de Clichy. Il a sauté sur l'occasion, a osé lui envoyer un message pour lui dire qu'il aimerait bien y aller avec elle. Comme il a tout effacé, je ne peux que supputer (c'est le mot), lui répète qu'il "ne se rappelle de rien". Plus tard, ne supportant pas qu'elle puisse continuer à voir son profil de médaille, j'ai bloqué la donzelle sur Facebook, sorti les grands moyens pour l'écarter définitivement (?), mais du coup c'est ballot je ne vois plus rien de ce que lui et elle ont pu se "liker" l'un l'autre, à partir du mois d'avril.

Me souviens avoir vu pour mon malheur beaucoup de likes et de commentaires de part et d'autre, avant l'éviction de pie jacasse, quand je compulsais frénétiquement leurs échanges Facebook pour établir le timing de leurs relations. Pas difficile de comprendre qu'il a cherché à se rappeler à son bon souvenir pendant cette bête et cruelle séparation des vacances scolaires d'avril, quinze jours où elle (qui ne bosse jamais) et lui partaient dans leurs résidences secondaires (pour lui, mon appartement de Royan, pour elle, sa maison familiale à Eygalières). Non non, pas question pour lui d'attendre une autre rencontre de hasard dans le quartier, d'abord les élections étaient passées elle ne risquait plus de tracter à la sortie du métro, et lui avait dit que c'était tout à fait contraire à ses habitudes de grosse feignasse d'aller traîner au café en terrasse à Guy Moquet. Alors que faire d'autre pour être sûr de la revoir, il a dû consulter son profil tant et plus en exil à Lyon, pous à Royan et lui envoyer des petits commentaires rigolos sous ses posts gaucho-féministes à la mords-lui-le-noeud, pour maintenir le contact espéré.

Ca avait dû beaucoup lui plaire de s'asseoir en terrasse avec une blonde - "ça me flattait d'être avec une blonde, je n'en avais jamais dragué avant elle", aussi aguicheuse et séductrice, qui lui donne l'impression d'exister à nouveau en tant qu'homme. Il a entrevu la possibilité de plaire, de séduire à nouveau (mais moi, j'existe !), car elle a bien ri avec lui, l'a écouté parler d'importance, s'est confiée à lui. Quelle aventure, quelle excitation. Comment attendre que le hasard veuille bien les mettre à nouveau côté à côte, sur un fauteuil en terrasse au soleil on est trop bien, il faudrait recommencer se dit-il. "Elle me draguait..." se justifiera-t-il, lui aussi, un petit jeu sans conséquence ?

Alors tout au long des vacances de printemps il a dû souvent penser à elle, cette rencontre est de si bonne augure, il ne doit pas se faire oublier, ce serait trop bête qu'ils ne se revoient pas. Il commente et like les posts Facebook pathétiques de la fille. "Rrrrr" (toujours subliminal), rugit-il finement sous une des annonces de Choupinette, du genre sauvons les fauves menacés (a t-elle seulement un chat ?) "Didier, tu fais bien le tigre !" répond-elle, griffes rentrées elle le caresse dans le sens du poil, c'est parti pour leur cirque de printemps.

Merci Edgar

Puis se sont sans doute échangé des messages sur Facebook (tout est donc effacé), il dit qu'il a oublifé qu'elle lui a parlé ou qu'elle a mis sur Facebook l'annonce d'un film sur et avec Edgar Morin qu'elle avait envie de voir, et lui saute sur l'occasion, pourquoi ne pas y aller ensemble.

Mais il aurait dû se méfier aussi, ça commençait mal : déjà elle se foutait de lui, en lui posant un lapin pour leur premier rendez-vous du soir (le lundi 4 mai), un film-conférence d'Edgar Morin auquel il s'est ennuyé tout seul au Cinéma des cinéastes. "Je suis agoraphobe", s'est justifiée Choupinette. Pour se serrer contre elle dans le noir, pour cette rencontre si attendue, il avait pourtant quitté le Royan de nos vacances de printemps bien plus tôt que prévu. Il l'a attendue au cinéma pour rien (a fait 500 km pour ce rendez-vous manqué, quand même...) S'infliger un pensum pareil, il était déjà bien mordu.

Quand ont-ils échangé leurs numéros de téléphone, sans doute pas avant ce 4 mai jour où très tard dans la soirée apparait pour la première fois sur ses factures de téléphone son numéro à elle. Il le lui a demandé, ce sera plus simple que juste parler sur Fbk. En rentrant de la projection, où il a trouvé Morin sourd et gâteux, il était ravi de sa soirée, il l' appelée 4 fois, pour lui le film, qu'est ce qu'elle a raté, et lui surtout.

