L'Infidèle et Dragon rouge font rien qu'à m'attaquer

Publié le 18 Janvier 2016

L'Infidèle et Dragon rouge font rien qu'à m'attaquer

Ecrit tout ça le matin sur une feuille arraché à mon carnet de notes, dans le métro en allant au travail. Du mal à me relire.

Oui je suis attaquée de toutes parts et surtout par moi même par d'infâmes images qui surgissent tel le dragon (la métaphore va être filée sévère, vous êtes prévenus) venant de ce qui se passa même silnesérienpassé, dit le mari l'Infidèle, au printemps dernier.

Son printemps de Florence, sa Vénus botticellienne au blond vénitien florentin made in L’Oréal (« je croise les doigts pour… mais ça me prive d’une soirée avec toi ». J’inventorie le musée de leurs offices, qui d’autre que moi pour parcourir ses allées et leurs venues.

Arriver à penser à autre chose, s’y efforcer, en vain. Se concentrer sur l’ « existant », comme il se dit dans les documents sérieux. Les cheveux blonds de Clara, naturels eux, juste passés à la camomille ; ses études de droit chemin, la pauvre qui aime prendre les traverses comme moi ; mes fils fringants, attachants, précieux. Mes bijoux. Que je délaisse incompréhensiblement, indignement, je ne rive mes pensées qu’à une donzelle qui a eu à peine vent de mon existence… Je me crée mon malheur à pleines mains, à me complaire ainsi à remuer supputer refaire leur histoire, passée au prisme de ma mortifère désolation. Mon non respect de moi même va jusque là. Je ne m'aime pas, ceux là ont failli s'aimer sans moi, où étais-je, où en suis-je. Jean Rochefort le sémillant pourrait me dire comme à Edouard Baer, si drôle pourtant, "Vous avez [toujours) un malheur d'avance".

Je ne peux m'empêcher de revenir sans cesse sur les dates de leurs rencontres, spécialement celles de juin. Me déstabilise grandement de réaliser qu'au cours de ce mois il l'a vue beaucoup plus que moi, quoi qu'il en dise.

  • Seul bon moment : le mardi 3 juin, nous étions au Centre Wallonie-Bruwelles pour écouter "La langue de ma mère" de Tom Lannoye, écrivain belge venant de remporter un prix littéraire. Didier a même pris la peine de m'offrir le livre, emballé par la lecture sur scène de l'auteur trublion et attachant. Garder ce moment comme une pépite. Après ça se gâte, il m'oublie en fait. On ne se verra plus qu'à quelques dates que j'ai bien en mémoire : ce sont celles d'obligations auxquelles il n'a pu se soustraire, ce n'était pas pour mes beaux yeux.
  • Le dim. 7 (deux heures passées à l'anniversaire d'un vieux voisin ; il ne m'adresse quasiment pas la parole) (la veille samedi 6 alors que je travaillais toute la journée il l'a rencontrée, et dim. 7 au matin alors que je l'appelais pour visiter, la belle aubaine, les jardins de l'Elysée ouverts au public, il a décliné l'invitation, pour l'appeler tant et plus, merci les factures de téléphone)

