Comment on se sent quand on se sent abandonnée ou oubliée (ou qu'on ne l'est plus)

Publié le 1 Février 2017

Camille Besse est une jeune illustratrice née dans les années 80. Elle travaille pour la presse satirique.

Dessinatrice de presse, elle est extrêmement féroce et drôle. Esprit vachard genre Siné ou Charlie Hebdo.

Dans un petit livre qui lui est consacré je reprends trois de ses dessins en fin d'ouvrage, plus poétiques et sensibles.

 

Camille Besse "Tu me manques"

Camille Besse "Tu me manques"

Quand celui qui nous caressait n'est plus là, sa présence est en creux. L'absence fait mal Vénus ou pas on se sent les bras coupés. Personne pour nous envelopper. Ce pouvoir merveilleux du toucher, perdu, inatteignable. Surtout quand on a connu cet émerveillement.

La solitude vous mange alors le corps qui se fait de marbre.

Je n'ai pas à me plaindre. Mon Roméo aux tempes chenues m'entoure collée-serrée sur le canapé. Le store n'est pas baissé mayday. Je viens d'enlever mon pull trop chaud, histoire de me mettre à l'aise et aussi pouvoir le remettre demain au boulot sans qu'il ne sente la soupe aux choux que bibi ma préparée. Nous péterons de concert. J'ai donc mes appas offerts sous le lampadaire éclairant ces épanchements.

Note de la Libournaise : "avec l'appât Dudule, le poisson pullule". Ce vieux slogan de publicité pour articles de pêche nous faisait rire moi et mes copines. 

Dudule fonctionne bien sur Didi, qui me caresse gentiment la naissance des seins et se penche sur mon décolleté.

J'arrête l'ironie. Ne vais pas déprécier ce moment d'intimité, renouvelé de frais.

L'homme qui est rigolo dit "mais c'est émouvant ça, c'est plein d'émotion !"

En remettre un peu dans mon discours, de l'émotion. Dans ces dessins de C. Besse, elle perce sous la ligne des épidermes.

Camille Besse "Les mains baladeuses", "Ce rêve étrange et pénétrant"

Camille Besse "Les mains baladeuses", "Ce rêve étrange et pénétrant"

Ne pas oublier trop vite qu'il y a peu j'étais encore une pauvre fille une femme sans homme (ou sans femme ou autre genre...), en tout cas sans mon homme, et que je rêvais d'une fusée qui m'épingle au ciel. Madame rêve de trouver son Alain Bashung. J'ai retrouvé mon alsacien.

Les dessins de Camille Besse sont profondément vrais. Les rêves erotiques, éveillés ou nocturnes, expriment l'appel de notre être. Puisse 2017 (mais les voeux en février c'est fini - quoique,  une vie de crêpe bien roulée et sautée...) crouler sous les mains baladeuses et les bîtes tendues vers nous. Sinon je sais qu'il n'y a plus rien de bien... 

J'ai failli être vulgaire, ô dessiner comme Camille Besse les idées qui traversent.

Si si un peu de vulgarité ne peut pas nuire. Surtout quand estampillée chic et de bon goût, from the eighties or the nineties. Photographs made by Richard Avedon for the french magazine "Égoïste", les images qui suivent. Des portraits encadrés de personnalités françaises et internationales. Funny face d'Audrey Hepburn et son mari Mel Ferrer, Ben Hur sur armé de Hollywood.Catherine Deneuve Jeanne Moreau.

Allez j'ai l'esthétisme égrillard et photographie les photos de nus masculins d'Avedon. A commencer par celle de Rudolf Noureev, au braquemard impressionnant, sorti de sa coque sous le collant.

Une grappe de lycéennes en visite scolaire s'agglutine devant le cliché anatomique. "Viens voir l'oeuvre ça va te plaire !"

J'ai toujours rêvé d'approcher l'âme slave... Didier à qui je montre le cliché : "oui mais est ce que Miro s'lave ?"

Un phénomène l'étoile russe, les choeurs de l'armée rouge à lui seul.

L'heure est au fantasme polisson ? Rêver de grosses fusées qui épinglent ? Glisser un oeil sur l'anatomie des people immortalisée par le photographe le plus connu du monde ?  Bof gare à la descente...

Juste les trouver beaux ces corps à la une, young Yannick Noah et le gros Gégé pas encore si gros. Envie de les emmener chez moi et de les montrer sur mes cimaises. Les portraits sensibles de Richard Avedon.

Gerard Depardieu en penseur de Rodin, montagne de chair possible modèle d'un Lucian Freud.

C'est à lui que ressemble mon mari. Qui se montre nu dans notre chambre aujourd'hui, autrefois désertée. Qui est présent concret tangible. J'ai de la chance.

Mais je connais ces dessins. Ce sont des fantasmes. C'est et c'était ma vérité. Les corps sont toujours mystérieux, opaques, rendus par le regard du photographe, réinventés par le trait du dessinateur. 

Un seul être me manque et j'étais dépeuplée. Les poses des beautiful people, que tchi. 

Poses.

 

 

Avedon - Noureev
Avedon - Noureev

Avedon - Noureev

Avedon  - Yannick Noah
Avedon  - Yannick Noah

Avedon - Yannick Noah

Avedon - Gérard Depardieu

Avedon - Gérard Depardieu

Rédigé par Gloubigoulba

Publié dans #je veux de l'amour

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