D'emblée, lui avait donné un rendez-vous le soir, il faut oser, après ce premier café en tête à tête à Paris. Qu'il a mûri dans sa tête tout au long de notre semaine de vacances à Royan, c'est fou, au point de décider de rentrer plus tôt, prendre le volant vers Paris ventre à terre le lundi 4 mai au matin, jour de leur première séance. Après nous avoir laissées Clara et moi au train la veille dimanche soir, sans aucune envie de profiter davantage de l'air marin (qui l'excitait peut être encore plus). La carte senior ne veut plus rien dire. [Non c'est pire, c'est le soir même qu'il est rentré, c'est incroyable. Lui même ne comprend pas, trois mois après, ce qui l'a poussé à partir si tôt. Iil a passé son temps lundi 4 mai à travailler sur son ordinateur (donc à Paris) avant de se faire beau et de se pomponner pour leur premier vrai rendez-vous (manqué, niark niark). Bouh, que partie remise, dès le 5 mai ils devaient commander des cafés serrés (l'un contre l'autre ?) à La Chope...

Il faut dire qu'il avait aussi rendez-vous le surlendemain mercredi 6 mai avec sa peintre à Saint-Germain en Laye ("FREE à partir de mercredi", lui textotait-il.) Quelle énergie. Il lui aurait fallu un bon agenda et des vitamines pour mener ses deux conquêtes de front, n'est pas Napoléon qui veut. Le hasard fait bien les couacs, la peintre n'est pas libre non plus. Aurait dû prendre quadruple dose de Cyalis le pauvre, gaffe au surmenage.

No man, I cry (air connu)

"Elle a fait remonter mon niveau de testostérone, tu peux lui envoyer des fleurs", dit-il. Très chic desa part. Ca lui a peut-être boosté sa testostérone, mais surtout l'estime de lui-même, faisant le coq pendant toute leur parade de séduction, leur flirt émotionnel. Ma toute petite estime de moi (ce terme conjugué à toutes les sauces aigres-douces), ils me l'ont saboté à postériori et à pieds-joints.

Je me vois définitivement comme une femme sans homme à cette époque là, comme depuis des années. Je ne le savais pas, je ne me l'avouais pas. Je n'avais rien deviné de leur petit manège, lui si libre, moi pas dans son dos. Elle me l'avait pris cette voleuse de mari, il était tout à elle, alors que je m'illusionnais sur le fait à l'époque de l'avoir retrouvé un peu, à coups de petites places de théâtre, ou sortons le grand jeu, d'une thalasso inutile. Rien qu'une pauvre femme sans homme (ni femme, LGBT power), sans personne.

Il n'était pas du tout avec moi, plus marié du tout, malgré ce que je pouvais croire (nos petites sorties dérisoires, ou ses visites à la maison, deux à trois fois la semaine). "On était séparés tu te rappelles". Ca m'avait tué à petit feu qu'il me dise que je n'étais rien pour lui, et surtout pas désirable, toutes ces années. J'avais balayé sous le tapis le fait qu'on ne se touche jamais, qu'on ne s'embrasse jamais. On s'habitue à tout. Parce qu'il me ramenait en voiture après le théâtre et que j'étais assise à la droite du père, je croyais que nous formions un couple. Quiquiche. Tout le temps à faire des plans dans ma tête pour essayer de voir un peu plus souvent monsieur mon mari, qui me manquait bien. Mais bercée d'illusions moi aussi.

Une fois quelle audace j'avais posé ma main sur la sienne, mon Gérard Philippe, pendant la représentation du "Prince de Hombourg", j'avais réservé cette pièce avec Anne Alvaro, au théâtre des Gémeaux à Sceaux, parce qu'il aimait cette comédienne. On s'était promenés avant dans le parc classique et froid. C'était ça ma vie de couple.

Le genre de trahison qui me fait paraître à postériori tout mon printemps pourri, qui entâche tout. Balades, sorties, théâtres, fête familiale. Derrière chacune de nos rencontres se profilait l'ombre de sa midinette. Moi en bobonne bien eue, bien trompée. Alors que je me sentais proche de lui comme jamais. Pauvre nigaude, qui n'a rien vu venir. "Mais on était séparés", se justifie-t-il. Ah oui ? Dormi ensemble à Londres, à Magné, en Vendée, à Royan pourtant, ce n'est pas rien.