  • Le jeudi 11 (une heure dans le jardin avant le concert de Paul Mac Cartney où il n'a pas voulu m'accompagner, le butor prive nos amis de la fin de l'apéro pour nous chasser bien avant l'heure, sous prétexte que nous risquions de faire la queue au Stade de France) (il sait déjà qu'elle l'accompagne le lendemain au concert qu'il donne avec ses amis, il doit piaffer d'impatience)
  • Le vend. 12 (une demie-heure, il m'accompagne incompréhensiblement dans le bus 31jusqu'à Jules Joffrin, retrouver l'amie qui doit lui prêter sa maison à La Rochelle pour les Francofolies qu'il doit aller voir seul, avec des invitations que je lui ai obtenues. Il dit qu'il déjeûnera avec nous, puis se ravise et tourne les talons quand il s'est bien assuré que la maison sera sienne) (il doit avoir une petite idée derrière la tête, l'inviter à le rejoindre en juillet en Charente-Maritime, où un petit nid d'amour l'attendra. Il pourra le lui demander le soir même : ils vont passer toute la soirée ensemble jusqu'à 2 h du matin, en route pour Dourdan pour un concert. C'est moi qui aurais dû y aller à la place de cette femme, c'est un affront, je ne compte plus du tout pour lui)
  • Le sam. 13 (dix minutes, il passe déposer des courses pour la fête d'anniversaire de Clara du lendemain. Il ne m'aidera en aucune autre façon à préparer celle-ci) (mais il trouve le temps de l'appeler 20 minutes le soir, après l'avoir certainement vue dans la journée, et la soirée pourquoi pas)
  • Le dim. 14 (trois ou quatre heures passées au jardin où il parle aux amis réunis pour les 18 ans de Clara, mais ne m'adresse pas la parole, avant de partir prendre le train à la gare de Lyon) (salves de SMS vers elle pendant ses voyages en train)
  • Le vend. 19 (une heure et demie à peine au jardin, reste dîner après s'être fait longuement prier, alors qu'il vient de passer une semaine en province, entre ses cours à Perpignan et son concert d'Annecy, avec une locataire airbnb allemande et bavarde. Avais bien besoin de sa conversation à lui pour surmonter cette épreuve) (le lendemain sam. 20, il l'invite à le rejoindre au théâtre voir "Liliom" monté à l'Odéon-Ateliers Berthier (avec des places achetées par moi !), car je suis en retard. Il m'empêche de tenter de venir, "ce n'est pas la peine tu vas arriver trop tard", espérant la voir arriver elle.)

Désolée pour cette énumération fastidieuse, qui ne regarde que moi. Je ne cite là que les jours où je l'ai vu. Lui, pendant ce temps, il n'a d'yeux que pour elle. Hors de ces pauvres moments passés à côté de moi, il a eu tout loisir de la rencontrer elle à plusieurs occasions, et vivre des choses beaucoup plus intéressantes, dont je me fais largement l'écho sur ce blog. Pour rappel : fêtes de la musiques, dîners, balades, cafés. Je ne faisais pas partie de ces bons moments. Etre écartée de cette complicité, niée, oubliée, me meurtrit dans ma chair, m'empêche de dormir. Je les vois, je les entends. Je me rappelle exactement de ce que j'ai pu ressentir seule dans mon lit, hébétée de solitude.

Comme le 12 juin en fin d'après-midi, à peu près à l'heure où elle montait dans sa voiture pour aller avec lui au concert de Dourdan. Moi, je descendais dans le métro après avoir visité l'atelier ABA ville de Paris de Belleville. Exténuée par la chaleur qu'il faisait à cette époque, et surtout comme d'habitude agressée par le spectacle des gens rieurs assis en grappes aux terrasses. Moi, je suis toute seule. Préfère m'engouffrer dans le métro et retourner me terrer chez moi, où personne là bas non plus ne m'attend. A part des montagnes de préparatifs (ménage jardinage cuisine), pour la fête de la petite deux jours après. Ce sentiment de solitude, je sais exactement quel goût il avait ce jour là Et encore, je ne savais à quel point je l'étais, seule.

Le sam. 26, je retrouverais un homme en apparence le même, pour deux jours de thalasso à Saint-Jean-de-Monts, réservés de longue date évidemment, sinon il ne serait certainement pas parti avec moi. Las, nous emmenons avec nous deux collègues en covoiturage, qui ne nous lâcheront plus. A la fin du week end, rentrée seule, j'aurais la triste pensée que je n'en ai pas profité (de lui), alors que je le voyais si peu déjà. En voiture au retour, j'ai regardé l'intérieur de sa voiture, comme jamais. Les bords de l'autoroute. En me disant que plus jamais je ne ferai de long trajet avec lui, pour aller quelque part en vacances. Eu une conscience aigüe à ce moment là que je l'avais perdu, que je ne le voyais plus jamais. Que quelque chose clochait, n'allait plus du tout. N'ai pas cherché à comprendre pourquoi, il serait bien temps de creuser. Ca faisait déjà trop mal, cette évidence. Je ne sais pas encore que depuis trois mois il est amoureux de Dragon rouge, qui vient de l'éconduire, à laquelle il vient de renoncer contraint et forcé (et lucide enfin). Renoncer ? Je le ne saurais jamais...

Car en juillet, alors qu'il avait bien compris qu'elle ne souhaitait pas coucher avec lui, pour faire simple, il répondait quand même aux derniers SMS qu'elle lui lançait. Si je ne l'avais pas retrouvé entre temps, il y serait encore entre les griffes vernies de Dragon rouge.

