Fils aîné et Gros papa, hache de guerre

Publié le 13 Mai 2014

Fils aîné et Gros papa, hache de guerre

   

Devant tant d'infamie de la part de Gros mari et sa soeur so fucking stupid, qui s'unissent pour me casser du sucre sur le dos (comme si ça m'arrivait de faire des choses pareilles !), je griffonne ces quelques notes sur mon petit carnet en skaï tant bien que mal sur un quai de métro où j'ai cinq minutes à attendre, ça me soulage d'apporter un peu d'eau à mon moulin bilieux et de matière à mon acrimonie. Aigreurs (pas le goulash, très bon) à développer  toutes affaires cessantes ici même pour la plus grande joie des internautes égarés et arrivés là grâce à cette image de Goulash américain avec des coquillettes, recette de cuisine dite "économique". Ici messieurs-dames on lave son linge sale en famille et la tambouille n'a pas de frontières ! Amis internautes arrivés on ne sait comment jusqu'ici, sachez comment s'est passé notre dernier repas de famille, à l'occasion du dix-septième anniversaire de la petite dernière. Premier sujet de discorde, je n'ai pas voulu y convier l'iritante tantine de mes neveux, au grand dam de mossieur son frère mon mari, mais tant pis pour lui il n'avait qu'à pas lui dire que désormais on faisait rue à part (encore mieux que lit).

Du coup, le jour suivant par mesure de représailles il déjeûne avec elle (sa soeur) et  aussi ma fille, la petite de 17 ans, le bel âge, dans mon coin (parc des expositions, Foire de Paris, ne me sens pas trop seule) je ne serais pas de la surprise partie.

Je demanderais plus tard, taraudée par la curiosité, comment ça s'est passé, leur réunion familiale à trois (papa, tantine, fifille à moi, et plus tard momie au lit "qui a toute sa tête" - mon oeil), réunion à laquelle je n'ai pas été conviée, on est séparés oui ou merde ?

Ne me prive pas du tout de ne pas en être de leur sauterie à Auteuil, option entrecôte frites (d'abord j'ai des kilos à perdre), non plutôt ravie merci mon Dieu de n'avoir pas vu ma chère belle-soeur. Elle que je me tape quand même depuis 33 ans aux prunes, alors que j'ai pas vu mon pôpa à moi, mon géniteur dont je n'ai pas les gênes, que la gêne et pas le plaisir (bon t'arrête tes facilités là cocotte ?) depuis 41 ans déjà qu'il a fait le grand saut dans l'inconnu, cherchez l'erreur.
Réponse laconique du mari : "si tu crois qu'on a passé notre temps à parler de toi, ça a duré une seconde et demi sur une heure et demie"... Paraît qu'elle se demande si, comme elle ne me verra plus (si seulement), elle devait m'appeler au téléphone (pitié, la ferme !).

Se seraient dit (j'ai mon informatrice) :
- Comment ça va avec (moi)  ?
- Oh elle est chiante (comme d'hab). Hier elle s'est disputé avec (fils aîné) et a gâché la fête d'anniversaire de C. (nénette).
Quoi, mon sang d'hypertendue fait encore plus de tours à la minute, fatal blood pressure, je me retrouve toute la journée avec joues flamboyantes et la migraine. Faudrait pas quand même que je me mette la rate au court bouillon et que je trépasse avant l'heure à cause de ces deux zaffreux.
Rectifions leur tir nourri à mon encontre. Si plaintes il y a, elles sont plus à imputer au sale caractère et à l'énervement du Fils aîné, râleur de service. Qui du haut de sa barbe islamique et de ses 28 ans prend de haut toute parole-geste-initiative que je peux prendre, le plus souvent malencontreusement car il me fait perdre mes moyens le petit con (1 m 95 et 100 kg au garrot, ne pas s'y frotter, la mandale n'est jamais loin).  Fils aîné ne supporte pas sa mère, comme moi je ne supportais pas la mienne quand j'étais jeune, mais enfin il me semble qu'à 28 ans j'avais enterré la hache de guerre, et passais beaucoup de temps (ne travaillant pas, j'en avais du temps de pré-retraitée avant l'heure) avec elle, vacances tous azimuts sur le Bassin ou la Costa Brava, bons souvenirs.