Alors que pour faire rentrer l'argent dans les caisses, je me crevais à nettoyer notre ancienne chambre conjugale transformée en airbnb ; pire, pendant que tout mon plaisir était de le voir et de le rencontrer lors de quelques soirées théâtre, lui ne cherchait qu'à la voir, qu'à lui parler. Je peine à jardiner aujourd'hui, toutes ces après midis à la maison à arranger le home sweet home pour les guests du monde entier alors qu'il ne pensait qu'à s'envoyer en l'air et venait faire ici juste le contrôleur des travaux finis. Autre humiliation, j'ai prépare toute seule la fête des 18 ans de Clara, rangements courses cuisine et jardinage. Le jour d'avant il est avec elle et lui téléphone jusqu'à 0h45. Le soir de la fête il part à Perpignan faire ses cours et enjolive ses heures de TGV avec des salves de SMS à destination de sa dulcinée - c'est la copine à Rossinante. Il n'a pas encore compris son château en Espagne mon Don Quichotte tourne comme un Sancho géant.

Mais attention, il fait le jeune homme, il n'a pas tant d'expérience, il vient de s'enticher d'une femme fatale, ça va saigner bientôt dans son petit coeur tendre... Heureusement pour moi, malheureusement pour lui, elle semble bien l'avoir mené en bateau, il est resté le bec dans l'eau et la bite sous le bras, Chantecler.

[Noté en décembre 2015 : ses factures de téléphone ne mentionnent aujourd'hui plus aucun appel ou SMS sortant en deça de  20 h 30/21 h, sinon en direction de sa famille, moi comprise. Il n'hésitait pourtant pas à envoyer des SMS (plein) à 23 h, minuit ou 1 h du matin à la pintade, quand elle régnait encore sur son coeur d'artichaut. Pareil pour lagrande artiste. Preuve de l'importance qu'il leur accordait à l'époque, et surtout de l'intimité et de la proximité qui s'étaient développées entre eux, idée qui m'est intolérable encore aujourd'hui].

Sophie, one point

Ne pas trop frimer, le vent du boulet n'est pas passé loin de moi. Si elle avait décidé de l'adopter, plus de théâtre, plus de sorties ensemble. Plus de couple du tout, mariés ou non depuis 31 ans. Je ne fais pas ma fière, je ne sais pas tout, il gardera ses secrets, les récupérations de messages supprimés ont leurs limites...

Merci mon Dieu Éros, il est avec moi, "je suis sa préférée du monde". Il me dit même : "merci de m'avoir sauvé" (de cette démone). Je t'aime je t'aime tellement je voudrais tout le temps être avec toi il me le dit et me le redit. Moi je me le ré-aime. On n'a jamais été aussi amoureux tout le monde le voit. Pourquoi ma tournure d'esprit malheureuse me fait tant ruminer sur son histoire nulle et non avenue. Parce qu'elle vit à côté et que je ne sais pas s'il résisterait longtemps si imaginons qu'elle n'ait plus de mec depuis trois jours et se disait que ce bon vieux Didier finalement il n'est pas si mal que ça, prou comme en quarante...

Putain donnez moi un médoc qui me fasse oublier qu'avant c'était une autre qui occupait toutes ses pensées. Elle et sa veuve poignet ont dû lui procurer des jouissances solitaires, mieux que les masseuses, elle lui écrit "see you on mardi, tu me dois un café au soleil". Pendant ce temps la je suis au boulot.

 Je ne l'aurais jamais devine cette fille sans être tombée presque par hasard sur sa messagerie lascive. Je me répète je réécris dans le désordre mon article d'avant. Je ne sais pas si je redeviendrais normale un jour je suis obsédée. Je ne passe pas une journée sans avoir une bouffe d'angoisse en pensant à leurs conversations serrées, à ses robes à son parfum près de lui. 

Ultra présente auprès de lui (avec Lui et en Lui, Amen(e)-toi donc à La Chope ma jolie !) Il l'aurait bien bue jusqu'à la lie, pendant les jolis mois de mai et de juin. Il lui a écrit jusqu'au 17 juillet, à Royan. Quatre jours après, je tomberais sur sa correspondance avec la peintre, en pleurerais beaucoup, et encore je n'avais pas tout vu, elle m'est passée sous le nez sa correspondance caféïère avec la Floflo. Un message de la fille, resurgi aléatoirement : "Tu en es à ton 49e café ?" (le mystère reste entier).

Suite à cette déferlante d'émotions, nous nous retrouverons donc sexuellement et amoureusement, policièrement aussi. Oeil noir pour oeil de biche, dent que je garde contre eux .

Si je ne l'avais pas retrouvé, après Royan, il se serait vite remis de sa déception amoureuse. Elle habite toujours à côté, et doit toujours forcer sur le maquillage. Et avec quelques kilos de moins sous son perfecto, elle aurait peut être fini par le laisser entrer dans son lit, entre deux autres amants (le pauvret) la belle Florence. J'apprendrais sa présence un mois après le début d'A nos amours. Bien plus concrète, bien plus sexy pour lui que sa vieille copine la peintre, bien oubliée celle là, à faire tapisserie comme une licorne aussi cornue que moi. Oubliés, les promesses de se revoir et les élucubrations sur leurs amours lycéennes. Y'avait du concret en face. Bye bye souvenirs de jeunesse, à l'ancienne amie préférer la nouvelle.