Donc je passe mon temps à me faire monter la tension jusqu'à des 17-10, à moi l'AVC, en pensant à la ross(n)erie du mari à mon endroit pendant notre guerre de 14-15, petits joueurs nous n'avons pas atteint les 18, mais en HTA j'y suis presque. Guerre de 100 ans en fait, 34 ans de vie commune, pareil que Charles & Diana si la princesse de ma classe d'âge (j'avais un an d'avance) n'avait pas rencontré bêtement un riche Arabe pas du tout opposé à sa façade occidentale, le sieur Dodi, et à la toute fin avec lui un pilier du côté de l'Alma. Nos amours ne furent ni princières ni royales, mais moi au moins après mes deux princes héritiers Louis William et Nico Harry, j'ai accouché d'une délicieuse petite princesse au petit pois et à la cervelle bien remplis, même si généreusement arrosée de Pelforth en fin de soirée, Clara the first.

Nos amours assez créatives finalement, avec pour aboutissement le "miracle des fesses" en juillet), si on néglige le secret de famille éventé que fut notre désamour quasi permanent, ou certaine hostilité grandissant proportionnellement à la baisse de désir de mon mari, ne bandant ni pour moi ni pour personne. Que je croyais avant de comprendre qu'il n'avait jamais été hostile à un bon massage érotique en salon, et lors de la saison automne-hiver 2014 et printemps-été 2015, pas opposé non plus à un rapprochement bienvenu avec les élues de son coeur. L'une d'entre elle (Red Dragon) se serait bien vue élue façon urne, son militantisme (et son égo l'ayant amenée à se présenter aux élections municipales 2015 sur la liste de Mélenchon). Las les frontistes de gauche ne firent que 5 %, pas de sa faute, elle avait bien rempli son rôle, je la vois bien en pérorer grande gueule lors de réunions politiques, et vaillant petite bolchevik distribuant des tracts et défendant le bout de gras d'Henri Mélechon à Guy Moquet le dimanche, c'est là qu'il l'a revue la première fois. Elle avait une belle gauche, mon mari (gaulliste dans sa jeunesse, socialiste depuis) se serait bien investi à 100 pour 100. Non, faux, il dit un jour : "le seul truc sur lequel je lâchais rien, c'était Mélenchon". Prêt à se taper des chorales gavantes et du hip hop plus de son âge le 21 juin, c'est Flonflon qui choisit le programme, who else ; ou des bluette amerloques au cinoche, mais les cocos comme Mélechon, pas question.

L'autre, l'amoureuse de jeunesse, je n'en parlerais pas ici. C'est la dernière en date qui m'obsède, celle que j'appelle dragonne ou pintade, la reine des pétasses. J'ai sans doute tort, "je n'aimais pas cette fille et crois moi je ne l'aurais jamais aimée, je la trouvais con et j'avais rien à faire avec elle", dit-il en se reniant éhontément (car je l'ai deviné sérieusement accroché, "j'ai failli sortir avec FR" dira-t-il à leur amie commune, "ta copine Marie".

Si je n'étais pas tellement trop matisée, et s'il n'était pas tellement plus facile d'accuser l'allumeuse et pas lui qui a tout mis sur pied, rencontres et ciné au clair de sa lune, je lui jetterai bien la pierre à ce goujat. Ce macho qui après avoir joué avec et cherché à séduire, n'a plus donné le moindre signe de vie à Copinette qui le relançait ("restons amis veux tu"), il avait été bien pourtant content de la trouver pour flatter son égo de mâle dominant, dominé par le spleen et l'angoisse de la soixantaine solitude. Sans parler de sa petite amie de terminale, femme-enfant prodige raide dingue en 1973 du haut de ses 15 ans de mon futur mari le grand Didier, 19 ans et déjà 1 mètre 93 au garrot (comme le général), au sommet de sa forme en matamore charismatique, chef des élèves (ça se dit ?) au lycée Corneille, la Celle Saint Cloud. Des petits fiancés toute l'année, puis des vacances en Bretagne, puis plus rien (Didier n'est pas très fidèle en amitié), jusqu'à mars 2013 où mon magicien de mari me fait le tour de la sortir du grand chapeau Facebook. C'est fait pour ça aussi les réseaux sociaux, pour que les amours de jeunesse se retrouvent. Et se reperdent, quand môssieu est trop occupé par une nouvelle chérie venue en voisine, la Florence à rosser. Lu ce matin ce tweet de <3 Bill Murray @BillMurray : "Il fut un temps glorieux, avant les réseaux sociaux, où vous pouviez perdre contact avec les gens". Voeu pieux.