Alors que Fils aîné ne daigne pas m'adresser un mot quand nous sommes réunis à plus de deux-trois, et passer un jour de vacances avec moi, ou même sa petite soeur, ou son frère, no way. Ingrat, c'est le mot. Un gras fils, aussi, désagréable hiatus pour évoquer la prise de poids du brillant barbu, car il est très intelligent, et j'enrage, ou plutôt je suis navrée de ne pas profiter de sa verve incroyable (lui bafouilleur incompréhensible enfant), de ses lumières sur tout, de son cynisme bienvenu - sauf envers moi, un peu de respect pour la mother please, casseur de gauchos angéliques, un avis sur tout et exprimé vivement. "Il fuse" disait la mère de son copain Benjamin, la psy bouclée que je vénérais, en parlant de son fils, en mère juive qu'elle était, mais aussi du mien, bien fusant lui aussi.

 D'autant plus navrant d'avoir un fils idéalement intelligent, drôle, dôté d'humour, rigolo, sympa, contact facile, cultivé, actif, apprécié, mais franchement DESAGREABLE avec sa mère. Sa copine ne manque pas de lui faire remarquer "t'as encore vu ta mère, toi ?". Mais qu'est ce que j'ai fait au bon Dieu, devrais-je me demander dix fois par jour, s'il habitait encore chez nous (improbable, pas Tanguy du tout, s'est barré dans la rue d'à côté - merci Tonton, dès ses 19 ans). Ou si je le voyais plus souvent.

 Car il a une fois pour toutes décrété je pense que j'étais insupportable, méchante, atroce, bref pas fréquentable. Quoique... Regrette de ne pas avoir pu enregistrer ses borborygmes (il faut bien lui trouver un défaut objectif) dans mon répondeur tél., après qu'il ait été particulièrement odieux. J'ai même eu une fois (après des coups ? car il peut le faire, le bougre) droit à un big hug avec ces mots "on n'a qu'une maman".

 Pas de chance pour toi mon chéri, c'est moi ta génitrix. Qui t'adore pourtant, et qui depuis quelques années maintenant se trouve intimidée devant ta présence d'adulte, implacable, si agressif. Ne sais pas quoi faire ou quoi dire, peur d'être jugée. De toute façon, quoi que je fasse, je le suis.
Donc, lors du 17e anniversaire de sa jeune soeur, Fils aîné a encore montré des traces d'énervement, je le vois piaffer d'impatience, signifier qu'il l'ouvrirait bien et m'en foutrait bien une sur la gueule s'il le pouvait, mais c'est jour de fête, donc il se contente de renacler dans sa barbe, froncer ou hausser les sourcils. Tout ça pendant le petit dîner ou la famille nucléaire est réunie. Cause de l'ire récurrente de Fils aîné ? Eh bien, le fait que je réponde à Gros papa, qui lui est franchement agaçant, comme toujours dans le rôle du contrôleur des travaux finis. Il faut dire qu'il n'habite plus ici depuis quelques mois, devrais être contente de tout cet espace libéré, la maison et les étagères des penderies rien qu'à moi, un rêve de jeune fille. Au pluriel, les jeunes filles, poulette seventeen et myself, toujours jeune dans ma tête (puisque je rumine des gamineries, mais dévastatrices les puérilités).

Et pourquoi je parlais avec un brin d'agacement (comme un vieux couple qu'on est plus) avec Géniteur de mes deux ? Attention, le motif est gravissime, c'est du lourd.

Parce que je me suis plainte, ou ai résisté à ses commandements culinaires. Je vous l'avais bien dit. J'aimerais bien que comme un mari normal, ou un homme sympa ça doit bien exister, il me laisse faire ce que je veux quand je fais la cuisine au lieu de mettre des kilos de grains de sel partout.