Ca jacasse (jack-ass) à qui mieux mieux

Tous les jours ou presque des messages d'elle sur l'écran du téléphone ou mieux, à la terrasse du café. Sa voix allumeuse dans l'oreille, n'écoutait plus qu'elle. Tant pis pour lui s'il n'en a pas profité pour lui faire du pied, il attendait ce grand benêt qu'elle fasse le premier pas.

Leurs messages échangés tous ces jours de canicule, pour se parler, et se rencontrer le plus souvent possible. S'ennuyait-t-il tant que ça dans sa garçonnière sans fille, le coeur en bandoulière et ses 62 printemps en fleur ? S'est jouée sur Seine "La Tempera v. 2", version hot, sa nouvelle pièce, qu'ils écrivaient à deux. Avec cette fille "belle et vivante" sous les feux de sa rampe, bien ancrée dans sa tête énamourée d'agent double et cachottier.

Je n'aurais jamais cru qu'il tombe amoureux de deux femmes à la fois, ou à une si courte distance (il nie le terme, mais je ne vois pas comment appeler ça autrement). "J'avais besoin de sexe". "Je me sentais seul". "J'en avais marre de vivre comme un eunuque". Oui, j'ai quelques idées sur la question, j'ai bien partagé cet état d'esprit. En laissée pour compte à la maison.

Je sais bien que le sexe pour lui est lié à l'amour, à l'estime. Il dira : "Elle était rigolote, sympa et intelligente. Sinon, je ne l'aurais pas vue autant". Pas franchement un repoussoir à l'amour donc. Mais triple zut, elle ne recherchait que sa compagnie agréable, pas son sexe. Encore que, va savoir, trop cool d'avoir un admirateur libre comme l'air comme elle, hors leurs missions de free lance pas si chronophages. Séduisante de tous ses "phéronomes", elle l'a embarqué loin. "J'étais dingue". Moi aussi j'en suis malade, toutes leurs rencontres, pendant que je bossais, les samedis aussi. Ses "Bonjour ma belle" du matin, quelle jolie façon d'entrer en contact, ne m'a jamais écrit ça à moi. Et leurs dialogues à 1 h du matin, sont vraiment très très proches... Leur complicité exclusive, m'est insupportable d'y penser, même après coup. Tous leurs échanges rigolos, leurs blaguounettes par SMS, dont je n'ai réussi à en retrouver qu'un nombre infime, même pas 1 % de ses envois à lui, pas très efficace DrFone de Wondershare, en trial essay. Tous sont pourtant explicites, ceux qui me sont tombés sous les yeux. Il lui propose un déjeûner au soleil (la veille de l'anniversaire de Clara, un samedi où je trime à la maison, cuisine ménage jardin). Il se plaint d'être "privé d'une soirée avec toi". Lui dit que voir ses fils, "ça console" (qu'elle lui ait dit qu'elle ne voulait pas de lui comme amoureux". Etc. Plutôt demandeur le mari, au bord de l'adultère. Quand il dit qu'"il ne s'est rien passé"... Mais parce qu'elle t'a mené par le bout du nez imbécile.

Tout de même, échanges (ce que j'en ai vu, clopinettes), beaucoup plus "factuels" que ses dialogues avec la peintre. Pas très sentimental, rien à voir avec le renouveau de l'amour de jeunesse. Je trouve des compte-rendus de films américains, vus ensemble ou qu'elle lui conseille. Elle ne sait pas qu'il a Canal plus, et elle veut lui faire partager ses goûts (il a détesté "Broadway therapy", vu avec elle). Mais pas plus drôle à lire, leurs mises au point de rendez vous au milieu de considérations politisées rouge coco : "j'attends la révolution", écrit-elle sans rire. Lui c'est ses fesses qu'il attend ses fesses, elle doit bien le savoir.

"Elle m'a manipulé". Bien déçu de ne pas avoir été manipulé en mode manuel, oui. Vêxé comme un pou. "J'avais décidé de ne plus la voir". Oui oui oui. L'avant-dernier message qu'il lui envoie se termine par : "plein de bisouxxx". Lui dit qu'il l'appelle demain pour plus de nouvelles", le texte n'est pas si convaincant de sa fermeté d'esprit. SMS envoyé comme de bien entendu avec moi à ses côtés, lors d'une soirée Nuits romanes près de Royan, qui me fait horreur maintenant. Tous mes jolis souvenirs rendus tout pourris. Le message qui m'avait mis des fourmis rouges à l'oreille, il l'avait bien entendu. C'était sa réponse. C'était déjà fini entre eux,il faut que je le croie.

