Kleptomanie et location de saison

Publié le 28 Juillet 2014

Pfoui comme dirait Pifou, je ne fais que piquer. Et j'aime ça. C'est un trouble obsessionnel compulsif, un gros toc, à n'en pas douter, mais ça ne me trouble pas plus que ça. Mieux, ça me permet de vivre au dessus de mes moyens, c'est à dire de m'accorder l'équivalent de menus fretins butins, qui viennent ajouter des euros invisibles à ma fiche de paye maigrelette. La minceur extrême de celle-ci étant évidemment dûe à 1) mon incurie en général 2) mes études très relatives 3) ma carrière avortée suite à trois naissances non avortées, heureusement 4) ma paresse toujours très active, qui m'empêche de reprendre un plein temps alors que qui m'attend à la maison franchement, maintenant que le mari est parti dans la rue d'à côté, les garçons vivent ailleurs et très bien sans moi, la fille dont je ne m'occupe guère ne s'occupe elle non plus pas beaucoup de moi, façon oeuf et poule, et la chatte dernier membre de cette famille ne compte pas beaucoup sur moi non plus pour brosser ses poils et remplir sa gamelle. Incurie vous dis-je.

Alors devant tant de négligence et de vie qui va à vau-l'eau, sans principe directeur aucun, comment ne pas résister à la kleptomaniemanie dévorante (peinte par Géricault ? je me vois bien en folle de Chaillot ou de Charcot, les yeux bordés de rouge et d'avidité grippe-sou), monomane de l'envie qui me tient et me tient bien, depuis des années. Rares sont les semaines où je ne pique pas un truc dans un magasin, sur un marché, sur mon lieu de travail (boutures de plantes, gâteaux, papeterie, boissons au frigo commun), cantine (une pomme, un kiwi, une bouteille d'eau gazeuse glissés dans le sac). Règle numéro un : toujours avoir un sac.

C'est devenu une habitude, une manie, oui. Je prélève mon dû partout où je passe. Je sais pourquoi : d'abord je l'ai toujours fait, et mon frère aussi, lui sa schizo a bon dos, c'est mon frère oui et il faisait tout comme moi, à commencer par épingler et collectionner les posters et autres produits estampillés Elton John, qui écoute encore nos 33 tours ?

Dans son livre "Confessions d'une radine", Catherine Cusset dévoile ce côté peu glorieux de sa personnalité. Comme elle j'aime à glisser dans ma poche un avocat, une clémentine, un oignon doux (pas les jaunes, pas assez chers) quand je passe au rayon légumes d'un supermarché. Je me penche toute honte bue sous les étalages quand j'aperçois un pamplemousse qui a roulé sous l'étalage, voire une tomate écrasée (mais encore ferme). Je rajoute quelques fruits et légumes supplémentaires dans le sac plastique après la pesée au supermarché. Je n'hésite pas à transformer les tomates grappe, plus cher, en tomates tout court, les pommes reinettes en golden, etc. Le caviar au prix de l'aubergine.

C'est un tabou, n'en parler à personne. Ne vais pas m'amuser à mettre ça sur mon officiel blog. Déjà que j'y dévoile mes côtés peu reluisants et mon plus mauvais profil (même si les deux sont dignes d'un batracien, penser à me faire refaire le menton, Hillary Clinton l'a bien fait - mais sa fille Chelsea non et raccourcir le nez, quand j'aurais gagné mes millions d'euros imaginaires au Loto), je ne vais pas en rajouter dans la turpitude.

Pourtant ne portent pas sur beaucoup d'euros ces petites escroqueries, je peux bien en faire la liste ridicule et pathétique, non exhaustive car ma mémoire ne retient rien. Cependant les instants de vie passés à enfreindre la loi (rien qu'un peu, a pas tué a pas volé, ça si) et prendre le risque de se faire gauler à la sortie du magasin par le vigile alerté par la sonnerie , sont de passionnants moments pleins d'adrénaline.

Sans doute ça qui me motive, plus que l'objet convoité, souvent dérisoire, souvent possédé sous d'autres formes en multiples exemplaires (mais pas de la même couleur, oh la), ces petits instants conjuratoires contre la médiocrité qui m'assaille, et la transparence de ma personne. Toute cette non vie, ce manque d'importance et de poids dans la réalité (enfin 74 kilos au garrot dans le métro tout de même, si j'ai ma place dans le monde !) sont un peu contrecarrés par ces assauts contre le légal, autrement dit par ces infractions, ces vols à l'étalage.