 En l'occurence il ne veut pas me laisser mélanger l'ensemble du goulash (viande et pâtes) dans l'autocuiseur qui a servi à la cuisson des macaronis, la belle affaire. Attention monsieur veut du al dente et n'a pas confiance en sa mollassonne d'épouse, suspecte d'avoir la même inclination pour la cuisson des féculents. Hautement à risques, la préparation du "goulash américain". Trouvé cette recette dite "économique" sur le site dont je tire la photo, et tiens, en plus choisie pour faire plaisir à Fils aîné. Lui ai montré mon nouveau petit bouquin de recettes américaines la veille, quand il était plus sympa, passé dîner de jambon/salade avec son frère. Le Fils cadet lui est vraiment sympa, et daigne même se promener dans Paris avec moi, c'est un héros. Enfin, nul n'est parfait, plus sympa quand il n'est pas avec sa zouzou, gaffe elle débarque de London (mais qu'ils la gardent !) à la rentrée prochaine. On avait même passé tous ensemble (la mère et ses trois poussins) la soirée à faire sur le net un blind test musical, que j'ai gagné haut la main, en aïeule connaisseuse de variétés française et pop-rock des années 80, j'ai l'âge de mes artères mais pas de César Franck quand même...

 Hier soir donc grand Fils aîné n'était pas trop énervé. Pas comme le lendemain, lors de la soirée familiale qui aurait dû bien se passer, mais non, où donc il n'a pas supporté mes propos et mon comportement. Qu'ai je bien pu faire de si fâcheux ?

Il n'a pas toléré que j'ai l'air d'être un peu sûre de moi quand j'ai dit non, on mélange tout dans l'autocuiseur. Ce que c'est que la vie de famille, tout de même ! Quelle famille formidable nous sommes ! 

 Le goulash américain, pour ceux que ça intéresse, c'est 600 g de boeuf haché revenu tout d'abord, puis mijoté 20 mn sous couvercle avec des oignons, de l'ail (pour faire sauter), une boite de tomates concassées, de la sauce tomate napolitaine en bocal, 3 gouttes de tabasco. Le tout doit donc être mélangé, j'y tiens, et pas dans un saladier comme préconisé par Dictator premier (n'importe quoi), avec 500 g de macaronis cuits 10 mn dans l'eau salée. On y rajoute du cheddar, pas trouvé à mon Carouf market, mais Fils aîné radouci (la bonne bouffe adoucit les moeurs) dit qu'avec du comté fait c'est aussi bon, ouf je l'ai échappé belle, le plat l'agréée quand même (en plus j'ai fait selon les désirs supposés du grand frêre, alors que c'est la bichette qui fête son anniversaire, oui je suis vraiment une mère indigne).
Voilà toute l'histoire ! Voilà pourquoi j'ai été chiante et ai gâché l'anniversaire de ma fille ! Parce que j'ai commis l'impudence d'insister pour que le plat préparé de mes blanches mains le matin même de la fiesta reste dans sa marmite de cuisson, non mais quelle audace et quelle impudence de ma part (bis repetita, je ne trouve pas d'autre mot).
Comparé à toutes les insanités et bêtises proférées à la chaîne par la big sister de son père, sa tante donc, mais que Fils aîné dirait-il  s'il était le fils de ce dragon en jupons ? Il est déjà le petit-fils de la mère d'icelle, tout pareil et en pire, je le concède, il a de qui tenir. Mais non, c'est toujours les mêmes qui morflent, tiens je me fais un gros coup de Calgon et me sens coiffée de la coquille de Calimero.
Pour me mettre du baume au coeur, la charmante seventeen teen me glisse qu'"il s'énerve tout seul, tu le sais bien". Je suis remontée et je dis des mots qui ne dépassent pas ma pensée, fallait pas pousser mémé dans les orties de la solitude en famille, les pires. Aigreur quand tu me tiens.
Alors pour me consoler devant tant d'avanies, alors que je le rappelle la guerre mondiale est à nos portes et Fukushima fume encore, j'écris ces mots dans le métro au changement à Stalingrad (me rappeler : pas Jaurès, pas Jaurès) et me chantonne ce délicat mantra forgé dans ma tête, presque en alexandrins et qui me met de bonne humeur enfin :


                                     Sors de ma vie ordure
                               Mais avant paie les factures !
   

(à l'adresse du mari peu marri, pas du fils, qui ne paie que les siennes...)


                                                                           Signé :  l'indigne serial mother, fort contrariée

Rédigé par Gloubigoulba

Publié dans #famille je vous hais - ou pas

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