Même pas envie de détailler toute ma recherche d'enquêtrice, point par point, fait trop mal. M'a conduite à des extrêmités. M'a rendue malade physiquement, hospitalisée pour hypertension, des pics à 22/13. Des nuits sans dormir. Perdu le sommeil. Comprendre au final que leur sérieuse affaire ne s'est terminée seulement par le fait que c'était elle qui menait le jeu. Elle ne voulait pas de lui, "restons amis", ne l'a pas transformé en prince charmant, juste son nouveau copain si sympa. Seulement elle est jolie et séduisante, elle l'a draguée, il y a cru. Marie, consolante : "Sophie ne t'inquiète pas, cette fille visiblement n'est pas nette avec les mecs, et je pense qu'il en a pris conscience". Oui, un peu de mal quand même à ouvrir les yeux, l'amoureux transi.

Marie mêle tout

Le 1er septembre dernier, je donnais rendez-vous à Marie la 3e soeur, par qui il l'avait rencontrée, pour qu'elle me parle d'elle. Mon enquête m'a menée très loin, j'ai fait des interviews... Je lui dis  "que je suis jalouse", elle est toute ouïe, c'est si bon une oreille féminine et amie. J'explique d'abord l'histoire de l'art, son amour de jeunesse qui frémissait de tous ses poils de pinceau, ses sms étaient "plein de bisous mouilles" pour lui. Marie compatit, elle avait deviné que sous les accents admiratif que Didier avait pris devant elle pour parler des tableaux de sa Pinteresta (accrochés dans "sa tanière"), se cachait autre chose. Un doux sentiment, nostalgie d'un amour de jeunesse, l'envie de recommencer quelque chose. L'enfoiré, dire que quand Marie et cie sont venues chez lui fin janvier 2015, on était ensemble à l'hôtel à Charing Cross Road, Londres, et je croyais qu'on se marrait bien... Elle juge aussi que la sortie de route était dangereuse. Mais il n.a pas pris le chemin de son atelier, "trop loin de moi, nos vies n'avaient rien à voir". La Tempera était retombée, toute détrempée.

Trop pastel trop fleur bleue par rapport au feu d'artifice des fringues Desigual de sa nouvelle pépée, canicule et rouge à lèvres c'était leur cocktail de printemps-été.

Je dis à Marie : il y en a une autre. Elle a aussi quelque chose à me dire. Que quand il est allé la voir dans le Limousin cet été, elle lui a retourne sa question "Et tes amours, à toi ? Elle l'a vu déglutir gêne, puis lancer "j'ai failli avoir une aventure avec quelqu'un que tu connais". Elle a vite deviné, se rappelant qu'ils avaient pris un pot en ramenant les enfants des éclaireurs, et aussi qu'il lui avait dit qu'il l'avait revue sur le marche en train de tracter. Je suis soufflée, plus que ça humiliée. Quand Didier a vu Marie cet été je ne soupçonnais rien ave c cette Florence. Je ne savais que son crush pour sa peintre naturaliste, je m'en remettais tant bien que mal,à force de caresses et d'amour sous nos draps. M'en sortais aussi par ce blog.

Je trouve ça dégueulasse qu'à la question "et tes amours" il réponde Florence rossinante. Aurait pu commencer par lui dire qu'on s'aimait à nouveau. Plus gratifiant de faire le petit coq que de raconter qu'il avait retrouvé Bobonne. Aparté, au coq Chantecler va bien la poule faisane, la pintade.

Si elle lui avait pris la main sa pintade quand il la raccompagnait après leurs soirées, je ne serais pas là. Si elle l'avait embrassé, je ne serais pas là. Elle l'aurait invité dans sa maison décorée pintade (vu les photos instagraméesde ses fils), il serait parti passer juillet avec elle à Eygalières et aurait eu le plaisir de nettoyer sa piscine et tondre son gazon, qu'elle doit avoir dru. Il aurait peut être fait un crochet à Aix en Provence pour embrasser sa peintre, qui aime l'opéra (pas lui) et la montagne Sainte-Victoire. Sa tournée des plages n'existe que dans mes rêves.