Donc me voici complètement obsédée par leurs amours jaunes et non avenues, tiens je devrais relire Tristan Corbière le poète. Me repasse leur petit cinéma de printemps de lors de séances 24/24, 7 j/7, nuit après nuit, avant de m'endormir. Voudrais voir toutes les scènes, faute de pouvoir repasser le film à l'envers, je joue à la metteuse en scène et visualise leurs rencontres, en invente même. M'aide à jouir, de les imaginer sur le lit de sa piaule airbnbisée, bien lui en a pris de montrer ainsi à la face du monde de l'internet sa chambre à coucher et sa douche italienne. Bien plus facile d'imaginer le thoru-velax (joke : son thorax velu) de mon mari contre son fard à joues, dans le décor ad hoc. "Elle a un appartement tout petit, mais très mignon, très féminin", décrivait la copine Marie. "Il est pas mal", juge Clara, traitresse. Je compare nos mètres carrés et les siens, à peine plus de 50 m2 gnarf calcule-je à grands pas à travers mon appartement, déductions métriques photos à l'appui. Un trois-pièces lumineux et meublé Emmaüs (m'achète le même meuble à Royan, vlan), doté d'une coursive violette (mon jardin tout vert me semble bien ordinaire), dont je repère le frère jumeau en photo dans la vitrine d'une agence immobilière du quartier. Too bad, le studio en questin est vendu, je ne pourrais pas aller le visiter mine de rien. Voyez où j'en suis. Maso suis-je.

M'endors en transe, en rêve, et me réveille feu aux joues, 15 minimum à mon tensiomètre, et la dyastolique monte aussi au plafond. Triste à mourir, berçant ma douleur en même temps que moi sous les draps. Je me lève à peine 30 mn avant de prendre le métro, finis de me maquiller dans le wagon, je traine des valises sous mes yeux. Les larmes sont toujours au bord, même si parfois je peux rire ici, d'eux et de moi même, quel temps à perdre, ou à remonter pour comprendre comment il a pu en arriver là. Me faire si mal sans que je le sache, sur mes terres de Guy Moquet, je suis outragée autant que s'ils avaient fait le grand huit dans mon lit conjugal.

Au réveil, ne peux me lever avant d'avoir fait le tour des rêves qui me restent. Plus sûr, le ressassement, sur ses dernières paroles, confidences. Pleurer sur sa violence, horions dans ma face. Traces rouges sur ma figure, et traces de rimmel sur l'oreiller. Je le hais de tout mon coeur, de m'avoir fait ça, tromper-duper-négliger-abandonner. Lui encore plus qu'elle, la félonne dragonne que j'aimerais bien un jour croiser entre quatre yeux dans la rue. Mais de jour en jour s'éloigne leur pas de deux, si je la rencontrais, ou prenais rendez-vous (j'ai toutes ses coordonnées plutôt deux fois qu'une), elle me rirait au nez, ou m'écraserait du revers de sa main baguée et vernie. L'expert en coaching, communication, formation des entreprises. Thérapeute conjugale, aussi (!) Tiens je pourrais lui demander un rendez vous téléphonique, ou lui exposer mon problème à Ménie Grégoire, qu'est ce qu'elle aurait à me dire ? Qu'elle n'a rien fait, que c'est lui mon mari qui a tout organisé, tout demandé ? (et que c'était bien sympa d'avoir cet admirateur sous la main, elle n'allait pas le décourager tout de suite quand même, elle en a profité un peu de mon benêt). Trop dur, je préfère l'accuser elle.

Car impossible le matin dans notre lit quand il me serre dans ses bras pour me dire bonjour (du jamais vu), de ne pas fondre d'amour. Je me retrouve dans un nid de bien être (mais attention, pas trop intérêt à la ramener, au risque qu'il m'écrase la gueule dans ses grandes mains "tu vas arrêter de me harceler oui pour une histoire vieille de sept mois, j'en peux plus", me tire les cheveux et me fasse tomber du lit, bagarreur et farceur qu'il est mon violent). Oui, une totale emprise. Je l'aime, meanwhile et nez presque en moins (néanmoins). Donc le matin fonds de me retrouver dans ses bras.