Se sentir exister lors de ces moments, de ces actions qui font se sentir supérieur à la caissière, au vendeur, genre "je l'ai bien roulé, je les ai bien eus" ? Oui, sans doute. Mais il ya aussi de l'autodestruction, du non respect de soi. Si quelqu'un que je connais me voyait ? Pas la caissière ou le vigile mais un collègue, qui "n'aurait jamais pensé ça de moi". Je cache bien mon jeu, j'essaie. Je sais que tout ça n'est pas très flatteur.

Pourtant je n'ai aucune envie d'arrêter. C'est plus fort que moi (cette expression est con, je la change). Je ne peux pas m'en empêcher (c'est plus vrai). Mon oeil est circulaire, dès que je suis dans une situation où on ne me remarque pas, et où il y a de la marchandise aisément volable (ce qui signifie : sans codes barre, sans étiquette, sans anti-vol), je passe à l'action.

L'air détaché, je circule dans le magasin en tenant à la main l'objet de ma convoitise, que je déleste de son équipement anti-vol prestement je déchire les codes barres et roule les étiquettes en papier en petites boules de papier que je fais tomber dans l'allée. Je me débarrasse de l'étiquette qui pourrait sonner, en cassant ou coupant le fil (penser à s'équiper de ciseaux...) et en le déposant discrètement au fond d'un bac à vêtements ou à légumes, où il passera inaperçu jusqu'à ce qu'un employé découvre la preuve de mon délit, et que celui-ci passe dans les statistiques et les chiffres de la démarque inconnue).

 

Derniers larcinages :

- une crème hydratante mains marque de pharmacie : 4 ou 5 euros

- 2 paires de lunettes de soleil H&M : 8 euros

- chaussures nus pieds velouté beige H&M (me font un mal affreux à l'arrière de la cheville, cicatrice - bien mal acquis ne profite jamais, je sais, mais j'en profite) : 29 euros (quand même)

- Chez Carrefour : 2 kiwis, 2 oignons blancs (les meilleurs)

- Dans une boutique solidaire du bord de mer (j'ai honte mais je n'hésite pas quand c'est facile) : 1 sac tissu 3 euros, 1 bas de maillot de bain 2 euros

- Et chez les locataires dégueus quelques tomates et pommes, maigre butin qui ne se fait pas, mais trop vénère, besoin de petite vengeance.

 

Ah, la joie des locataires, de la location saisonnière. Les ai vu les nouveaux estivants, en grand groupe (6) sortir de chez moi et tourner vers la plage, ne m'ont pas vue, m'assure qu'ils ne retournent pas en arrière dès fois qu'ils auraient oublié mon parasol (non ils ont leur matos). Je ferme à double tour l'entrée de la rue pour être tranquille au cas où et je rentre par effraction chez moi donc. Ca ne ressemble plus du tout à comme je l'ai laissé. Il y a des trucs partout, c'est le bordel. La toile cirée est de travers, des trucs sur la table. Le plaid du canapé est à moitié par terre, le gros fauteuil rouge bougé, la table basse avec la radio aussi.

Désordre indescriptible dans la chambre de ma fille. Dans la nôtre pas mieux. Vérifie quand même qu'ils aient bien pris leur linge de literie, oui, ouf. Je vais leur piquer des légumes pour me venger, avant hélas je n'ai pas le temps de continuer ma visite, de remonter ranger mon grenier et faire mes valises, mon train est dans une heure. Je vais suer à grosses gouttes en tentant juchée sur mon escabeau, les bras et la tête en l'air, de coller avec du gros scotch une serviette de toilette noire (donc opaque) achetée (et pas piquée, pas discret) à cet effet chez H&M qui a désormais un rayon maison de bon ton. Je colle la serviette pour occulter le vélux honni, qui apporte lumière et étouffement la nuit dans mon "juché", et risque gros en cas d'averse diluvienne, de tempête ou autre mini-tornade désormais à prévoir partout en France.