Pur effet du hasard, ma présente d'amante matrimoniale, c'est ce que je crois. Si je n'avais pas découvert sa correspondance romantique avec la grande artiste, qui m'a fait beaucoup pleurer, et lui de me plaindre et de me voir avec ses yeux tout neufs-tout nus, on ne se serait pas réconciliés au delà de ces quelques jours de juillet passés en chambre à part à Royan, et il aurait repris sa table habituelle à La Chope (côté rue Guy Moquet j'imagine, c'est là que le soleil donne l'après-midi). Ben non miracle de l'amour, il m'a regardé avec des yeux différents, "qu'est ce que j'allais chercher avec ces filles, alors que j'avais ma boubou sous les yeux et que je ne la voyais pas, ça m'est apparu comme une évidence". Surtout après notre nuit formidable ensemble, la première. Sans cet éblouissement, le félon petit canard serait resté accroché au parfum de sa dernière (toquée) tocade. Il est resté scotché à mes fesses, c'étaient les dernières et les premières qu'il voyait depuis longtemps.

Mais qu'est-ce qu'elle lui trouve ?

De là à lui envoyer des fleurs à Madame Coquette pour avoir permis nos retrouvailles, comme il me le suggère... "Il ne s'est rien passé", répète-t-il. Non, pas tout à fait, ça a été très loin. Pas jusqu'au lit, car il "était terrifié", mais "aurait osé" - malgré les défaillances physiques. Surtout, elle n'en a pas voulu, des affinités mais sans le "plus". Un Didier, c'est bien pour le fun, pour la conversation. Puis il se pose un peu là aussi avec son mètre quatre-vingt treize en perfecto, une carrure impressionnante, il en jette. Mais de là à le fourrer dans son plumard... Il avait tout faux, pas si irrésistible mon chéri, un sacré coup à son amour propre. En a peut être fait une phlébite, tiens ? Elle court la maladie d'amour.

Pourquoi l'a t-elle dragué, l'a t-elle vu autant ? Pas que pour le faire marcher (lui, courant après elle ça va sans dire), ça devait lui plaire à cette carnassière narcissique d'avoir sous la main ce grand garçon toujours prêt pour deviser gaiement et l'accompagner à ses petites sorties. Mais elle ne pouvait pas manquer de voir que son charme avait fait son office, lui tout fasciné tout énamouré, jolicoeur va, pendant ces deux mois de rencontres et de téléphonite aigüe. "C'est pas de l'amour, c'est de la rage", conviendra-t-il devant la quantité et la fréquence de ses SMS vers elle. Je me les suis fait apparaître c'est malin le jour de notre anniversaire de mariage le 15/9, quel cadeau, ai beaucoup pleuré en les compilant l'un après l'autre, les soulignant en fluo pour ne pas en oublier un, comparer les dates à nos sorties, à son temps libre, en tirer des conclusions...

Fin juin après l'avoir allumé, encore plus chaudasse que d'habitude (j'aimerais bien voir sa chemise ras-la-moule qu'elle portait pour leur dernière entrevue, "elle avait oublié de mettre une culotte, je l'avais jamais vue comme ça", se plaint-il. C'aurait dû être l'apogée, il n'y avait pa beaucoup de vêtements à enlever, et leurs appartements à 200 m chacun de la Chope ce lupanar. Mais non, il est resté bredouille, le big kiss assorti aux cuisses offertes au regard n'est pas venu. Deux heures après elle lui a téléphoné qu'elle n'était pas libre et qu'il ne devait pas "tomber amoureux d'elle". "Restons bons amis", lui demande-t-elle. Froidement il repondra que des amis merci il en a déjà plein. Je comprends derrière sa bravache qu'il lui signifie par la qu'il avait besoin d'une maitresse. Qu'il avait envie de la "niquer" ça va j'ai bien compris. Ne l'a pas courtisée comme ça pour des prunes. Ben si faut croire. "Elle se sentait seule, n'a aucun ami sur Facebook (une petite cinquantaine), elle aimait bien être avec moi". La canicule de juin lui a échauffé le sang. La dernière semaine se sont vus vraiment souvent. Beaucoup plus loin que Guy Môquet. Pour autant elle ne l'a pas invité à la suivre chez elle quand il la raccompagnait tard. Il avait bien commencé à comprendre "qu'elle se foutait de sa gueule, qu'elle le menait en bateau".

 "Elle a du se rendre compte qu'elle avait été trop loin dans le feu aux poudres. Dit aussi au passage qu'elle en avait un peu trop de poudre et de fond de teint, "trop plâtrée" pour son goût, beurk. Qu'importe, si elle avait écarté ses cuisses je sais qu'il serait encore avec elle. Même en avalant le fiel de ses liaisons libertines sur le web. Marie m'a raconte ses exploits de chasseresse. C'est une prédatrice. Une manipulatrice qui a forcé Marie à s'inscrire sur le même site libertin qu'elle de façon à ce que celle-ci puisse espionner "son mec","dis moi s il est en ligne drague le donne lui rendez vous vas y va le trouver". Qui répètera très souvent après à Didier : "et ta copine Marie ? Comment va ta copine Marie ? Tu l'as vue avec mon mec ?" Parce que celui ci déjeunait parfois avec Marie, qu'elle lui avait quand même fourre quasiment dans les bras... Ce pauvre garçon voyait notre amie pour se plaindre près d'une oreille attentive des horreurs que sa dominatŕice lui faisait subir. Vraiment très très féministe, elle pique le mari des autres et fait tourner les mecs en bourrique. Florence et Marie pourtant bonnes copines se sont brouillées. Didier aurait bien aimé les réconcilier, pas de chance.