Pourquoi si accablée ? traumatisée ? Parce que je ne saurais désormais me passer de cet amour, comme pendant tant de temps, oui toutes mes années de trentaine et quarantaine (ai été mise en quarantaine, au sens propre). Parce que l'idée de son batifolage avec cette fille, la certitude qu'il n'avait qu'elle en tête à ce moment là ("je t'avais oubliée, je ne te voyais plus, j'avais de la merde dans les yeux") me renvoient au fait que je n'avais qu'un seul ami, lui, et que j'ai failli le perdre. Ou, plus sûrement, qu'il s'était cruellement détaché. L'abandon, à nouveau. Père, frère, oncle-parrain morts au cimetière, ô ciel mon mari prêt à divorcer. Renvoi impitoyable à la vraie solitude, qui guette son tour de forc.

Mon objectif, pour me sortir de tout ce caca mental : au travail, no more pensées toxiques, j'ai du boulot pour remettre tout en ordre avant le fatal chiffre double des 55, que je ne me vois pas dépasser en âge. 44 pour mon Christofrère, 40 pour Daddy Jeannot, que n'ai je donc vécu que pour mon infâmie ; cholestérol, hypertension, diabète, palpitations et dépression auront bien raison de mes années.

Seul le travail pour me sauver. Je le sais, mais je n'y arrive pas. Je reste les deux pieds dans mes sables non mouvants, émouvants rien que pour moi, la reine du créneau de l'auto-centrage et du rétro-pédalage.

Me concentrer sur ce que je "possède", et qui n'est pas négligeable. L'appartement, les maisons, les enfants, ma mère. Le frère qui me reste, la famille qui s'éparpille. Non je ne suis pas si démunie, mais un seul être m'a manqué et tout est dépeuplé.

L'Angleterre en mars, un deuxième séjour Eurostar-hôtel, pour 666 euros pour nous deux, ce nombre diabolique auquel je crois un peu. Quand j'écris ces chiffres du diable, une affiche se jette vers moi à travers la vitre du métro : une publicité pour la "poularde de Bresse". Cette volaille me parle, c'est un des petits noms dont j'ai affublé son infâme amie, encore une allusion, un signe que que je me lance à moi-même, de la volaille diabolique qu'il avait dans la peau. Dite aussi de son petit nom "dragon rouge", la poule carross(n)ée rutilante de ses pensées printanières. Florence L. R., née à Bourg en Bresse. Déjà présente à Londres en janvier 2015 lors de notre premier séjour en pas amoureux, j'avais reconnu le symbole maléfique du dragon des attentats de Charlie qui se passaient pendant notre escapade londonienne (comme nous avons vécu les attentats du 13 novembre dans une hostellerie bourguignonne près d'Auxerre...). Annoncée la serpente qui met mon usine en faillite (Mélusine, quoi) sous la forme des petits dragons couro(s)nnés sculptés partout présents à Londres, emblèmes de l'Old England et gardiens de la City. Encore une ce matin même sur le bulletin d'inscription à 666 euros, le prix à payer pour notre énième voyage de noces de papier remâché. Nous n'arrêtons pas de partir en vacances en week end à droite et à gauche, pour qu'elle ne s'éteigne plus la flamme de nos retrouvailles. Ne me brûle que celle qui sort de la grande gueule de la dragonne, à 7 mois de distance elle est encore toute proche, d'ailleurs son antre est à 300 mètres de chez nous, et partout aussi dans ma tête faible.

Toutes ces dragonnades avant sa vraie apparition en chair froufroutante de poularde appétissante et en os à ronger, une future poire pour sa soif, en janvier 2015 sur l'agenda de ses belles rencontres de hasard. Il va s'en passer des choses avenue de Saint-Ouen entre mon mari et sa poularde coco, le rouge à son front de gauche comme sur sur son blouson de cuir. Je ne parle pas de la mini jupe. Envie de les ross(n)er, tous ces dragons, moi sainte Georgette.

Une heure plus tard, au boulot en conférence et sur diapo powerpoint plein cadre, me narguera encore une autre dragonne, la salamandre de François 1er, crachant son feu légal et régalien. Je ne vois qu'elle. Mais arrêtez donc de me tirer la langue sales bêtes, à la niche.

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Je pourrais continuer des heures, on y va pour un autre article truffé de leurs signes de connivence ?

Rédigé par Gloubigoulba

Publié dans #infidélité émotionnelle, #the pintade

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