Hier à l'arrivée des envahisseurs, j'ai tout de suite remarqué que les enfants étaient mal élevés, mais n'ai pas osé pour autant leur faire de remarque, et eux pas du tout réprimandés par leur mère. Un grand boutonneux de 14 ans débile, qui dès son arrivée se précipite ouvrir le freezer en disant "ah ça fait du bien" les bras m'en tombent. Les aide (pourquoi donc ?) à traîner dans l'escalier un énorme chariot à courses (caddie), le grand dadais (gros plutôt) l'emmène dans le salon au risque de faire des rayures, la fille de 12/13 ans qui a l'air un peu moins con que son frère amène elle sa valise au salon, je lui indique sa chambre. Conseille à l'idiot de dormir en bas, au vu de ses remarques idiotes, "où je vais dormir moi, en haut ?". S'affale sur le fauteuil rouge fatigué dans le salon, puis sur le fauteuil fragile en rotin de l'entrée, je fais quand même remarquer que ces meubles sont fragiles, il réplique qu'"il ne faudra pas que Papa s'asseye dessus". Charmant. Remarquerai dans ma petite visite de surveillance que le fauteuil en rotin a été déplacé dans la chambre des parents, merci de l'attention.

Très impolis, rien à voir avec les locataires précédents qui ont interdit à leurs adorables fillettes d'entrer dans le salon tant qu'elles n'avaient pas mis leurs chaussons. Là dans mon salon trônent des baskets péniches mâles car la Marquisette a jugé bon d'inviter "2 filleuls pour cinq jours, ça ne vous dérange pas ?" Que dire, si ! Sur airbnb j'ai marqué 20 euros supplémentaires par personnes suppl., elle s'en tire bien la prolo de Boulogne, qui a quand même dit "c'est joli, c'est grand, par rapport à chez nous on n'a que 60 m 2...". Oui merci des compliments mais vous êtes à Boulogne et pas Billancourt, enfin sûrement un Hlm réservé, je vais pas pleurer. J'ai vu que son regard durcissait et qu'elle était moins affable quand j'éprouvais des difficultés d"élocution (deux jours sans parler à personne, déjà), impossible de dire "Palais des congrès", d"ailleurs son Débile poussée d'acné dit "c'est quoi les congrès ?". Je sens une grosse pointe de jalousie chez elle, "je connais très bien (...), mes parents habitent à ..., mes grand-parents avaient une maison à ... , elle a été vendue il y a 25 ans" (petit calcul, elle doit avoir la quarantaine, elle en a profité jusqu'à 15 ans, la belle affaire).

Eh bien moi pareil, Châtel., M., les maisons de famille vendues, je ne vais pas la plaindre. Au moins poupouffe tu pouvais y aller dans leur maison de ..., nous (moi et mes frères) une fois mon père disparu ma mère a été jugée trop instable sans doute par ses parents pour avoir le droit d'emmener seule ses enfants à la mer dans leur "Chatel" qu'ils se réservaient égoÏstement, pour eux les vieux radins, leurs amis, et leurs locataires. Tiens ça aurait peut être sauvé mon cadet, depuis quand le pauvre petit frère suicidé n'avait-il pas vu la mer ? On n'avait plus jamais eu le droit d'occuper leur "Ranch" si bien situé, contre le parc et tout près du casino de Châtel., on s'en fichait bien si c'était tout petit et si une des chambres n'avait pas de fenêtre. En fait si, même à 8 ans je me rendais compte que ce n'était pas très reluisant de ne pas avoir de salle de bains et d'aller aux cabinets dans une cabane au jardin(et), sur un siège de bois troué. C'est pourtant à Châtel. sans doute que j'ai passé mes meilleures vacances à la mer, toujours dans les narines l'odeur forte de la roquette à fleurs jaunes qui poussait le long de la barrière. Pas le droit d'y retourner après 1972, le paradis était squatté par les locataires de mon grand-père, on leur aurait fait perdre de l'argent pensez-donc. Me fend le coeur de retourner dans cette petite station balnéaire proche de La Rochelle, trop de souvenirs.

Dans ma station actuelle, regrette bien les précédents locataires, la jeune femme mignonne et proprette, son mari et ses deux fillettes, pas la smala d'aujourd'ui. Elle trouvée sur airbnb, se dit pas trop en confiance de donner ses codes de carte bleue sur le site car ils "travaillent dans le bancaire" et voient de tout... Eux n'ont rien cassé et laissé tout propre, n'étaient que 4 (mais les ai bien entendus rire à plusieurs et beaucoup plus de quatre en rentrant déjeûner dans mon grenier toute seule, passant sous mes fenêtres ouvertes).