Il pense maintenant que si elle l'a vu autant c'était aussi pour le faire parler de Marie, elle doit regretter de ne plus la voir, et aussi par parano et jalousie. Quels sentiments mesquins ce n'est pas mon genre... En tout cas je ne me prive pas le soir même de lui faire part de mes dernières découvertes. Il nie tout en bloc bien sur, "Marie dit n'importe quoi je n'ai presque jamais vu cette fille, c'est elle qui m'a demande deux fois sur Facebook d'aller boire un café". (menteur, menteur).

Quinze jours après, compulsant stabilotant imprimant ses factures de téléphone (merci Free), je compterai 90 SMS sortants vers le numéro de la nana, que j'avais pris soin de noter avant qu'il ne l'efface... Menteur menteur menteur, n'empêche je vois bien qu'il blêmit quand je lui dis que cette fille drague sur le net et se fait plein de mecs et aussi qu elle a essayé de piéger son mec avec Marie complice. Elle est encore plus jalouse que moi il serait bien tombe. Il s'effondre un peu il est blessé dans sa fierté. Il ne me croit pas dit mais non elle est plutôt "prude". En minijupe alors. Prude ça veut dire pour lui sans doute qu'elle ne lui a pas touche la queue comme il l'espérait, il devrait prendre le dictionnaire.  Il dit si "même les nymphomanes ne veulent pas de moi, elle couchait avec tout Paris mais je n'y ai pas eu droit". Il veut que je le plaigne ?

Elle avait hurlé sur Marie : "Pourquoi tu chasses sur mon territoire la cour n'est pas assez grande ?" Son pauvre libertin terrorise par son caractère exclusif et jaloux (didier dira aussi qu'elle était jalousé de nos enfants, de son travail, de notre appart" ouh la vilaine) venait juste se plaindre auprès de Marie et "débriefer" des méchancetés de la pythonne envers lui, à Eygalieres en vacances chez elle c'était l'enfer. Pauvre Didi elle l'aurait mené par le bout du nez. Une vraie salope. Mais assoiffé de sexe et de tendresse comme il était mon Didier il en aurait supporte beaucoup. Et le sexe appelle l'amour, quand on le fait et on le refait. Je le connais un peu...

Tout ce cinéma donc, c'était pour rigoler un peu avec lui, il est si drôle, profiter de sa compagnie, et aussi pour sa gloriole de choupinette narcissique et égoïste, sans doute. Le faire saliver, rien que pour se voir si belle en ce miroir, le reflet des yeux verts (avec des poches dessous ndlc) de son nouveau grand copain. Peut-être qu'elle l'a trouvé trop gros, mon nounours, avec ses 130 kg. Il faut que ça la flatte quand même, y'a des limites, pas prête à tout.

On sait bien qu'en fait de "conquêtes", ce sont les dames qui choisissent, elles font ce qu'elle veulent. Celle ci préfère les hommes plus jeunes, ou plus à son goût physiquement. C'est son droit. Gros râteau pour le mari, aïe l'égo, elle ne l'a pas trouvé à son goût. Elle a le droit de préférer la quarantaine triomphante aux sexagénaires joufflus.

Elle n'en a pas voulu de mon sexa comme camarade de jeux érotiques, elle s'en trouve plein et sûrement des bien plus jeunes (ou pas) sur le site libertin www.nous.lib., m'a dit Marie.) C'est quoi son pseudo, "Eygalia", fille de la Provence ; cigales et chapeau de paille au bord de sa piscine ? Pitchounette, t'habites onze mois de l'année dans un appartement bas de plafond du mauvais XVIIe, faut pas te la jouer. Au vu de ses annonces airbnb-je-suis-si-contente-de-moi-et-de-mon-patrimoine-immobilier, je ne suis pas sûre qu'elle irait louer à des migrants syriens, la prolo bobo proprio. Faites ce que je dis, pas ce que je fais.

"Ne t'avise pas de tomber amoureux de moi, je ne suis pas prête pour une relation au long cours, j'ai quelqu'un, je ne suis pas libre". Ceci dit après un dernier café affolant en minishort au soleil... (non sosotte ignorante alors, c'était une bruschetta en soirée et terrasse rue Cavalotti - c'est cavalier). Mon gros doudou mari n'avait jamais vu ça si près de lui, "on lui voyait les cuisseaux". Devait en avoir la langue pendante comme le loup de Tex Avery. "Elle s'est amusée avec moi, elle m'a échauffé", se plaindra-t-il. Il en aurait bien pris plus l'animal, n'était pas si à plaindre, solidement ferré. Trois jours plus tard, il lui t(s)extotera ses last news, sa bonne soirée à Lyon avec nos deux fils. entre hommes : "ça console", lui glisse-t-il. Manière de dire qu'il regrette de ne pas avoir le droit d'aller plus loin avec elle, qu'il en est triste, qu'il a besoin de consolation, si elle voulait bien le consoler ?

Quand je le confronte à ses textos - qui sont aussi des textes, plus longs pour moi à analyser que les poèmes de Verlaine sur lesquels je me penchais en fac, il ne reconnait rien vraiment, répond à côté, s'enferre à répéter qu'il "ne s'est rien passé"... Il s'est passé plein de choses au contraire. L'envie et le désir, c'est aussi sexuel. Depuis j'y pense toujours. (V. Hugo)

Finalement Papa revient à la maison

Depuis l'arrêt de leur relation (j'ai niqué Athéna, trop forte), tant d'amour a été fait dans nos lits, partout où nous sommes passés depuis ce mois de juillet de toutes les révélations. Tant d'amour entre nous, au delà de ces pas si jolis jolis mois de mai et de juin, où il s'était tant éloigné, mais pas perdu... Je lui dis que je l'aime tout le temps, et lui aussi. On se touche tant et plus, soir et matin. Pas un lever de soleil sans caresse, et la lune se montre tout le temps. Moi aussi je fais le plein de ses SMS galants, osés et sincères. Je suis sa beloved. Il est mon chevalier qui n'a plus peur de moi. Pas sans reproches. Tout oublier, un jour, quand je serais grande. Avec l'aide de tout cet amour.

Enfin, choisir de le croire quand il dit qu'après sa dernière danse des 7 voiles à La Chope (ce bar devant lequel je ne peux plus repasser....) il avait décidé de ne plus la voir, "j'avais compris" dit-il. Mur pour retomber amoureux de moi. Je n'y crois toujours pas vraiment ça ne fait que deux mois et  demi qu'il m'est revenu. Le temps de leur histoire, plus 34 ans de vie peu commune. Finalement tout est bien qui finit bien. La morale est sauve. Pas trop de mon côté. Mais comme je n'ai plus le moral non plus...

Ce que c'est beau, tout de même. Il me dit d'envoyer des fleurs à ces femmes, car "elles l'ont remis sur le chemin de l'amour". Merci Florence, alors ? Donnez moi plutôt du vitriol (bon, juste celui de mon clavier). Que j'arrête aussi de m'empoisonner à mon arsenic de Bovary du web.

Belle espèce de pintade copte

Belle espèce de pintade copte

J'ai écrit tout ça pêle-mêle fin septembre 2015, à la suite de multiples révélations, après avoir compris et mis à jour ses mensonges les uns après les autres. Je n'ai sans doute pas fini. Trop fatiguée et trop triste pour retracer la choronologie de celles ci. Me mets bien assez la tête dedans... (la suite, toujours à venir, toujours de nouveaux mensonges mis au jour)

Arriverai-je un jour à l'épilogue de cette histoire, re-racontée, détricotée et re-tricotée (non, on dit "débriefée", banane) ?

Une affaire d'importance

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Je brise là, j'ai sommeil et ma valise pour la Crête n'est pas faite. Pire Svetlana et Vladimir atterrissent dans une heure, ils seront chez nous bientôt. Didier à beau être adorable (pour un salaud) (meuh non je rigole), ce n'est pas lui qui va aller enfiler la housse de couette et les serviettes. Ni moi non plus. Ah les affres du mariage.

Après-demain nous partons tous les deux pour la Crête et ce sera un beau voyage. Et il se baignera avec moi dans les eaux tièdes du Léthé.

Un peu de mythologie grecque (je ne dis plus "hellène", pas plus que nous ne retournerons à Florence...) : Léthé : fille d’Éris (la Discorde), est la personnification de l'Oubli. Elle est souvent confondue avec le fleuve Léthé, un des cinq fleuves des Enfers, parfois nommé « fleuve de l'Oubli »...

.................... Pour continuer dans la bonne humeur : cet article sur le danger d'un beau mec qui devient le confident trop cool de votre meuf, ici c'est le contraire et c'était pas au boulot, les deux branleurs qu'ils font, mon mari et sa pintade

Rédigé par Gloubigoulba

Publié dans #je veux de l'amour, #infidélité émotionnelle, #the pintade

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