Disent "avoir fait de la demi-pension", prenant leurs repas au 46 de notre rue, où leur famille avait pris une location "avec un grand jardin", n'ont jamais mangé dans le notre. Pas comme la marquisette, l'ignare petite dame qui fait trois fautes d'orthographe dans sa petite lettre "que de questions !" Aurons-nous accès au jardin ? Oui, et elle a l'air décue quand elle le voit, ben oui ma grande je ne t'ai pas acheté une table en teck, pour 550 euros la semaine en pleine saison qu'est ce qu'elle croit. A l'air extrêment profiteuse, aurait bien voulu des filtres à café pour la cafetière, je lui laisse déjà tous mes produits d'entretien... Elle demande si on a accès à lnternet, quand je lui réponds par la négative et lui fait part du wifi payant au palais des congrès, elle dit "on va demander ses codes au médecin", ben voyons. Qu'elle me les commnunique, surtout.

L'année prochaine c'est 700 euros minimum, et je refourguerai à ma petite mère de l'argent, elle qui va payer les charges et toute l'eau-électricité-gaz de cette grosse famille installée chez moi pour quinze jours, la blonde a déjà prévenu que "la machine, on va l'utiliser", comme le four : "je vais faire des flans". D'ailleurs en entrant en catimini dans la cuisine, je ne vois que ça, un gâteau sur la gazinière.

Misère, pauvre mère qui va payer toutes ces dépenses, et l'usure des meubles et des objets, ce n'est pas leur maigre caution 300 euros qui épongera leurs dégâts, je suis pessimiste. L'ai trouvée très antipathique hier, comme si elle était chez elle, c'était la première à m'avoir écrit par mail, elle le voulait cet appart, tu parles 450 euros l'an dernier j'étais trop bête. M'a écrit dès le mois de janvier pour réserver, une ex de ma boîte, mais de la trempe des assistées sociales. Déjà, pour lire le forum... Mais ma chef de sévice avait bien lue mon annonce aussi, m'avait demandé s'il était libre. Elle ça n'aurait pas été la même chose, upper classe.

Si marquisette le reveut, ont intérêt à tout laisser en bon état, et pas au même prix de toute façon. d'ailleurs laissé échappé qu'avec sa copine ma collègue "se suivaient dans les mobiles home de l'Ile de Ré, via le CE". 490 euros la semaine, et maintenant que madame a quitté l'établissement, ça lui en coûterait 1000 euros, voyez vous ça. N'a pas dû beaucoup louer d'appartements, j'espère qu'elle ne va pas tout casser, on n'est pas au camping.

Ni au même prix ni aux mêmes dates non plus, je compte bien me garder cette fin juillet-début août l'année prochaine si tout va bien, la meilleure quinzaine de la saison, et en plus contrairement au mois d'avril, aux pont de mai ou à la fin août, l'eau de mer était bien chaude en ce dimanche 27 juillet 2014 : 23 degrés, avec des méduses, allez-y mes petites piquez la famille de la petite marquise, et que le soleil ne brille pas trop, aussi (ah non zut ça les ferait rester encore plus à la maison !)

Ulcérée du comportement impoli de ses enfants (aucune réaction de la blondasse à la robe fleurie de mauvais goût), j'ai voulu rentrer dans mon bien immobilier en leur absence, ça ne se fait pas, mais ils sont bien du genre à faire des choses qui ne se font pas (vais m'amuser à l'inventaire, moi), ne l'aurais pas fait si je n'avais pas sû de façon sûre qu'ils étaient sortis, mais n'ai pas été déçue. Un seul truc me rassure : elle a dit "2 neveux 5 jours", pour le nombre des cousins c'était exact (deux grands gaillards ados ou préados aperçus de dos dans la rue), reste à espérer qu'ils ne s'éterniseront pas plus de cinq jours. Maman pardon pour les douches de ces béotiens. Quittez ma maison le plus tôt possible, en plus elle serait bien prête à y déjeuner le samedi de leur départ, je vais dire que le mari arrive plus tôt, et ouste.

 

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Mon Dieu, article relu cet article un an après, quelle mesquinerie. Je me renie. Sauf pour la klepto, vice revendiqué (jusqu'à la case prison).

Ma meilleure humeur vient peut être du fait que j'ai passé cette année (été 2015) des vacances extravagantes, pleines d'extravagances. Fait feu de tout bois. Rouler rouler dans les zébras, J'ai passé des vacances extra. Roulé dans la Pininfarina. Pour l'heure dans la tente je m'impatiente. J'ai campé là. Lust for life,

FRED POULET

PININFARINA

Album : DIX ANS DE PEINTURE

Rédigé par Gloubigoulba

Publié dans #ma vie est ailleurs

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